Derniers sujets

Clockwise... [Tranches de vie] (Ani & Glenn)parAni Shah
Mar 17 Sep - 16:42
Yasashi Koji, l'île aux milles secrets : les nouvelles !parInvité
Mar 17 Sep - 12:03
News Master Poke o/parInvité
Dim 15 Sep - 12:44
News de Tahn CelhánparInvité
Sam 14 Sep - 21:32
Demande, soyons amis ?parInvité
Sam 14 Sep - 0:04
Votes; Il paraît que j'ai voté !parSerendipity Mountbatten
Jeu 12 Sep - 11:44
Les news de Chicago's PulsionsparInvité
Mar 10 Sep - 18:24
Nouvelle fiche de publicité : SNK REBIRTHparInvité
Lun 9 Sep - 21:03
Invitation au 7e Tournoi des ForumsparInvité
Lun 9 Sep - 17:01

Clockwise... [Tranches de vie] (Ani & Glenn)

Posté le Dim 14 Juil - 14:56
Glenn MacKenzie
Messages : 2062
Dollars : 5208
Date d'inscription : 06/08/2017
Age : 32
Voir le profil de l'utilisateur
Janvier

Alors que j'observais en silence le profil d'Ani qu'éclairait une bougie en fin de vie, je réalisai que la douloureuse et omniprésente tension dans mon corps s'était totalement effacée à partir de l'instant où la jeune femme s'était endormie. Ma Liée reposait dans mes bras, recroquevillée sur elle même pour conserver autant de chaleur que possible, recouverte par absolument toutes les surfaces de tissus que nous avions pu trouver dans mon bateau lorsqu'une nouvelle vague de froid nous avait surpris. Je levai une main hésitante vers sa joue, en retraçai la courbe délicate ainsi que celle du sourire qui flottait sur ses lèvres souples, bien plus serein depuis quelques temps. Son idée de base avait été de venir me chercher pour me convaincre de me réfugier au chaud chez elle, mais... Mais les eaux s'étaient figées autour du port de Staten et surtout autour du chalutier que je n'aurais de toutes façon pas pu abandonner au risque de le retrouver brisé par la pression de la glace sur sa coque. Elle avait alors choisi de rester à mes côtés, n'aurait de toute façon pas vraiment pu rejoindre son appartement. Dans tout New York, qui subissait son hiver le plus rigoureux depuis des décennies, le trafic était totalement paralysé et mettre le nez dehors était particulièrement mal avisé...

Cela faisait déjà trois jours... Trois jours qu'elle subissait sans se plaindre autant l'étroitesse des lieux que les milles consignes de sécurité auxquelles je la soumettais. Elle avait déjà eu l'occasion de séjourner brièvement ici, mais... Pas dans ces conditions où tout était rationné depuis l'eau jusqu'à la nourriture sans oublier les bougies et les rares pas que nous nous autorisions en dehors de la chambre qui était la pièce la mieux isolée. Comme bien souvent, il faisait presque plus « chaud » sous la couche de glace qu'à l'air libre. C'était la faute du vent... Plus d'une fois, elle avait voulu m'accompagner sur le point lorsque je sortais l'inspecter, mais j'avais rapidement trouvé une parade à sa demande qui m'avait probablement autant surpris qu'elle et l'avait laissé sans voix...
« Il faut que tu restes au chaud pour pouvoir me servir de bouillotte quand je reviendrai gelé... ». Elle s'était contenté de hocher la tête et avait accepté sa mission avec peut-être un tout petit peu trop de bonne volonté...

Mais tout c'était bien passé... Comme je l'avais peu à peu constaté et accepté depuis que je la connaissais, mon corps ne la percevait pas comme une menace... Non pas que son contact ne m'était pas encore difficile par moment, mais... Mais je pouvais gérer... Apprécier, même... C'était étrange de retrouver cette proximité après tant d'année de solitude autant morale que physique. Ani était ma compagne... Ma compagne... J'étais encore incrédule rien qu'à prononcer ces mots dans le secret de mon esprit... Ma compagne... Ma Liée... Mon âme... M'anam... Un soupire m'échappa et, en réponse, son bras remonta sur mon torse jusqu'à ce que ses doigts fins viennent se poser dans mon cou.

Elle dormait et je me demandais comment elle-même faisait pour supporter ce corps d'homme contre le sien après tout ce qui lui était arrivé encore très récemment. Je n'avais pas la prétention de croire que j'étais son exception... Ou bien, si je l'étais, c'était en ce sens qu'elle me faisait suffisamment confiance pour affronter ses craintes à mes côtés. J'attendais encore qu'elle me fasse signe pour l'accompagner à ces réunions de paroles dont elle m'avait parlé et espérais que cela pourrait l'aider... Que je pourrais l'aider...

C'était d'ailleurs peut-être pour l'encourager à parler, à s'ouvrir, que j'avais moi-même commencé à... A lui raconter plus en détails ce par quoi j'étais passé... La disparition de ma mère et ce que j'avais vécu avec mon père puis avec mes grand-parents... Mes années de service... Le sable sous mes mains et la douleur dans ma jambe après l'attaque... L'errance et la peur avec la Mort omniprésente pour seule compagnie... L'histoire de certaines des marques sur mon corps qu'elle avait choisi d'aimer comme étant une « part » de moi au même titre que « Mac »... Le soulagement d'être enfin « sauvé » pour être à nouveau abandonné par mon pays, par mon père... Mon chemin jusqu'à elle...

Trois jours... Quelques mots le premier... Un peu plus le second... Encore plus aujourd'hui... Je ne lui avais rien caché à un détail près. Un « détail » que je n'avais révélé qu'à Klaus et que même l'Allemand avait eu du mal à encaisser... Je n'étais même pas certain de pouvoir m'en ouvrir à Armel qui ne vivait pas dans le même monde que le blond et moi... Alors Ani ? Non... C'était une vérité que je préférais lui épargner et espérant qu'elle ne m'en veuille pas de le lui avoir caché si un jour... Mais quelles étaient les chances qu'elle en vienne à me demander quel goût pouvait bien avoir la chair humaine ?

Trois jours... Et je me sentais à la fois vide et plein... Vidé d'énergie et d'une grande part du poids que j'avais sur les épaules, celui de mon passé... Et plein de la compassion et de l'acceptation de ma Liée... Plein de sa chaleur, de la douceur de ses lèvres sur les miennes lorsque je peinais à trouver mes mots. Il faisait un froid polaire, mais nous avions notre bulle de... Juste « notre » bulle... Ce n'était pas parfait, et ça ne le serait sans doute jamais car l'humain est ainsi, plein de défauts et d'insatisfactions... Mais nous étions « bien » et « ensemble »... C'était deux notions que j'avais totalement abandonné depuis des années et qu'elle m'avait rendu...

Alors que je glissais ma main dans ses mèches sombres, la bougie s’éteignit en faisant une dernière fois briller la bague qui ceignait mon doigt depuis maintenant un mois. Je posais un baiser sur le front lisse de ma Liée...

Je t'aime, M'anam...


Clockwise... [Tranches de vie] (Ani & Glenn) Dewc
Posté le Lun 22 Juil - 22:50
Ani Shah
Messages : 245
Dollars : 358
Date d'inscription : 20/08/2017
Administrateur
Voir le profil de l'utilisateur
Clockwise.
Glenn Mackenzie & Ani Shah.
14 Février 2019.

La saint valentin.

Cela faisait partie de ce genre de fêtes qu'elle n'avait jamais fêtée, pas plus que lui. Le sens même de ce jour lui échappait peut-être un peu ; elle n'avait ni besoin d'une date, ni d'une occasion pour célébrer l'amour. Mais... Mais il y avait quelque chose de tentant à faire un peu comme tout le monde, parfois. Se laisser aller à l'engouement de l’événement, se prêter au jeu. Et cela leur permettrait de passer une soirée tous les deux... Non pas qu'ils étaient rarement tous les deux. En réalité Ani passait la plupart de ses soirées au bateau, lui la rejoignait parfois à la fermeture du Doyle's. Mais ils n'avaient jamais vraiment eu... De rencard ? D'occasions de passer un instant de couple, quelque chose d'un peu spécial. Ils en avaient sûrement besoin. Leur dynamique à deux fonctionnait telle quel, il semblait à Ani qu'ils n'avaient pas besoin de carcans pour s'aimer et s'entendre. Ils n'avaient pas eu besoin de rendez-vous pour tomber amoureux, n'avaient pas non plus essayé de se séduire. Les situations, les discussions, les échanges entre eux avaient suffit à déclencher l'amour et c'était une grande chance.

Mais la jeune femme avait insisté ; ils fêteraient la Saint Valentin. Elle pourrait sûrement le remercier pour cette rose qu'il lui avait fait parvenir l'année passée. Cette dernière était d'ailleurs toujours posée sur l'une de ses étagères, séchée certes mais elle avait gardé sa délicatesse et tout le symbole de ce que cela pouvait représenter. L'aimait-elle déjà à cette époque ? Peut-être bien... peut-être bien que cette fameuse rose avait déclenché bien des choses. Il n'était pas son premier amour, mais il était le plus important. Et de loin. Un sourire flotta sur les lèvres d'Ani alors qu'elle ouvrait le four pour vérifier la cuisson de la viande ; un poulet bien doré, cuit avec ses pommes de terres et des tomates, assaisonné aux herbes de Provence. Origan, thym, basilic, romarin, la pièce était parfumée des senteurs et la jeune femme était plutôt fière d'elle. Combien de fois avait-elle raté un repas ? Elle ne les comptait plus... Et si Glenn ne disait rien vis à vis de cela c'était car il n'avait plus été habitué à mieux durant un moment.

La brune referma le four d'un mouvement rapide en entendant quelques coups contre la porte d'entrée. « J'arrive ! » Elle posa le torchon sur la table et galopa jusqu'au seuil pour ouvrir le grand battant. Son sourire éclate sur son visage lorsqu'elle aperçoit le sien, et elle ne lui laisse pas le temps de rentrer avant de se rapprocher. Dire qu'elle lui vola un baiser fut alors hautement sur estimer ses capacités ; elle n'était ni assez grande ni assez vive pour y parvenir dans ces conditions. Mais elle se hissa aussi haut qu'elle le put et, dans un échec cuisant, embrassa son menton avant qu'il ne baisse la tête pour trouver ses lèvres. Puis sa main trouva la sienne, elle déposa un second baiser à la commissure de ses lèvres. « Ça sent bon. » Nouveau sourire, elle hocha la tête. « Hm-hm ! Je suis plutôt fière de moi, on ne devrait pas trop mal manger ! »

Ils n'étaient pas un couple ordinaire, il aurait été stupide de dire le contraire. Il y avait entre eux cette inexplicable attirance qui les poussaient à graviter l'un près de l'autre, ils avaient prit des habitudes au fil de ces dernières semaines. Ils n'étaient ensembles que depuis un peu plus d'un mois, mais la relation qu'ils entretenaient avant cela n'était pas en soi très différente de ce qu'ils avaient aujourd'hui. Les interactions physiques entre eux demeuraient minces. Un baiser, un frôlement, un contact souvent. Mais la passion qu'elle ressentait à son contact demeurait enterrée, trop effrayante pour qu'elle n'ose la libérer sans lui faire peur. Glenn était compliqué, elle était compliquée... Les traumatismes ne se réglaient pas par la magie de l'amour. Ils n'étaient pas dans un dessin animé.

Cependant rien ne les empêchaient jamais de parler, de partager, de rire et d'échanger. Des tristesses comme des joies, des petites choses comme des grandes. Et probablement avait-elle prévu une sélection de film pour la soirée, ceux dont ils avaient parlé à de nombreuses reprises et que Glenn, dans sa culture cinématographique réduite, n'avait jamais vus. Mais ils ne touchèrent pas aux télécommandes de la télé. En réalité... Ils passèrent une soirée ordinaire. A parler, à manger. Le poulet était, comme elle l'avait prédit, excellent et les heures filèrent sans qu'ils ne soient dérangés par qui que ce soit. Elle avait bien entendu négocié avec ses colocataires pour avoir l'appartement pour eux seuls ; Stella était chez son petit ami, McQueen n'était pas à New York ces derniers temps, Âdi devait être chez quelqu'un et Joan n'avait pas montré le bout de son nez. Les regards lourds de sous entendus de Stella avaient fait monter une angoisse sourde dans son ventre – sa colocataire n'était pas au courant de ce qui lui était arrivé – mais elle s'était rassurée en se disant que... Et bien, c'était Glenn. Il ne la forcerait à rien, et surtout pas à coucher avec lui. Ils n'avaient rien fait jusque là, et c'était dû autant à elle qu'au roux. Le fait était qu'ils n'étaient pas prêts et ne le seraient pas avant un moment...

Le dessert était raté, lui. C'était un gâteau au chocolat trop cuit, immangeable, et ils finirent par uniquement manger la glace qu'elle avait achetée pour l'accompagner. Des heures plus tard, le crâne appuyé contre son épaule, elle se laisse bercer par le son de sa voix tandis qu'il répond à l'une de ses questions. Le roux constate après un petit temps qu'elle a lâché prise sur le monde réel et sa main trouve la télécommande pour allumer l'un des programmes de la nuit, comme il en a l'habitude. La jeune femme disparaît contre son torse, emmitouflée dans une couverture épaisse, et ne donne plus signe de vie pendant un long moment, si longtemps que lui même finit par trouver le sommeil à son contact. C'est plus simple lorsqu'ils sont deux, plus simple d'affronter les pensées noires et les réflexions sombres. Probablement que Glenn s'était résolu à recevoir son contact et son corps contre le sien, il ne servait en réalité à rien d'essayer de la détacher de lui. Elle revenait trouver sa chaleur comme un papillon de nuit près de sa lumière, et elle ne savait pas réellement si cela lui convenait...

La soirée s'était bien passée, comme toutes les autres en définitive. Et si les nuits s'étaient faites plus calmes depuis l'officialisation de leurs couples, elle craignait toujours d'être soumise à ses démons en sa présence. Elle craignait d'associer le corps de son âme liée à ses cauchemars, craignait d'associer sa présence à celle qui la hantait depuis plus d'un an. Et jusque là... Tout s'était bien passé. Probablement parce que l'euphorie des premières semaines avait écarté la mélancolie et les vagues à l'âme. Elle allait mieux à son contact tout comme à celui de son frère retrouvé, retrouvait sa lumière. Mais elle ne pouvait repousser l'inévitable, et les cauchemars refirent surface cette nuit même. Une nuit pour célébrer l'amour, pourtant. Ses sourcils se sont déjà froncés et son corps s'est sûrement raidit contre le sien. Les réactions sont minces, dans un premier temps, à peine perceptibles. Mais elle s'agite d'un coup, sursaut. Et sa respiration s'accélère, elle se retourne dans ses bras sans aucune douceur, le réveillant par la même occasion. Mais elle, elle ne se réveille pas, et les plaintes commencent à se faire entendre. Douces protestations, sa voix se brise à la fin de ses mots, les sanglots affluent sans même qu'elle ne se réveille. Son corps s'efface, fuit le sien, repousse les couvertures, cherche un point de repli. Cherche quelque chose.

« Ani... » Elle ne l'entend pas. Au contraire, il semble que le rêve s'intensifie. Les couleurs quittent son visage, elle s'est roulée en boule et repousse vivement ses mains lorsqu'il veut la toucher, repousse les coussins, repousse tout. « An i! » La tentative pour la réveiller se fait plus ferme, mais n'est pas encore suffisante. « Arrête, s'il te plait, arrête ! » Elle pleure pour de bon cette fois ci, ses plaintes sont déchirantes. Véritable suppliques. Son âme liée n'y tient plus, il attrape sa main pour essayer de la secouer et de la tirer hors du sommeil, y parvient même si elle le repousse fermement.

C'est la sensation de fourmillement familière qui la tire peu à peu de ses songes noirs. Cette même sensation qu'elle a ressentit lorsqu'elle l'a touché la première fois. Sa main qu'elle connaît si bien, les ressacs de ses paumes et la chaleur de ses doigts, tout cela la tire hors du mazout de son rêve si noir. « Réveille toi... » Elle entend son conseil, comprend à cet instant qu'il ne s'agit que d'un rêve, cette fois. Que ce corps qu'elle fuit... C'est le sien. Ses yeux pleins de larmes de panique s'ouvrent d'un coup net, elle se heurte à son regard vert. Le souffle court et bruyant, le cœur battant la chamade et le front perlé de sueur, elle ne dit rien pendant quelques secondes, se perdant dans l'oasis émeraude qui devient tout à coup sa seule échappatoire. Le silence est brisé par les dialogues du film qui passe à la télé, et par ses pleurs qui dégringolent en une cascade claire sur ses joues d'épices. « P-pardon... » Elle retient un sanglot, sa gorge est plus nouée que jamais. Elle s'en veut tant, tout à coup, d'avoir eu peur de lui. Alors les pleurs s'accentuent, et elle se redresse pour venir se blottir dans les bras qu'il lui offre. « Pardon, je ne voulais pas... » Son visage se niche dans le cou du roux qui referme son étreinte autour d'elle. « Calme toi. Tout va bien... Calme toi... »

Foutue saint valentin.

© rolly


Clockwise... [Tranches de vie] (Ani & Glenn) LyWX9eG
Ani s'exprime en ff9933.
Posté le Mer 24 Juil - 21:19
Glenn MacKenzie
Messages : 2062
Dollars : 5208
Date d'inscription : 06/08/2017
Age : 32
Voir le profil de l'utilisateur
14 mars 2019

Assis un verre à la main sur l'une des chaises de bar posées devant l'établi, Armel face à moi ou presque et Ani à son côté, j'avais l'esprit bien trop sombre pour profiter de l'instant et avais jusque là laissé mes Liés discuter ensemble. J'étais censé fêter mes trente deux ans, même si ma compagne et moi n'avions pas indiqué à nos amis pourquoi nous les invitions... Nos amis... C'était cette réalisation qui nous avait amenés là... Presque entre le fromage et le dessert - davantage entre le café et la clope -, alors que je parlais avec la métisse, ça m'avait percuté et laissé sans le souffle. J'avais des amis... Pas simplement des « connaissances », mais des « amis »... Armel, Adînath, Klaus... La jeune femme avait dû percevoir à quel point cette nouvelle notion me touchait car, avec son sourire éternellement doux aux lèvres, elle m'avait proposé de faire « quelque chose » pour fêter mon anniversaire... Avec eux... J'avais fini par acquiescer, probablement avec une expression hésitante en guise de rictus. Mais seulement à la condition qu'on ne fasse pas mention de la raison du choix de cette date ! Réunir des « amis », les faire se rencontrer, c'était déjà une étape... Leur demander de se réunir « pour moi », c'était... Encore bien au delà de mes capacité...

Nous aurions dû être six, sept avec Kao... Nous n'étions finalement que quatre en comptant l'enfant qui dormait actuellement dans mon lit. Adinâth, le jumeau de ma Liée, avait très rapidement indiqué qu'il ne pourrait pas être là et, en entendant son excuse, nous n'avions pu que l'encourager. Il avait une répétition prévue ce soir là. Peut-être qu'il pourrait passer plus tard, mais c'était très loin d'être une promesse. Aucun soucis ! Qu'il fasse selon ses possibilités et donne le meilleur de lui-même !

Nous aurions pu être six... Mais, un peu plus d'une semaine plus tôt, j'avais reçu un appel d'une voix paniquée que je ne connaissais pas même si son numéro était inscrit « par sécurité » dans mon portable tout comme le mien devait l'être dans le sien. Mon écran indiquait « Serendipity »... La Liée de Klaus qu'il « devait » supposément nous la présenter ce soir là. L'Allemand avait disparu, était-il là ? Non... Il avait apparemment traversé l'Atlantique, seul, pour mettre un terme définitif aux agissements de son père. La seule chose qui m'avait retenu de jeter mon téléphone dans le port de Staten était la douleur résignée de la voix étrangement basse de la jeune femme. Ils ne seraient donc pas là à la date convenue ? C'était vraiment le cadet de mes soucis et j'avais réellement envie d'envoyer mon poing dans les dents de mon ami qui infligeait à sa partenaire de devoir ainsi s'excuser de leur absence. Comme si c'était sa faute à elle ! Comme si...

J'avais retenu un grondement sourd, songé un instant à prendre le premier avion pour Berlin malgré ma phobie de ces appareils... Mais... Mais la détresse de la Liée de Klaus m'avait donné une assez bonne idée de ce que serait la douleur d'Ani si je le suivais en Europe. J'avais fermé les yeux, encaissé, m'étais promis d'exposer ma façon de penser à Klaus quand il reviendrait – s'il revenait – et avait fait promettre à cette inconnue au bout du fil de me contacter au moindre problème... Cäcilia était encore à New York... Dans le coma et probablement brisée, mais... Mais si Klaus n'était pas là pour la protéger, j'allais le faire... Ce n'était peut-être pas mon rôle, mais ça ne m'empêcherait pas de m'y tenir... Elle ne se sentait pas de venir nous rencontrer sans l'Allemand ? Je pouvais le comprendre... J'avais coupé la communication en promettant de la contacter si je recevais des nouvelles... Je n'en avais pas eu...

Et nous nous retrouvions donc ce soir là à quatre, ou plutôt à trois et demi, sans que je parvienne à détacher l’œil de cette place sur la banquette où aurait dû se trouver Klaus. Ne pouvant cesser de me demander s'il était encore en vie et n'osant pas appeler Serendipity pour lui demander si ses mots avaient disparus ou s'ils étaient toujours là. Merde... Je tenais vraiment à ce type, hein ? Je m'étais même permis de rappeler Kahn, que je n'avais rencontré que « brièvement » mais dans des conditions particulièrement stressantes. Lui non plus n'avait pas de nouvelles de son ami...

La bouteille était vide...

J'indiquai que j'allai en chercher une autre et descendis en m'aidant des murs avant de phaser devant ce qui me servait de cuisine. Ne me voyant pas remonter, Ani me rejoignit et m'annonça sa présence en m'appelant avant de glisser sa main sur mon épaule pour m'inviter à lui faire face. Je ne me raidissais presque plus à son contact mais lâchai un profond soupir avant de me retourner en m'appuyant contre le meuble pour soulager ma jambe. Je sentis ses doigts se poser sur ma joue et posai ma main sur la sienne avant d'embrasser sa paume sans un mot. « Klaus... ? Un maigre sourire lui répondit. Qui d'autre ? Les seules autres personnes qui m'importaient vraiment étaient ou présentes ici ou en train de remonter la pente... Il n'y avait que l'Allemand qui... Un soupire... Je sais qu'il fait ce qu'il a à faire, qu'il est sûrement plus dangereux que moi et qu'il sera prudent, mais... Je n'avais pas cherché à cacher « qui » était Klaus à ma Liée... Je n'avais certainement pas tout dit, n'étais jamais allé dans les détails que le blond ne m'avait d'ailleurs pas forcement dévoilé, mais... Mais c'est ton ami et tu tiens à lui. Je contractai les mâchoires, passant un bras hésitant autour de la taille de la jeune femme pour me réconforter dans sa chaleur. Si tu n'étais pas là, je serais parti le retrouver... Je suis désolé, M'anam... Mais je donnerais ma vie pour la sienne autant que pour Armel ou toi... Ou Kao, bien évidemment... Un regard vers la pièce où le gosse dormait miraculeusement à poings fermés. Je sais... Mais tu es là, Glenn. Et même s'il a eu le temps de comprendre que tu n'étais pas du genre à t'épancher, il s'inquiète pour toi... Armel, je veux dire. Je lâchai un nouveau soupire, fermant les yeux avant de venir me noyer les sens dans l'odeur des cheveux de la métisse. Ani était devenue mon repère, mon phare et mon port d'attache autant que j'étais probablement le sien. Ma seule certitude même si tout restait à dire et à construire. Pardon... Elle m'adressa ce sourire que j'aurais tué pour protéger, que j'effaçai d'un baiser qu'elle n'eut pas à me réclamer. Lorsque je la laissai à nouveau respirer, sa main vint se perdre sur ma joue avant qu'elle ne réponde. Moi, je sais. Lui non... Va lui parler, Glenn. Il n'est pas ton Lié pour rien. Il ne ressent pas les choses comme moi, mais il est pas stupide... Je haussai un sourcil presque comique. Ah ? » Un coup dans mon épaule, léger, avant qu'elle ne se penche pour choisir elle même la prochaine bouteille.

Je remontai jusqu'au poste de pilotage, me plaçai dans l'ouverture entre les deux pièces et hésitai un moment avant d’appeler. « Armel... ? Le brun tourna la tête vers moi, un sourcil haussé, de cet air qui semblait vouloir dire "oh, tu sais parler maintenant ?". Après un soupir, je me raclais la gorge pour enchaîner. Tu veux venir dehors, fumer une clope ? Nous avions accosté dans une petite crique en dehors de New York, où personne ne viendrait chercher un acteur oscarisé, et je rejoignis le pont sans vraiment attendre de savoir s'il m'y retrouverait ou pas... Moi, j'en avais besoin de cette clope... A peine une minute plus tard, j'entendis sa voix. Tu vas m'expliquer le pourquoi du comment de ta gueule de six pieds de long ? Klaus... Devant son expression sceptique, et tout en lui proposant mon zippo pour allumer sa clope après avoir enflammé ma cancerette, je précisai. L'ami avec qui j'ai regardé « Bing ! »... « Bang. »... Avant de venir te retrouver... Il avait corrigé d'un ton blasé. Je crois que ça l'amusait plus qu'autre chose, en fait... Mh ? La version courte ? Je ne pouvais de toute façon pas lui donner les détails pour sa sécurité autant que pour celle de l'Allemand. Il devait être là ce soir, avec sa Liée...Mais il est parti, seul, réglé des problèmes... Je croisai son regard sombre. « Mon genre » de problèmes... Armel aussi savait qui j'étais. Je l'avais, après tout, accueilli dans ma vie avec un flingue menaçant de défoncer ses abdos taillés à la perfection... Ah... Je sentais venir la connerie... J'aurais dû me douter que tu avais quelqu'un d'autre dans ta vie... T'es con... Mh-mh, le monde m'aime pour ça. Et toi aussi ! Je balançai la tête, venant m'appuyer sur le bastingage contre lequel il vint me rejoindre. Le visage du brun se vida de toute plaisanterie, redevenant plus sérieux. Ça te ressemble pas de te voir t’inquiéter... Je reposai l’œil sur lui... Pour quelqu'un d'autre que le microbe, je veux dire. J'avais fini par abandonner la bataille pour qu'il appelle Ani autrement. Je m’inquiéterais tout autant pour Kao ou toi... Un silence... Je crois qu'il ne s'y attendait pas vraiment. Finalement, il secoua la tête avant de souffler un nuage de fumée. Si c'est ton ami, tout ce que tu peux faire c'est lui faire confiance et attendre son retour. Tu as Ani qui compte sur toi, de toute façon. Tu peux pas faire grand chose d'autre que te ronger les sangs. Bienvenue dans le commun des mortels... Le « commun des mortels »... T'es bien placé pour dire ça, toi... Un mince sourire sur les lèvres de l'acteur... N'oublie simplement pas que t'es pas seul, ok ? Je m'en voudrais de devoir te mettre une raclée pour que ça rentre. T'as la tête dure Mackenzie mais je suis coriace comme une teigne. Oh et pour le rappel... J'espère bien que tu prendras soin de mon fils. Dans Godfather, il y a father. »

Je hochai la tête et terminai ma clope en silence à ses côtés avant qu'une plainte de Kao ne rappelle Armel à ses devoirs de père. Je rejoignis le « salon » et Ani pour l'attendre et il remonta avec l'enfant quelques minutes plus tard, me le posant dans les bras. Un moment interloqué, presque figé, je finis par simplement faire un berceau de mes bras à mon filleul qui n'avait encore que sept mois au compteur. C'était étrange, ce côté apaisant que pouvait avoir les enfants et en particulier les plus petits... Je comprenais mieux le sourire de l'Allemand lorsqu'il évoquait Samaël. Au bout d'une demi heure Kao s'était rendormi, bercé par les basses de ma voix aussi sûrement que je pouvais parfois endormir ma Liée, et le poids de son petit corps me força à rejoindre l'instant présent. Je croisai le regard d'Armel qui semblait content de lui et avait probablement espéré atteindre ce résultat en me confiant son fils. Un hochement de tête en guise de remerciement...

Quelques minutes plus tard, Ani arrivait avec un gâteau d'anniversaire... Je m'étais fait avoir... « Personne ne dupe un Walker, vieux, surtout quand mini-shah espionne à mon compte ! »


Clockwise... [Tranches de vie] (Ani & Glenn) Dewc
Posté le Sam 10 Aoû - 0:25
Ani Shah
Messages : 245
Dollars : 358
Date d'inscription : 20/08/2017
Administrateur
Voir le profil de l'utilisateur
Clockwise.
Glenn Mackenzie & Ani Shah.
7 Avril 2019.

Ses bras se referment autour du corps de Pari, elle plonge son nez dans ses cheveux pour recevoir une salve de son odeur familière. Petite sœur, son petit moineau d’innocence et de candeur. La vie ne lui avait pas volé ses sourires et sa joie, elle n’avait pas terni son grand regard foncé - beaucoup plus foncé que celui de sa sœur. Pari n’avait jamais vraiment connu maman puisque cette dernière avait rendu son dernier soupir un peu avant son premier anniversaire. Ani avait prit cette place durant de nombreuses années, neuf ans pour être plus précise. Et personne ne pouvait effacer ce lien qui les séparait ; probablement Pari avait-elle trouvé en Rajesh et Elisabeth les parents que la vie lui avait pris. Mais Ani savait... Elle savait lorsqu’elle la regardait que Pari voyait toujours en elle cette figure maternelle qui l’avait guidée durant les neuf premières années de sa vie. « Tu m’as genre trop, trop, TROP MEGA manqué ! » Ani la serre dans ses bras un peu plus fort. « Mmmh, à moi aussi ! » Elle embrasse ses deux joues, son front, écarte les mèches folles qui bouclent sur son front. Quinze ans... Elle avait quinze ans déjà. « Tu ressembles de plus en plus à maman. » Le visage de Pari s’orne d’un sourire. « C’est vrai ?! J’espérais que tu me dises ça ! » « Oui, tu as le même visage qu’elle. »

Ani secoue la tête avec un petit sourire, puis elle entraîne la jeune femme avec elle. Pari possédait les mêmes rondeurs tendres que sa mère avait arborées toute sa vie. Grands yeux sombres en amande, un nez légèrement aquilin, des cheveux frisés coupés au carré et une bouche qui, au contraire de celle d’Ani, n’était pas très pleine. Cependant, comme sa sœur, elle souriait sans arrêt. Elle avait encore le visage d’une enfant, encore le rire de la petite fille qu’elle avait connue. Mais elle avait bien grandit... « On va chez toi ? On va voir Âdi ? Comme j’ai hâte ! J’ai trop, trop, trop hâte de le voir ! Rajika était verte, mais elle passe des examens pour les écoles supérieures à Los Angeles alors... elle pouvait pas venir ! » Ani hoche la tête. « Je sais, on s’est appelées ce matin. Et non... On ne va pas chez moi. Pas tout de suite. On va voir Âdi danser ce soir, mais avant on a un autre arrêt à faire. » Le ton mystérieux de la plus âgée éveille le regard dévorant de curiosité de Pari. « Oh ! Oh, on va faire quoi, dis moi ! » « Mh... Je ne sais pas trop... » « Si, tu sais ! Dis moi, on va où ? On va au Mushi-mushi Café ? » Mushi-mushi café était leur lieu de prédilection à l’époque. « Non ! » « On va quand même pas voir Tatie Murielle ? » ... C’était une vieille amie de la famille qu’aucun des enfants de la fratrie n’avait jamais pu supporter. « T’es malade ? Plutôt mourir ! » Pari rit, reprend. « Je sais pas moi, donne moi un indice ! » « Tu as raison sur un point, on va bien retrouver quelqu’un. » « Retrouver quelqu’un... Mh... Latit est pas rentré de Bolivie ? » « Non ma puce. » Les deux jeunes femmes valident leur pass de métro, s’engouffrent dans les couloirs. « J’ai cru comprendre après mon dernier appel que tu voulais rencontrer quelqu’un. » Le visage de la plus jeune se pare d’une expression sur-excitée. « ON VA VOIR GLENN ?! » Ani se mord les lèvres en riant, observant les passants qui ont sursauté en entendant la gamine. « TROP BIEN, J’OSAIS PAS TE LE DEMANDER ET ... Oui, d’accord, j’arrête de crier... Alors vous êtes vraiment ensembles ? Genre, pour de vrai ? » « Oui, depuis un peu plus de trois mois. Il n’a rencontré qu’Âdi pour le moment mais il doit avoir ton approbation, tout de même ! » Ani lui offre un clin d’œil qui déclenche le rire de la jeune fille.

Le trajet passe à une vitesse fulgurante, elles ont toutes les deux des milliers de choses à se raconter. Et Pari trépigne déjà d’impatience tandis qu’elles sont sur le trajet pour arriver au bateau. « J’y crois pas, il vit sur un bateau, c’est trop cool, j’ai envie de lui poser pleins de questions pour savoir comment il fait et si c’est cher et si c’est pas trop dur et s’il a le droit d’aller partout avec... » Ani la laisse piailler avec un petit sourire. Pari a toujours été comme ça, une véritable boule de feu. Elle doit avoir l’un des caractères les plus forts de la famille ; elle ressemble beaucoup à Madhu de ce côté là. Latit, lui, est une force tranquille, extrêmement calme et doux. Âdi... Et bien Âdi était Âdi. Rajika, elle, était travailleuse, obstinée, toujours plongée dans ses passions. « Il est comment ? Il est gentil ? Tu crois qu’il va bien m’aimer ? Est-ce qu’on peut dormir sur le bateau ? » Ani sourit en coin. « Tu verras. Oui. Oui, et non. Il n’y a pas suffisamment de place sur le bateau pour qu’on reste y dormir tous les trois, mais il voudra peut-être passer la soirée avec nous au loft. Tu lui demanderas ! » La jeune femme s’engage sur le quai, remonte jusqu’au chalutier de son âme liée, puis sautille sur le bateau en faisant signe à Pari de la suivre. Elle ouvre enfin la porte, donnant un petit coup de coude à Pari qui gesticule derrière elle. Son regard croise celui de Glenn, qui est assit dans le canapé. Elle lui offre un sourire radieux. « Bonjour ! » Il lui offre un sourire en coin. « Bonjour. » « BONJOUR ! » Pari s’est glissée sous le bras d’Ani pour aller à sa rencontre, peu farouche quant il est question des contacts sociaux. Elle lâche son sac par terre, campe ses mains sur ses hanches et regarde Glenn avec un grand sourire. « Ani il est absolument trop cool je vois pas comment je pourrais ne pas le valider ! » Ani referme la porte derrière elle avec un rire. « Ma petite soeur, Pari... » « J’avais SUPER hâte de te rencontrer Glenn ! Ani est restée super secrète et tout, elle voulait rien dire, mais je voyais trop qu’elle était méga amoureuse de toi alors j’étais curieuse ! Ma soeur, elle tombe pas amoureuse comme ça, il fallait que le gars vaille le détour ! Oh, putain de merde, tu es super grand ! » Glenn s'est levé pour l'accueillir, en équilibre sur sa jambe valide. Ani hausse un sourcil. « Ca t’arrive de respirer, Pari ? » « Hein ? » Elle comprend en voyant le regard de sa soeur qu’elle a peut-être un peu trop parlé. Ses doigts, alors, font mine de fermer sa bouche à clé, elle jette la clé imaginaire dans un coin de la pièce. « Je suis validé, alors ? » Ani retire son manteau, se rapproche du petit conciliabule qui se tient devant la table. Pari n’a pas tenu son voeux de silence bien longtemps, elle ouvre déjà la bouche. « Ca dépend ! Si tu viens dormir au loft ce soir, alors je te valide officiellement ! Et puis il va falloir que tu me parles de ton bateau, non mais c’est TROP cool, moi aussi je veux vivre sur un bateau ! »

Le regard de la jeune femme croise celui de son âme liée, pétillant. Bientôt, ils s’assoient autour de la petite table basse, des boissons chaudes entre les mains. Les doigts d’Ani viennent trouver ceux de son âme liée, discrètement, tandis que Pari continue de parler, emplissant la cabine de gloussements heureux et revigorants.

© rolly


Clockwise... [Tranches de vie] (Ani & Glenn) LyWX9eG
Ani s'exprime en ff9933.
Posté le Sam 17 Aoû - 0:41
Glenn MacKenzie
Messages : 2062
Dollars : 5208
Date d'inscription : 06/08/2017
Age : 32
Voir le profil de l'utilisateur
20 mai 2019

Dunn, Amanda : Fiancée à Logan Holt, Femme au foyer, blond foncé, yeux presque noir
Ellis, Zeke : Trafiquant, homme de main, noir, dreads, yeux noir
Graves, Avril : Propriétaire d'une salle de sport, Prof de MMA, brune, yeux noisette
Holt, Logan : Fiancé à Amanda Dunn, Architecte, brun, yeux bleus
Hampton, Oliver : Musicien, roux foncé, benjamin des survivants
Rogers, Daniel : Trafiquant, blond clair, yeux gris
Romero, Charles : Instructeur dans l'armée, coupe militaire, châtain clair, yeux bleu pâle
Ruiz, Carlos : Infirmier, hispanique, brun, yeux marron foncé
Wheeler, Harris : Prof de tir, a embauché Glenn pendant un temps, poivre et sel sur reste de châtain foncé. Doyen des survivants.


Onze verres, cinq tasses et quatre bocaux... Tous disparates, car je n'avais jamais été une fée du logis ni du genre à acheter mes verres par paquets de douze dès que j'en brisais un. Vingt récipients... Un pour chacun des « survivants » de la plage... Nous avions été dix neuf à réchapper de cette première épreuve et nous n'étions plus que neuf en vie presque sept années plus tard. Notre dernière « réunion des anciens » avait eu lieu juste après le suicide de Colt, deux ans plus tôt... Cette fois-ci, les circonstances étaient un peu plus gaies. Beaucoup plus gaies, même... Dunn venait nous présenter son futur époux, Logan. C'était lui, le quatrième bocal... Il nous suivait au rhum, le brave homme. Il fallait dire qu'il fallait au moins ça pour encaisser l'étrange assemblée que nous formions... Sept hommes et deux femmes... Tous à moitié brisés et tâchant de garder la tête hors de l'eau, d'avancer... Certains s'en tiraient avec les honneurs, d'autres non. Mais s'il y avait bien des personnes qui ne se permettraient jamais de « juger », c'était bien nous. Nous étions des frères d'armes et c'était tout ce qui comptait... Des frères de sang... Une famille unie dans la douleur...

Nous nous marchions un peu dessus, mais ça ne nous changeait finalement pas trop des baraquements, des cabines et des bivouacs que nous avions partagés. C'était Hampton qui prenait le plus de place, non pas qu'il était particulièrement gras mais il avait apporté sa guitare et jouait nos airs habituels en sourdine dans un coin. Dunn était sur les genoux de son fiancé, Graves sur ceux d'Ellis et la question était toujours de savoir quand ils allaient se décider à officialiser les choses depuis le temps qu'ils se tournaient autour. Ils occupaient deux chaises à quatre et Hampton était assis par terre, adossé à la barre dans la salle de commande. Sur mon canapé se trouvaient Ruiz, Wheeler et Romero serrés comme des sardines car aucun d'entre eux n'étaient un « petit gabarit ». Rogers était posté sur un tabouret à mes côtés devant la table de travail. Les « bons gars » d'un côté et les « mauvais bougres » de l'autre ou presque. Rogers et Ellis étaient ceux qui m'avaient entraîné dans le business où je me trouvais actuellement... Personne ne le leur reprochait et certainement pas moi.

Nous échangions des souvenirs depuis peut-être deux heures déjà, Logan gardant un silence respectueux sans pour autant en perdre une miette. Sans doute espérait-il que cela l'aiderait à mieux comprendre sa compagne ? Peut-être... Sans doute, même... Et sans doute aurais-je dû proposer à Ani de nous rejoindre pour les mêmes raisons. Mais je n'étais pas certain d'être prêt à cela... A la partager avec eux... Il y a, hélas, des choses qui ne se contrôlent pas et nous en étions à trinquer à la mémoire de l'un de nos disparus lorsque la porte de la cabine s'ouvrit presque à la volée sur le visage souriant de ma Liée qui se figea presque aussitôt. Nous étions tous armés, ici, à l'exception de Logan. Et je vis bien des mains se tendre avant de se stopper net lorsque je lâchai un ordre qui ne souffrait visiblement aucun manquement.

« Repos ! Le premier qui la braque est mort... »

Sans surprise, Ellis et Rogers me lancèrent un regard plus appuyé que les autres avant de rengainer et je terminai ma clope avant de l'écraser tout en appuyant lourdement toute l'autorité du seul œil qui me restait sur eux. J'offris ma main à Ani, la débarrassant des sacs de provisions qu'elle apportait que je posai parmi les douilles sur l'établi, avant de l'accueillir contre moi et de poser un baiser sur ses lèvres devant huit paires d'yeux médusés.

« Woooh... On me l'aurait dit, j'aurais refusé d'y croire... ! Commentaire de Romero qui semblait parler pour tout le monde à l'exception de Logan qui n'avait pas encore toutes les cartes en main pour comprendre l'étrangeté de la situation.
-... Est-ce que... Je dérange ? Le regard d'automne de la métisse avait parcouru l'assemblée avant de revenir se poser sur moi. Je peux revenir plus tard... Ou demain. J'aurais dû prévenir... Désolée, Glenn... Je secouai la tête, soupirai avant de répondre.
-Non, M'anam. Tu es la bienvenue... Et je suppose qu'il est grand temps que je te les présente... Un demi sourire pour elle avant que je ne reporte mon attention sur mes hommes. C'est Ani... Ma Liée... Et ma compagne... Je leur laissai quelques secondes pour encaisser avant de poursuivre les présentations. Et ces têtes de culs, c'est ce qu'il reste de mes hommes... Dunn est venue nous présenter son fiancé... La blonde quitta les genoux de son futur époux pour venir serrer la main d'Ani, un sourire sincère sur ses traits.
-Amanda ! Et voici Logan... Le jeune homme s'était également levé et étendit le bras pour atteindre les doigts de la danseuse, manquant de perdre l'équilibre mais Graves le rattrapa au vol et lui évita la chute.
-Logan est architecte, si j'ai bien compris... Retournant s’asseoir, le brun acquiesça. Et Amanda est maintenant femme au foyer. Avant, elle travaillait avec Graves dans leur salle dédiée aux sports de combat. Graves se leva à son tour, grande brune au visage dur semblant avoir du mal à accorder sa confiance. Elle serra toutefois la main de ma Liée.
-Avril... Et lui, c'est Zeke Ellis... Ellis se contenta d'un signe d'un hochement de tête. Ses sourires étaient rares mais tranchaient presque douloureusement sur sa peau d’ébène.
-Ellis est dans le même business que moi, tout comme Rogers... Assis à côté de moi, Rogers étudia un instant la jeune femme avant de reporter son attention sur moi.
-Elle est au courant de tout ? Je hochai la tête.
-De tout ce que je suis ici, et de presque tout ce que j'étais... Un mouvement dans la troupe. Tous savaient ce qui n'avait pas été répété... Un sourire étrange passa sur les traits de Rogers qui s'inclina presque devant la jeune femme.
-Et elle est à vos côtés ? Vous avez trouvé votre perle, Lieutenant... Daniel Rogers, pour vous servir, Mademoiselle... Je le laissai saluer Ani avant de désigner à cette dernière les trois hommes occupant la banquette.
-Charles Romero, instructeur dans l'armée... Harris Wheeler, pour qui j'ai travaillé en tant que professeur de tir...
-Cet homme est toujours la meilleure gâchette que je connaisse, borgne ou pas... ! Les deux hommes saluèrent Ani d'un sourire de bienvenue.
-Et Carlos Ruiz, notre infirmier sans qui nous ne serions sans doute plus là. C'est lui qui m'a rafistolé après l'attaque... L'hispanique secoua la tête et se leva pour serrer la main d'Ani au dessus de la table basse.
-C'est surtout sans le Lieutenant que nous ne serions pas là, m'est avis... Un murmure d'approbation autour de la pièce bondée de monde. Je n'y prêtai pas trop d'attention avant de terminer sur notre guitariste.
-Et par terre là bas, c'est Hampton. Notre musicien et benjamin... Sans manquer une note, il adressa un sourire tranquille à ma Liée. Cet homme avait changé du tout au tout depuis qu'il avait perdu sa Liée tout juste rencontrée dans le bac à sable. Nous avions longtemps pensé qu'il passerait l'arme à gauche en se lançant dans une mission suicide et ce n'était pas faute d'avoir tenté le coup... Mais, depuis les cieux, sa Liée devait veiller sur lui car il s'en était « sorti ». Si on peut exprimer les choses ainsi...

Il y eu un temps de latence, chacun cherchant sa place vis à vis de la nouvelle venue à laquelle ils ne s'attendaient pas, et Logan eut la gentillesse d'arrondir les angles en engageant Ani dans une conversation bien plus « neutre » que ne l'auraient été les sujets que nous avions précédemment évoqués. Quel âge avait-elle, d'où venait-elle, comment nous étions nous rencontrés... Ma Liée hésita un instant à répondre à cette dernière question, mais je hochai la tête pour indiquer qu'elle pouvait y aller. Bien évidemment, dans sa bouche, j'avais l'air d'un héros... Je grimaçai et replaçai les choses dans leur contexte, précisant que je m'étais probablement conduit comme un mufle... Elle évoqua le manteau posé sur ses genoux pour la préserver du froid... Je baissai le nez... Elle avait gagné et tous mes hommes étaient proprement estomaqués. Ce fût encore une fois Logan qui prit la parole, alors que tout le monde avait bombardé la métisse de questions, pour cette fois-ci mettre les pieds en plein dans le plat...

« J'ai l'impression que personne n'ose demander, sûrement de peur de ne pas être invité ! Mais je vois les plaques du Lieutenant à votre cou... Il avait pris le pli de m'appeler par mon grade, comme tout le monde ici. Le mariage est prévu pour quand ? Je ne voyais pas le visage de la jeune femme, mais je sentis sa surprise me parcourir le corps. Je ne bronchai pourtant pas.
-Le... ? Pardon... ? Elle ne l'avait visiblement pas vu venir. Et moi non plus, pour être franc.
-Les plaques, à votre cou, ce sont bien celle de votre Lié, non ? C'est en me donnant ses plaques qu'Amanda a répondu à ma demande en mariage. Et mon frère a donné les siennes à sa fiancée avant de partir au front... Les regards se tournèrent vers moi mais je ne répondis, après un soupire, que lorsqu'Ani releva son visage perturbé vers moi.
-C'est... Donner ses plaques, c'est promettre de toujours revenir vers une personne... Promettre de ne pas mourir au combat car cette personne nous attend... Pour beaucoup, c'est une promesse de mariage... Ou une demande...
-J'ai... J'ai dit quelque chose qu'il ne fallait pas... ? Logan était visiblement bien embêté... Plus embêté encore lorsque je reposai mon regard sur lui sans rien dire. Finalement, je soupirai et balançai la tête de gauche à droite avant de lâcher.
-Non... Je n'avais juste pas... Pas explicité les choses... Pas réfléchis aussi loin... Mais vous aurez tous droit à un carton d'invitation si elle me dit « oui »... »

L'arrivée de Poe, qui se posa sur la barre au dessus d'Hampton en lâchant un magistral « FUCK YOU ! », me sauva d'avoir à répondre à l'expression à la fois surprise et désemparée de ma Liée qui n'avait pour sa part pas tourné les yeux vers l'oiseau. Je la regardai pendant quelques secondes qui me parurent être des heures avant de lui adresser un pâle sourire incertain et de prendre entre mes doigts ces plaques qu'elle portait sur son cœur. Je posai un baiser sur le métal avant de me pencher pour capturer ses lèvres l'espace d'un souffle ou deux. Contre sa bouche, je murmurai un « Plus tard... ». Nous en parlerions une fois seuls... Et pas forcement tout de suite... Nous avions bien le temps... L'instant fut brisé lorsque le corbeau quitta la barre pour venir se poser sur l'établi entre Rogers et moi. Je lui tendis mon café dans lequel il préleva sa dîme avant de tourner sa tête de gauche à droite, observant Ani. « M'anam ! ». Il sauta sur mon bras lorsque je le lui offris, l'autre restant enroulé autour de la taille de la jeune femme. Il ne permettait pas une telle proximité à beaucoup de personnes. Ani et Armel étaient des privilégiés, peut-être car il sentait un peu de moi en eux ? Il commençait à accepter l'Allemand également... Du moins, il ne le fuyait plus avant que Klaus ne parte pour l'Allemagne... Nous n'avions toujours pas de nouvelles...

Le sujet des plaques fut heureusement évacué et nous en revînmes petit à petit à nos souvenirs de guerre plus ou moins heureux... Plus souvent « moins » que « plus »... Nous évoquâmes, comme à chaque rencontre, les disparitions de nos amis. La tradition voulait que nous nous passions le verre servi en leur nom pour le vider, y prenant chacun une gorgée. Un de plus pour Colt depuis notre dernière entrevue... Nous en arrivâmes finalement à Cobb, notre supérieur. Ce fut Graves qui me demanda, d'une voix étonnamment douce pour elle... Ce fut peut-être ce qui me convainquit de répondre...

« Vous n'avez jamais voulu nous dire, Lieutenant... Mais qu'est-ce que vous a dit Cobb, à Ruiz et vous, avant de mourir... ? Je levai mon regard dans celui de l'hispanique. Pour être franc, je ne savais même pas pourquoi nous ne leur avions jamais répondu... La peur d'échouer, sûrement... Et, dans un sens, ça avait été le cas... Nous n'avions pas pu sauver tout le monde...
-Il nous a donné un ordre... Le silence, ils attendaient visiblement la suite. Je repris une gorgée de café avant de remplir ma tasse et de la proposer à Ani. Il nous a ordonné de vous ramener à la maison. Ruiz en tant que notre infirmier... Moi, en tant que votre supérieur... Le silence, toujours... Ce fut la voix d'Hampton qui le brisa depuis le poste de pilotage avant que ses doigts ne recommencent à tisser une mélodie sur ses cordes.
-Et vous nous avez ramené, Lieutenant... Je lâchai un rire bref, ressemblant presque à un renâclement, mais ce fût Ruiz qui répondit le premier d'une voix triste. Comme moi, il portait le poids de chaque homme que nous avions perdu. Le vivait comme un échec personnel.
-Pas tous... Je balançai la tête...
-Naye... Pas tous... »

Après un nouveau passage à vide, les conversations reprirent... On me demanda même de chanter, en souvenir du « bon vieux temps », et je finis par m’exécuter accompagné par les accords qu'Hampton posait sur sa guitare. Le temps passa, les heures... Logan et Dunn furent les premiers à partir, bientôt suivit de Ruiz puis de Romero... Ceux qui devaient se lever tôt le lendemain. Ani alla ensuite se coucher, rejoignant ma chambre qu'elle dût trouver dans un état pas possible. Habituellement, je rangeais un minimum lorsqu'elle venait... Cette fois-ci, je n'avais pas pu prévoir... Pour ma part, je restait encore un long moment à discuter avec les restant, buvant moins que je ne l'avais prévu du fait de la présence de la jeune femme. Wheeler et Hampton finirent par mettre les voiles... Puis Graves indiqua qu'elle devait également rentrer et Ellis la suivit pour une fois « ouvertement ».

Il ne restait plus que Rogers et moi... Posés sur le pont, un verre à la main et une cigarette au coin des lèvres, nous ne partageâmes que le silence pendant de longues minutes. Finalement, je soufflai un long nuage de fumée et déclarai :

« Je vais devoir raccrocher, Rogers... Il tourna sont regard mercuriel vers moi, hocha légèrement la tête.
-A cause des plaques... ? L'ombre d'un rire, j'acquiesçai.
-Aye... A cause des plaques... Il ne répondit pas tout de suite, réfléchissant probablement à comment il allait pouvoir réorganiser ses affaires s'il ne pouvait plus compter sur moi. Il finit par vider son verre, me tendit la main.
-Nous vous aiderons à évacuer ce qui doit l'être et à faire place nette, Lieutenant. Il n'y aura plus de « Mac » que dans les souvenirs... Un Croquemitaine pour faire peur aux vilaines petites frappes qui sortent trop des rangs... Je pris son avant bras, sa main se refermant sur le mien. Un putain de signe de confiance, en ce qui me concernait, et Rogers en avait pleinement conscience.
-Merci, soldat... Il grimaça.
-Pour les beaux yeux de votre petite perle ! Elle est bien trop jolie pour vous, soit dit en passant et sans offense ! Pour la peine, je ris pour de bon.
-Aye ! Elle l'est... Crois moi, je le sais ! »


Clockwise... [Tranches de vie] (Ani & Glenn) Dewc
Posté le Mar 17 Sep - 16:42
Ani Shah
Messages : 245
Dollars : 358
Date d'inscription : 20/08/2017
Administrateur
Voir le profil de l'utilisateur
Clockwise.
Glenn Mackenzie & Ani Shah.
4 Juillet 2019.


La jeune femme ouvre son armoire, les gestes rapides. Il est déjà dix neuf heures, elle doit retrouver Glenn dans une petite heure. Aujourd’hui, jour de fête nationale, 4 juillet commémoratif. Une date à célébrer, mais pour eux c’est surtout une occasion de se retrouver sous de bons augures.
Le mois de Juin a été mouvementé, la vie de la jeune femme commence enfin à changer... Et pour de meilleurs augures. Fini, le Doyle’s, fini le Choop. Ni serveuse, ni strip-teaseuse, elle n’est rien pour le moment. Et après tous ces mois passés à trimer pour joindre les deux bouts, un peu de repos ne lui fait pas de mal. Elle peut profiter de son frère, avec qui elle a pu renouer, enfin... Elle peut profiter de la ville et du beau temps, appareil photo à la main. Elle peut se promener, apprécier le simple bonheur de se sentir libre et légère. Et elle peut profiter de la présence de Glenn, aussi, elle peut se moquer de l’heure à laquelle elle se couche, de celle à laquelle elle se lève. Elle profite de lui, d’eux, de cette relation qui nait encore et qui ne demande qu’à grandir. Elle savoure les étincelles dans sa poitrine, elle savoure un contact, un effleurement, le son de sa voix et sa présence. Elle savoure la façon dont ses sentiments s’assurent, grandissent, prennent encore plus de place. Elle savoure l’amour, pur, viscéral, pourtant presque platonique entre eux.

Ce soir, ils se retrouvent sur les bords de l’East River pour assister aux feux d’artifices. La jeune femme a prévu de quoi manger, de quoi boire, amènera le tout dans son sac. Wraps de poulet sauce tandoori, crudités, un thermos de thé glacé, une flasque de Whisky, une fournée de muffins achetés à l’excellente pâtisserie qui fait l’angle de sa rue. Les températures extérieures sont chaudes, aussi met-elle la main sur une robe longue, mais légère, qui dévoile la moitié de son dos. Couleur brique, elle est brodée de minuscules marguerites. Deux anneaux à ses oreilles, une longue tresse pour ses cheveux, à peine une once de maquillage. Et des lunettes de soleil. La brune s’élance hors de sa chambre, croise son frère et plaque un baiser tendre sur sa joue avant de dévaler les escaliers. « A plus tard, je t’aime ! » Lance-t-elle à la volée avant de claquer la porte d’entrée derrière elle.

La vie est plus facile aujourd’hui, les traumatismes ne s’effacent pas mais... Ils prennent moins de place. Ecrasés par le bonheur et l’amour, ils ne font plus le poids. Elle a parlé un peu, la dernière fois au groupe de discussion. Elle a raconté un peu ce qui lui est arrivé, sa main vissée à celle de Glenn, regard dans le vague. Elle a remué le mazout effrayant qui englue sa dignité, sa confiance en elle, son estime et son amour propre. Elle a raconté, et c’est étonnant comme elle se souvient de certains détails en oubliant l’essentiel. C’est étonnant comme son cerveau a trié les souvenirs pour que jamais elle n’ait à revivre cet acte qui la hante pourtant. En racontant, elle a peut-être un peu exorcisé. Mais en écoutant les autres elle a également pu... Se déculpabiliser. Comprendre que se défendre davantage n’aurait pas été possible, qu’elle n’est pas responsable.

Et lui était là. Avec elle, fidèle au poste. Statuesque, phare dans sa tempête personnelle.
Elle ne l’en a aimé que davantage. Et pourtant il n’a rien eut à faire, rien eut à dire. Être là, cela suffit parfois.

Métro bondé, écouteurs sur les oreilles, la jeune femme écrit à son âme liée pour le prévenir qu’elle est en route et qu’elle arrivera bientôt. Ecouteurs sur les oreilles, elle inspire doucement, puis décide d’envoyer un petit message à Serendipity. Klaus est rentré il y a une dizaine de jours maintenant, au soulagement général. Et les deux femmes n’ont pas encore eu le temps de se revoir, mais Ani envoie toujours un message, tous les jours. Quelque chose comme Je pense à toi ou une anecdote toute bête de sa journée. Cela suffit parfois, non ? A montrer qu’on est là.

La jeune femme surgit du métro en inspirant l’air chaud de la fin de journée. Retard d’une dizaine de minutes, elle marche rapidement jusqu’aux bords de l’East River, près de leur point de rendez vous. Le soleil se couchera d’ici une vingtaine de minutes, et le feu d’artifice sera tiré sur les coups de vingt et une heure trente, lorsqu’il fera nuit noire. Glenn n’est pas un personnage facile à manquer ; le roux de ses cheveux, sa grande taille, un seul œil. Physique peu commun, qu’elle aime bien évidemment. Mais il lui est difficile de l’exprimer ; elle ne peut en vérité le lui dire. L’autre n’aime pas recevoir les compliments, et peu importe à quel point elle le trouve beau, à quel point il lui plait... Elle a comme l’impression qu’il ne la croit pas. Tant pis, elle sait ce qu’elle ressent, elle, et ses yeux ne mentent pas. Mais l’attraction physique qu’elle ressent pour lui engage bien d’autres problèmes qu’elle ne sait comment régler. Sexuellement... Rien ne se passe. Lui, elle, tous deux sont bloqués dans leurs propres peurs. Comme elle en aurait envie, pourtant.

« Désolée, je suis en retard ! » Feu follet d’énergie pure, la jeune femme remet son sac sur son épaule et se hisse jusqu’à sa bouche pour lui voler un baiser. Sourire sur ses lèvres, un sourire qu’elle ne peut offrir qu’à lui.

© rolly


Clockwise... [Tranches de vie] (Ani & Glenn) LyWX9eG
Ani s'exprime en ff9933.
Posté le
Contenu sponsorisé

Clockwise... [Tranches de vie] (Ani & Glenn)

Sujets similaires
-
» GENESIS&GLENN ▬ Désaccord fatal. [HOT]
» Glenn O'Greaney ~ S'il faut mourir autant ne pas avoir de regrets.
» L'opéra de quat'sous - Portrait de Glenn Mazé

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Linked-ink :: New York :: Flashback-
Sauter vers: