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Heartbeats - Serendipity

Posté le Dim 11 Aoû - 17:47
Klaus G. Henssler
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Serendipity & Klaus
1er Janvier 2019

C’est une explosion. Un bombardement, une déferlante brutale, un arrêt soudain des réflexes pour une éruption des sens. Tout s’est passé tellement vite et tout a été si soudain. Il y a tant de monde, tant de corps, tant de bruit. Le monde crie, et son cœur avec lui. Le temps s’est arrêté lorsqu’il a croisé son regard jade, son ventre s’est retourné, souffle coupé. Dix secondes à peine, il n’a pas réalisé, pas comprit ce qu’il leur est arrivé en si peu de temps. Mais les corps ont parlé pour eux, l’esprit a été relégué au second plan. Comme attiré l’une vers l’autre, ces deux âmes liées se sont trouvées et il leur a été impossible de résister.

Cela aurait pu être un simple baiser de la nouvelle année. Mais... Mais tout lui revient en plein visage, comme un coup de massue imprévu. Il aurait pourtant dû le voir venir, aurait pourtant dû voir les signes. Il aurait dû pouvoir le prévoir. Serendipity... N’était pas qu’une amie. Elle n’était pas qu’un morceau d’âme perdu, elle n’était pas... Elle était plus. Tellement plus. Il avait peut-être ignoré les signaux que lui avaient envoyé son crâne et son inconscient. Les rêves par dizaines... Et le corps trempé de sueur au réveil, mais pas à cause de la peur. La vision de ce corps dont il ne connaît ni l’identité, ni la forme, avait pourtant réussi à déployer ses charmes en son esprit. A faire naître la frustration, l’envie, le désir. La passion, réalisa-t-il après coup. Combien de fois avait-il vu, au détour de son sommeil, le bas de son dos dénudé, la naissance de sa nuque fine, si prompte à recevoir ses baisers. Ses jambes dont la finesse appelait le contact de ses mains. Et sa bouche. Qu’il veut embrasser, capturer, mordre, posséder, par tous les moyens.

Le jeune homme avait toujours relégué ce genre de rêves au rang des fabulations et s’était bien gardé de les considérer aussi importants qu’ils ne l’étaient en réalité. Il ne pouvait s’empêcher de se dire que ce n’était rien, que cela passerait, que cela relevait de la curiosité et pas... Du désir. Mais comment avait-il pu se tromper à ce point ? Il aurait pu se perdre dans l’un de ses sourires.

Et de cela... Il ne s’en rendait compte que maintenant. Alors que sa bouche a trouvé la sienne, que ses lèvres ont ravit la pulpe tendre des lippes de son âme liée. Pour rien au monde il ne voudrait s’en séparer, pour rien au monde il ne voudrait interrompre cela. Dieu... Il n’a pas embrassé quelqu’un depuis tellement longtemps. Et cela veut dire tellement de choses pour lui. Il se repait soudain de cette douceur, de cette chaleur, du corps qui est venu à la rencontre du sien. Une main dans sa nuque, pour l’empêcher de le fuir, une autre toujours refermée autour de son poignet fin. Mais voilà... Tout doit s’arrêter un jour. Et leurs lèvres se fuient aussi vite qu’elles se sont trouvées. Le blond inspire fortement, perdu dans le maelstrom de sensation qu’il vient de découvrir, et il ne sait sincèrement pas quoi faire.

Il entend à peine ses excuses, le reçoit de nouveau contre son torse en réaction à un mouvement de foule. Bien campé sur ses jambes, le jeune homme résiste à la houle humaine qui célèbre la nouvelle année. Et lui... Se demande ce qu’il doit faire. Une angoisse est venue se loger dans son ventre, il a peur de faire quelque chose de moche, très moche. Parce que... Parce que c’est elle. Elle, lui, elle, lui... Il ne sait toujours pas. Il n’en a toujours pas la moindre idée. Et qu’est-ce qu’il ressent, qu’est-ce que sa tête lui dicte ? Il est déjà séduit, hein ? Il ne s’en rend compte que maintenant. Il réalise, là, de suite, qu’il ne pourrait pas faire machine arrière. Et si c’est un « lui », un « il » ? Comment faire, comment réagir ? Son désir se plierait-il au corps d’un homme ? Il savait bien que non. Il n’était pas là question des dogmes que lui avaient appris son père mais... Mais il ne désirait pas les hommes. Mais si elle était un homme, qu’il le désirait présentement, que ferait-il de ces sentiments lorsqu’il apprendrait, enfin, ce qu’il en retournait ? Il ne pouvait tordre ses envies, son psyché, pas comme ça, il ne pouvait se forcer à honorer le corps d’un homme, n’est-ce pas ? Il ne pouvait pas tordre ses aspirations, ses fondations, dans le simple but de se forcer à admirer le corps d’un homme, à... Il... Ne savait vraiment pas.

Petite panique dans l’esprit du jeune homme. Parce qu’après un tel baiser... Il veut recommencer. Mais le peut-il vraiment ? Il ne veut pas le repousser à cause de son genre, et pourtant, il... Il ne peut pas se forcer non plus... Mais un baiser, qu’il vienne d’un homme ou d’une femme, reste un baiser, n’est-ce pas ? Sans avoir la moindre idée de l’identité sexuelle de son âme liée, il a apprécié ce baiser. Il a foutrement apprécié ce baiser, même. Alors... Peut-être ? Merde. Il n’en sait rien. ... Il doit savoir. Elle doit lui dire à présent. Pour qu’il puisse trouver une solution avec lui même, pour qu’il puisse parlementer, discuter.

Le regard de l’allemand trouve celui de son âme liée, et l’étendue verte de ses prunelles ravive son feu, tout autant qu’il calme son angoisse. Que ce soit un lui, une elle, c’est Serendipity. Cela pourrait bien lui suffire. Si il continue de le regarder, alors tout pourrait bien aller. Mais l’agitation autour d’eux brouille ses sens, il ne s’entend plus réfléchir, ne parvient pas à trouver une porte de sortie, une solution convenable. La main de Klaus glisse de son poignet jusqu’à sa main, il noue leurs doigts. Le geste est soudain très intime, et le jeune homme se convainc qu’il ne l’a fait que pour éviter de la perdre, dans la foule. « ... Viens ? » Il attendra son assentiment avant de prendre la tangente. L’endroit est quadrillé par les forces de police et la sécurité. Ils vont devoir rejoindre des barrières pour pouvoir sortir, par chance l’une d’elles se trouve plutôt proche de la position à laquelle ils sont. Le blond tient toujours son âme liée proche de lui, progressant lentement pour ne brusquer personne, se fondant dans les mouvements de la foule. Ils atteignent bientôt un point de sortie, Klaus se penche vers l’un des agents. « On pourrait sortir rapidement s’il vous plait ? Elle se sent pas très bien, on a besoin d’air. »

L’homme hoche la tête, puis écarte l’une des barrières qui leur permet de rejoindre une rue beaucoup plus calme. Le théâtre n’est pas très loin, pas plus que l’appartement de son âme liée, mais il ne sait foutrement pas vers quelle direction il va. Après une petite minute, il s’arrête. Sa main est toujours dans la sienne. Et il le regarde, ses sourcils froncés témoignant de son intense réflexion. « Je n’embrasse pas mes clientes, je ne te l’ai jamais dit ? » Il se tourne vers elle, son visage s’adoucit. « Parce que c’est trop important pour moi. Un baiser... C’est intime. Ca veut dire quelque chose de plus. » Et son regard ne trompe pas. Ce qu’ils viennent de partager... C’était important pour lui.
© ASHLING POUR EPICODE

Posté le Mar 20 Aoû - 17:24
Serendipity Mountbatten
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J'avais le cœur au bord de ces lèvres que je venais de lui imposer... Boum... Boum... Boum... Il battait tellement fort que je n'entendais plus que cela... Boum, boum, boum... Dans ma tête, dans ma poitrine... Je le sentais pulser, comme un animal affolé, sur chaque parcelle de ma peau. Et mon regard restait planté dans celui de mon Lié comme si le jeune homme avait été un fauve... J'attendais ma sentence... Est-ce qu'il allait passer son chemin ou bien m'écorcher sur place ? Car c'étaient bien là les seules finalités envisageables, non ? Un fauve ne vient pas réclamer de caresse... Il ne montre les dents que pour mordre... Et pourtant... Est-ce que Klaus ne souriait pas encore, imperceptiblement, sous ses sourcils qui hésitaient à se froncer ? Je n'osais pas y croire... Mais sa main relâcha bien mon poignet qu'il aurait aisément pu briser pour nouer ses doigts encrés aux miens, élargissant de surprise autant mes yeux que l'arrondi de mes lèvres d'où s'échappa un nuage de buée. L'instinct me poussa à refermer ma main sur la sienne mais je ne le fis qu'au ralentis, craignant qu'il ne me la reprenne dans un sursaut de lucidité... Car il allait finir par se rappeler, n'est-ce pas ? Par se souvenir de ce que j'étais... De ce que je n'étais peut-être pas...

Que je vienne ? Avais-je seulement un autre choix ? J'acquiesçai à peine avant de tourner brièvement les yeux vers Reyna pour lui faire signe de m’appeler. Mes élèves, quant à eux, ne se souciaient pas le moins du monde du fait que l'univers de leur professeur préféré venait d'imploser... Cinquante points en moins pour Griffondor ! J'aurais aimé être aussi inconscient, mais je ne pouvais définitivement pas me le permettre... Pas avec l'Allemand... L'équilibre était bien trop précaire... Heureusement, il me guida efficacement à travers la foule sans même que je m'en aperçoive tant mon attention restait focalisée sur le contact de sa peau contre la mienne. J'avais froid... Il faisait près de 0°C, là dehors... Mais sa paume me semblait irradier de chaleur contre la mienne... Et mon corps me brûlait dès qu'il me frôlait pour m'inciter à choisir un chemin plutôt qu'un autre où bien à rester au plus près de lui. J'étais en pilotage automatique... Ou, pour être plus juste, je lui avais totalement abandonné les commandes sans savoir si nous n'allions pas droit dans un putain de mur...

J'entendis de nouveau le son de sa voix, réalisai qu'il s'adressait à un officier de policier vers lequel je levai un regard probablement totalement perdu qui confirma les propos de mon Lié. J'avais définitivement besoin d'air... Et d'une semaine de sommeil... Et de trois litres du premier alcool que je pourrais trouver... Et de Klaus... J'avais besoin de Klaus... Encore bien plus que je ne le pensais... Ça me heurtait tout d'un coup alors que je réalisais ce que je venais de faire autant que le fait que j'allais peut-être le perdre définitivement ce soir... C'était la première fois... Pas mon premier baiser, loin s'en fallait... Mais la première fois que j'embrassais quelqu'un de moi-même... La première fois que je désirais ce contact qui m'avait remué jusqu'aux tripes parce que c'était lui... Klaus...

Klaus n'était pas qu'un ami... Pas que mon Lié... Il était tellement plus que ça... Comment expliquer sinon que j'avais dès le premier instant cherché son contact ? Que j'étais resté malgré ses mots et mes larmes, malgré le sang ? Qu'il n'y avait que lui que j'avais cherché à joindre quand le ciel m'était tombé dessus ? Lui, toujours lui... Toujours Klaus et encore Klaus aujourd'hui... Klaus qui détenait un morceau de mon âme, et certainement une autre portion de mon être que je ne me pensais pas capable de donner... Je déglutis douloureusement en le constatant, le regard braqué sur mes pieds qui foulaient rythmiquement l'asphalte sans trop savoir où il m'emmenait... Boum, boum, boum... J'avais tellement peur !

Son pas ralentit, s'arrêta et je me figeai à ses côtés les yeux toujours au sol. Sa voix, de nouveau... Il n'embrassait pas ses clientes... Non, je ne le savais pas... Je sentis mes épaules s'arrondir comme pour recevoir un coup qui ne vint pas, balançant la tête de gauche à droite pour lui répondre avant de lever un regard sûrement embué vers lui lorsque je le sentis bouger pour me faire face. Pourquoi... ? Pourquoi y avait-il une telle douceur dans son regard, une telle intensité ? C'était important... Intime... Et j'étais très certainement la dernière personne avec laquelle il voulait partager ça, non ? Mais il ne m'avait pas repoussé et je sentais encore dans ma nuque la pression de ses doigts qui m'intimaient de ne pas rompre l'instant... J'étais perdu, ne comprenais pas où j'allais... Où nous allions et encore moins si nous ferions bien la route ensemble. J'ouvris la bouche pour lui répondre sans rien trouver à lui dire, fronçai les sourcils, rebaissai le nez... D'une voix sûrement enrouée d'émotions, je lâchai :

« Mes élèves vont venir finir la nuit chez moi... Allons au théâtre... Il fait froid... Sans relâcher sa main, je l'invitai à reprendre la route principalement pour me laisser le temps de réfléchir, de faire le tri dans mes idées, dans tout ce qui me tournait dans la tête... Pour autant, je finis par reprendre la parole comme pour m'excuser de ne pas avoir « mieux » répondu... Pour avoir esquivé le sujet... Sans doute fallait-il tendre l'oreille pour percevoir ma voix, mais quelque chose me disait qu'en cet instant il était tout particulièrement à l'écoute... A l'écoute de ses propres pensées, mais également à celle de tout ce que je pourrais bien dire pour nous sortir de ce silence... Je lui jetai un regard rapide avant de relever juste un peu le visage pour regarder devant moi plutôt que le bout de mes chaussures... Ça... Ça n'a jamais été important pour moi, les baisers... Sans doute car on me les a toujours imposé... C'était... C'est la première fois que j'en donne un... Que... La première fois que j'en désire suffisamment un pour le prendre, le voler... Pour cesser de réfléchir et laisser mon corps s'exprimer... C'était important... Un hoquet m'échappa et je remontai le sac de provisions sur mon épaule. Nous arrivions en vue du théâtre et je repris d'une voix plus basse encore... Est-ce que... Est-ce que je dois partir... ? J'avais fait de mon mieux pour ne pas m'excuser... Pour ne pas le supplier de ne pas m'abandonner... Pas avec mes mots, en tout cas... Ni avec mon regard qui avait toutes les peines du monde à affronter le sien... Pour autant, mes doigts restaient solidement noués aux siens... Presque désespérés... Il était plus qu'évident que je craignais qu'il me chasse et ce malgré tout le chemin que nous avions parcouru depuis que nous nous connaissions... Malgré la douceur inattendue de sa voix... Malgré le calme de ses yeux... J'avais toujours le cœur au bord des lèvres, empli de cette sensation nouvelle... Le désir... Et sûrement encore bien davantage... Je ne veux pas partir, Klaus... » Car si je partais maintenant, je n'étais pas certain de pouvoir revenir... Mais j'avais peur cette émotion... Peur de ce qu'elle allait me pousser à faire... A avouer...


"Look out 'cause here I come! And I'm marching on to the beat I drum!
I'm not scared to be seen. I make no apologies, this is me!"

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