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Why not be an asshole ? [PV Seren]
Âdinath Shah
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Lun 27 Aoû - 11:39

19 juin 2018
La musique battait son plein. Âdinath avait toujours apprécié cette sensation. L’impression que les résonnances des basses pulsaient contre sa poitrine, qu’elles parvenaient à s’immiscer jusque sous sa peau, dans sa chaire.
Probablement que ses tympans appréciaient moins.
Mais cela lui permettait d’être plongé -entièrement plongé- dans un univers différent. Loin des rouages complexes de son esprit torturé. Il était devenu prêt à tout pour oublier. Oublier son incapacité à mener une vie saine, son incapacité à garder prêt de lui les gens qu’il aime. Maintenant que même Ani ne pouvait plus le suivre dans toute cette folie, que lui restait-il ? Que lui restait-il vraiment ? A ce stade de la compétition, il ne songeait même plus à essayer de se persuader que l’objectif était de participer.
L’objectif n’était même plus vraiment de survivre alors…

Il avait tendance à être extrêmement mélodramatique lorsqu’il était bourré.
En vérité, Âdi exagérait énormément. Et il allait mieux. C’était… Une petite rechute. Légère. Passagère surtout. Parce que le danseur avait peur. Il flippait car on lui redonnait une chance et il n’était pas sûr de savoir la saisir.
Était-il encore capable de quoi que ce soit ?

Il avait réussi à décrocher une audition. Pour une compagnie de renom et tout ça en dansant à l’improviste devant son immeuble. Il n’y avait pas cru au début, il songeait véritablement qu’il était victime d’un coup monté ou qu’on le piéger au profit d’une émission de téléréalité mais… Non. Il avait juste de la chance. Chose qu’il n’avait pas savouré depuis si longtemps qu’il n’était même pas sûr de savoir comment réagir autrement quand allant vider les bouteilles d’un bar quelconque. Fort heureusement, la drogue avait été épargnée, la violence aussi… Il ne pouvait s’empêcher de se revoir plusieurs mois auparavant, en cellule de dégrisement avec une Ani au bout du rouleau venant le chercher. Quel illustre crétin !
Comment avait-il pu lui faire ça ?
L’alcool le rendait définitivement trop tragédien.
« Gamin, je te sers plus rien, t’es raide. »
« Mais nan, j’vais ie… B… ien… Bien. »
« Oh oui t’en as l’air… Il est même pas deux heures du matin. Rentre chez toi sincèrement. »

Rentrer chez lui… Il était très loin de chez lui. Il avait pris la peine de mettre une distance très importante entre le loft et l’endroit où il comptait se lâcher un petit peu. Maintenant qu’il y réfléchissait, ce n’était peut-être pas l’idée du siècle. Parce qu’il allait surement douiller pour rentrer chez lui. Certainement même.
Vu tout l’argent qu’il avait mis dans la boisson, hors de question de prendre un taxi.
Avec un peu de chance, il arriverait dans le Queens avant le lever du soleil ?

Cela faisait plusieurs minutes qu’il marchait -plus ou moins droit- dans la direction -plus ou moins vérifiée- de son appartement. C’était assez traitre comme exercice, car il devait à la fois se concentrer pour ne pas vomir et pour avoir un minimum d’activité cérébrale afin qu’il puisse regagner le point d’arrivé.
Son lit en l’occurrence.
Les arrêts étaient fréquents, mais jusque-là, il avait refoulé l’incroyable envie de dégueuler qui ne semblait jamais vraiment le quitter depuis qu’il avait lever son derrière du tabouret qui l’avait supporté durant plus de quatre heures non-stop. Oui, il en était à se demander s’il ne lui était peut-être pas plus profitable de vomir maintenant, plutôt que de réveiller tout le loft en rentrant malade d’une énième soirée. Risquer de décevoir encore Ani, de se mettre de nouveau en porte à faux alors qu’il allait mieux bordel…
Bizarrement il avait encore plus envie de vomir actuellement.
Ce buisson ferait l’affaire, non ? Il était pile au milieu du trottoir mais donner sur un renfoncement qui aboutissait aux égouts -oui, même à huit grammes, Âdinath avait encore un peu de respect pour les voies publiques- donc, cela ne devrait pas endommager les belles rues propres de Manhattan, n’est-ce pas ?
C’est fou comme lorsque l’on désir réellement vomir, le temps paraît alors long jusqu’à ce que le corps décide d’évacuer le surplus de problèmes. Au bout de cinq minutes, il avait fini par s’accouder à l’arbre dans son dos alors qu’il regardait au loin, droit devant lui. Quelques personnes fréquentaient la rue mais au compte-goutte. Il n’était pas spécialement dérangé au moins…

Outch. Cette fois-ci c’était la bonne.

Même si d’aucun dirait qu’il s’agit de lapalissade, le métis n’aimait pas vomir. Déjà parce qu’il avait toujours le temps dans cet exercice de regretter amèrement son état -oui, il vomissait souvent à cause d’une connerie- et deuxièmement parce qu’il avait tendance à être très irritable par la suite. Combien de fois s’était-il retrouver dans de beaux draps après avoir insulté quelqu’un sur le bord du trottoir parce que cette dite personne souhaitait lui apporter de l’aide ou au contraire, l’enfoncer un peu plus. Des phrases du genre : « Dégage de là, j’ai pas besoin de toi petite pute bridée ! »

Oui, là c’était un peu violent quand même.

D’autant qu’il ne s’était jamais vraiment senti raciste envers les asiatiques auparavant.

La jeune fille -à dire vrai, Âdinath ne discernait que les contours vagues de sa silhouette donc peut-être avait-il affaire avec un homme un peu androgyne mais peu importe- sembla prendre la nouvelle avec beaucoup moins de tranquillité que lui. Cela lui montait au cerveau très lentement en fait. Mais il n’arrivait pas à détacher son regard de l’autre pour autant.
S’il avait été sobre, il n’aurait pas raté son second suicide après ça.
Il ne savait même pas pourquoi il avait dit ça. En relevant la tête entre deux haut le cœur, il s’était retrouvé face à une personne beaucoup plus proche physiquement qu’il ne l’avait anticipé. En vérité, l’invité se trouvait à quelques mètres de lui, mais à cette heure de la nuit, son espace vital était déjà enfreint.
Et puis c’était sorti tout seul. Comme ça. Pour strictement rien du coup.
Peut-être parce qu’il était trop con, au final.
Ou parce qu’il méritait la mandale que la personne serait tout à fait en droit de lui mettre.
Qui sait.




   
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Mar 28 Aoû - 13:11
Aujourd'hui, j'avais pris un coup dans l'estomac... Un de ces coups qui vous jettent au sol sans qu'on vous ait touché car ils vous atteignent au plus profond de ce que vous êtes...

Le mois de juin était déjà bien entamé et, malgré mes nombreuses digressions sur des sujets trop peu académiques, le programme d'étude de mes élèves étaient achevé. Du coup, je faisais classe ouverte et venait qui le souhaitait... Je distribuais mes trucs et astuces pour survivre aux examens, donnais des méthodes d'analyse ayant fait leurs preuves, me penchais sur les thèses en cours de rédaction pour donner mon avis, les aidais à réviser leurs cours même s'ils ne comptaient pas parmi mes étudiants. Tous ceux qui étaient prêts à s'enfermer dans mon amphi plutôt que d'aller joyeusement gambader dans New-York étaient les bienvenus ! Pas de discrimination pour rentrer dans ma boîte et nous nous remontions tous les manches...

Moi aussi, j'avais remonté mes manches...


« Doc... »

C'était Chelsea... Ses yeux s'étaient posés sur mon bras, étaient remontés pour croiser mon regard... Un coup au creux de l'estomac, une boule au fond de la gorge... J'avais cessé de cacher ma phrase suite à ma rencontre avec Klaus et avais rapidement pris l'habitude de ne plus me soucier de garder ce morceau de mystère précis... J'avais oublié... Oublié que ce n'était plus les mots de l'Allemand qui ornaient mon bras... Les nouveaux, j'avais refusé qu'il les lise... Peur qu'il s'inquiète... Encore plus peur qu'il s'en foute... C'était ma nouvelle croix et je n'avais d'autre choix que de la porter jusqu'en haut de mon calvaire...

« Petite pute bridée ! »

Ces mots là, ils ne m'auraient jamais sorti de l'orphelinat... Déjà que ceux de mon Lié auraient pu être prononcés sur un ton bien plus violent et que mon père adoptif m'avait avoué avoir hésité à prendre le risque de m'emmener avec eux... Avec ce genre de réflexion, ce dégoût palpable à chaque syllabe ancrée dans ma peau... Ma vie n'aurait jamais été celle que j'avais vécu... Adieu licornes et arc-en-ciel... Adieu sourires... Adieu Klaus... Et dire que je lui avais reproché ce « shithead » venant ponctuer sa présentation... Si j'avais su...

J'avais souri à la jeune femme, avais rabaissé ma manche, lui avais assuré que tout allait bien et qu'elle ne devait surtout pas s’inquiéter pour moi. Qu'elle devait se concentrer sur elle et sur ses partiels qui approchaient à grands pas. Distribution de carambars et concours de blagues ! Garder le sourire malgré l'envie de pleurer... L'envie de voir Klaus... Qu'il me redise que j'étais toujours son Lié même si d'autres mots que les miens tâchaient dorénavant sa peau déjà trop encrée... Perdus dans la masse, comme les miens l'avaient été... Depuis que les communications avaient été rétablies, je n'avais pas cherché à m'imposer à lui... Encore moins après l'apparition de la possibilité d'avoir un second Lié, quelque part... Quelque part, il y avait visiblement quelqu'un qui portait un autre morceau de l'Allemand... Même cette place là m'avait été volée... Je n'étais pas assez bien pour suffire, apparemment... J'avais conscience que c'était égoïste, que notre cas n'était pas isolé et que ce fléau avait touché absolument tout le monde sur cette terre, mais... Mais j'aurais voulu qu'il m'épargne... Qu'il nous épargne... Qu'il justifie ma place à ses côtés... Mais les petites lettres d'or s'étaient enfuies, remplacées par des lettres grasses et semblant coulées, comme si « Dieu » les avait regrettées juste après les avoir inscrites dans ma chair, avait balayé l'encre brune encore humide du plat de la main. C'était sale... C'était triste... C'était même pas assumé...

« Petite pute bridée ! »

J'avais attendu la fin des cours, apporté mon aide à tous ceux qui la réclamaient, puis m'étais finalement décidé à rentrer à pieds. J'avais besoin d'air... Le lendemain, je pourrais revenir en métro et reprendre mon auto pour le retour... Ou pas... Marcher... Marcher, c'était bien... C'était tellement bien que je n'étais finalement pas rentré. J'avais déambulé un peu partout dans Manhattan, gouttant la douceur de cette fin de printemps qui ressemblait déjà presque à l'été et qui faisait tant de bien après un hiver presque polaire. J'avais découvert quelques coins qui pourraient intéresser Effie pour faire ses shootings... J'avais appelé ma mère jusqu'à l'entendre piquer du nez au téléphone à cause du décalage horaire... J'avais repris mon errance... Étais même passé devant le théâtre que mon Lié et son ami retapaient sans trouver en moi le courage de pousser la porte ou de frapper à l'huis...

Mes pas m'avaient finalement mené à Central Park et, là encore, j'avais marché... Marché et donné des morceaux de biscuits aux oiseaux et aux écureuils... Caressé quelques chiens qui, jouant à la balle avec leurs maîtres, m'avaient reconnu et apporté leur jouet pour que je le leur relance... J'étais un habitué des lieux, déjà... Marché... Évacuer... Éviter de trop réfléchir... Oublier d'être blessé... Puis, la cloche avait sonné indiquant que le parc fermait pour la nuit... Il était une heure du matin et je n'avais absolument pas vu le temps passer...

J'avais salué le gardien qui me surveillait d'un œil amusé, coutumier qu'il était de me retrouver en pleine promenade en dehors des horaires d'ouvertures. Mais non, pas ce soir... Ce soir, j'allais simplement rentrer chez moi et m'effondrer dans mon lit... Je n'avais envie de rien... De rien du tout, et c'était tellement rare que ça en faisait peur... Ce vide à l'intérieur... Cette prise de conscience que tout était changé avant même d'avoir pu véritablement commencer... Oui... J'allais simplement rentrer chez moi... Un pas après l'autre, longeant l'interminable parc célèbre dans le monde entier. Rentrer chez moi... Juste après avoir vérifié que cet homme plié en deux se portait bien...

« Dégage de là, j’ai pas besoin de toi petite pute bridée ! »

Cette nuit là, je reçus un second coup dans l'estomac... Un coup qui manqua de me jeter au sol, de me faire rendre le dîner que je ne me souvenais pas avoir avalé... L'alcool... L'alcool rendait les gens laids et stupides, quoi qu'on en dise... Il n'y avait que les avinés pour oser croire le contraire... Et pourtant il semblait beau, mon Lié... Mon second Lié... Cette épave qui venait de m'insulter alors que j'avais été sur le point de lui tendre la main... J'avais baissé les yeux, figé sur place, mes bras resserrés autour de mon corps trop fin et ses mots brûlant presque mon épiderme. Je n'en voulais pas... Je ne voulais pas de lui dans ma vie... J'avais Klaus et je n'avais besoin que de lui... Les larmes aux yeux, j'avais hoché légèrement la tête avant de reprendre ma marche, de le dépasser... Sans un mot... J'allais simplement partir, oublier cette rencontre... Oublier... Oublier...

Mais, un nouveau renvoi le secoua et me stoppa dans mon élan... Je ne pouvais pas... Je ne pouvais pas le laisser là... Il faisait une cible bien trop facile et devait être bien trop seul... On ne buvait à ce point qu'en soirée avec des amis ou lorsqu'on était au bout du rouleau et qu'on ne savait plus vers qui se tourner, n'est ce pas... ? Et, à première vue, il ne semblait pas sur le point de retrouver des potes pour un « after »... Quoique... C'était peut-être encore un « before » à New-York... ? Je ne sortais pas assez pour le savoir... Un soupire tremblant m'échappa et je ravalai tant la bile que j'avais dans la gorge que les larmes que j'avais été sur le point de verser... Je ne pouvais pas... Il fallait que je lui laisse une chance... Une chance de quoi ? Là était la question... Mais je n'aurais plus pu me regarder dans la glace si je n'avais rien dit, rien fait... Un demi tour... Un pas... Deux pas... Je relevai la tête, plantai mes yeux de jade embués dans son regard d'automne courroucé... Une seconde passa, deux peut-être... Une larme sur ma joue, un sourire triste...

"Viens chez moi, je peux pas te laisser seul dans cet état..."


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Âdinath Shah
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Mar 28 Aoû - 15:27

Vomir pour aller mieux, oui. Cela avait l’effet escompté. Tellement qu’il réalisait très bien ce qui se passait.

Et ce qui était sorti de sa bouche nom de Dieu.
Dégage de là, j’ai pas besoin de toi petite pute bridée !
Il avait réellement osé dire cela ? Qu’est-ce qui lui avait pris bon sang ?
Ce qui était encore plus étonnant, ce fut la non réponse à son insulte. Cette riposte par le silence qui le fit se sentir encore plus misérable alors qu’une seconde vague de malaise le forcer à se recourber une nouvelle fois pour essayer de vider son estomac pourtant peu rempli, si ce n’est de liquide.
Âdinath n’était pas fier de ce genre d’exploit, parce qu’il était en proie à toujours se demander si il y aurait une limite un jour. S’il finirait par se lasser, ou si au contraire, il continuerait immanquablement ainsi, sans jamais cesser de se faire de mal encore et encore. Y avait-il une limite à sa folie ? à son autodestruction ? Est-ce qu’il ne méritait pas un break ? Maintenant que les nuages semblaient s’effacer un peu ? Le ciel n’était pas encore bleu certes, mais il voyait le bout de sa galère et pourtant… Pourtant même une bonne nouvelle l’amenait à retomber dans ses vieux démons. Il se félicitait de ne pas avoir sombrer trop bas ce soir… Mais il en était déjà au point d’insulter les passants souhaitant juste probablement l’aider.
Moyennement glorieux.

« Viens chez moi, je peux pas te laisser seul dans cet état.. » Attendez… Pourquoi cela sonnait familier dans ses oreilles malgré… Malgré eh bien, l’évidence de cohérence avec la situation cela va sans dire. Il était accoudé contre son bras –le bras- quand il se rendit compte de l’évidence même.
Âdinath avait toujours accordé une importance cruciale à cette histoire de lien. Pendant une période, il l’avait reniée en bloc et puis il avait fini par tout simplement se raccrocher à cela avec la ferme intention que cela le sortirait de ses problèmes. Il ne l’avait pas rencontré… Et puis vu la phrase qu’il se payait auparavant, peut-être à t’il bien fait… Cependant, lorsque les phrases avaient disparues -quand il avait compris que ce n’était pas que lui- et qu’une nouvelle marque avait pris possession de son bras, quelque chose s’était brisé. Ses derniers zestes d’espoir peut-être… Son envie, son impatience… Âdi n’attendait plus grand-chose de cela. Il n’attendait même pas de rencontrer cette nouvelle personne.
Il ne s’attendait pas à l’insulter non plus. « C’est pas vrai… » Oui ça allait mieux. Mais pendant un instant, le danseur songea réellement à retourner se murger la gueule.

Qui était cette sainte personne qui était revenu l’aider après une telle approche ? « Je suis désolé. » Ça lui fera une belle jambe dis donc… Des évidences comme ça, il peut bien se les garder.
A deux doigts de s’asseoir dans son propre vomi, il repère un banc à moins d’un mètre et se permet de se poser dessus avec l’élégance d’un éléphant tuberculeux. Elle est belle la grâce du danseur… « Je suis une personne immonde… Et j’habite très loin… Vraiment je ne vaux pas le coup que tu… Tu t’embêtes… Même si… Eh… » Il lève son avant-bras avec un sourire fatigué. « On fait de sacrée rencontre en sortant des bars… » Il soupire en prenant sa tête dans ses mains. Il est pire que fatigué, il les las de lui-même.

Il sait bien que c’est le destin tout ça… Mais il n’arrive toujours pas à comprendre comment cette phrase a pu sortir de sa bouche. Comment il a pu assembler ses mots pour en faire un ordre qu’il a aboyé sans préambule à un inconnu… Ou une inconnue… Même s’il se trouvait plus près de lui actuellement, Âdi n’arrivait pas vraiment à se fixer. Ses traits étaient très délicats et son apparence fine, mais…
Etait-ce vraiment le moment de débattre du genre ? Non, certainement pas. « Je ne sais pas ce qui m’a pris. Je veux dire je ne suis pas… Je n’ai pas… Je ne suis pas aussi méchant. Ou raciste ou quoi que ce soit. J’évite les emmerdes, j’en cherche pas. Et j’ai osé te dire… » Osant bouger son corps pour se retrouver face à son interlocuteur du soir, d’un air très sérieux et obstiné. « Frappe moi. Sincèrement, je pense que je me sentirais mieux si tu frappes. »

L’alcool fait des ravages aux neurones. Définitivement.

Il se serait battu pour se genre d’insulte lui. Comment réagir autrement ? Et puis en étant tout à fait honnête avec lui-même, il méritait des coups pour beaucoup d’autres actions stupides alors…
Dans quel bordel était-il encore fourré ? A rencontrer cette âme liée sur le bord de la route et… Pouvaient-ils vraiment être sûr qu’ils étaient âme sœur ? Ces phrases n’étaient là que depuis très peu de temps et avant ça, elles avaient disparu alors… Quelles étaient les chances qu’elles restent ? Ou qu’elles changent de nouveau ? Ou…
Est-ce qu’il ne récupérerait jamais son ancienne phrase ? Ou pire, est-ce qu’il la retrouverait un jour ? Pour quelqu’un d’autre ? Et alors que deviendra cet individu en face de lui à ce moment-là ?
Peut-être a-t-il déjà une âme liée ? Peut-être qu’il est en train de voler la place de quelqu’un ?

C’est d’un tragique…

Il devait se concentrer sur les priorités de bases. Rentrer chez lui. Oublier ce moment de gênance absolue. Se brosser les dents. Et éventuellement repenser à tout ça demain matin. Sauf que le Queens, c’est pas la porte à côté. Et qu’à l’heure actuelle, il est tout bon à rester assis alors de là à trotter des kilomètres, la limite n’était pas atteinte pour un sou. « Je vais t’avouer un truc… J’habite dans le Queens. Je me suis bourré la gueule ici pour éviter de décevoir ma sœur. Et pour une bonne nouvelle en plus ! Juste parce que je me chie dessus comme jamais. Et maintenant je t’ai rencontré toi et j’ai même failli ne pas m’en rendre compte tellement je ne m’habitue pas à cette nouvelle phrase et… Encore une fois je suis désolée, parce que c’était cruel et insultant ce que j’ai dit… Même si eh bien, c’est Dieu ou le destin je sais pas mais… pardon quand même… Et là… Je suis même pas sûr de pouvoir marcher droit. Alors je m’excuse si je continue à faire de la merde ce soir, je te jure de me rattraper plus tard parce que je crois… J’te jure que je crois que je peux… J’peux être quelqu’un de bien et… » Attendez une seconde…

Il se met à chialer maintenant ?

Si Âdinath était un narrateur extérieur, il aurait posé sa clope, quitté la scène et vomit sur l’auteur. C’était tout bonnement scandaleux qu’il se mette à pleurer maintenant après avoir insulter une pauvre personne innocente qui était maintenant coincée à l’écouter déblatérée comme une pauvre âme en peine. Il avait fait marche arrière de toute évidence… Demain serait un meilleur jour, il en était sûr. Mais là… Là, il se serait jeté du pont de Brooklyn pour le pathos qu’il servait gratuitement en pleine rue. Heureusement que le public se faisait rare…




   
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Mer 29 Aoû - 14:22
Je sentis l'angle de mes lèvres se redresser un tout petit peu plus, comme par réflexe, l'espace d'une demi seconde. Si... Si, c'était vrai... On m'avait certes sorti pas mal de saloperies dans ma vie, mais jamais exactement les mots actuellement posés sur ma peau... Alors quelles étaient les chances qu'il me les crache au visage par hasard et que ma réponse le prenne ensuite à ce point au dépourvus ? Ma spécialité, c'était la biologie et non les mathématiques... Mais j'étais presque certain que les statistiques étaient en notre « faveur »... Mouai... C'était pourtant bien mal parti... Au moins, le fait d'avoir rendu les trois quarts de ses libations et de m'avoir rencontré semblait l'avoir légèrement dégrisé... Assez, au moins, pour le pousser à s'excuser. C'était déjà pas mal... Faute avouée est à moitié pardonnée et mieux vaut demander pardon que la permission ? Non... C'était pas vraiment ça... J'avais l'esprit embrouillé... Mais... Enfin... Il avait l'air plus paumé que méchant et je le surveillai du coin de l’œil lorsqu'il alla s’effondrer sur un banc qui se trouvait très opportunément suffisamment près pour qu'il ne se gaufre pas en cours de route.

J'aurais voulu pouvoir rester indifférent, mais... Mais les quelques mots qu'il lâcha ensuite me percèrent davantage le cœur que ses insultes. Une personne immonde et qui n'en vaut pas le coup... Ça... Ça, je l'avais déjà entendu... Dirigé contre moi... Qui avait bien pu lui enfoncer cette idée dans le crâne ? Avec ce genre de pensée, d'avis sur sa personne, comment pouvait-il avancer dans une autre direction que celle du bar le plus proche... ? Ou le plus éloigné ? Comment pouvait-il seulement vouloir avancer ? J'en avais connu des étudiants dans ce goût là, qui s'autodétruisaient par l'autoflagellation et se persuadaient qu'ils n'arriveraient jamais à rien... Qu'ils n'étaient bon à rien... Ne servaient à rien ni à personne... C'est si facile de perdre toute estime de soi... Tellement dur de se reconstruire un semblant de confiance... Non... Je ne pouvais définitivement pas le laisser ici... Pas dans cet état... Je ne regrettais pas mes mots...

Le visage coincé entre ses mains, je ne compris qu'un mot sur deux de ce qu'il tenta de dire ensuite, suffisamment tout de même pour raccrocher les wagons ensemble. Immonde, donc... Mais ni méchant ni raciste... Ça m'aurait étonné, en même temps, lui même semblant d'origines joliment mixées malgré son teint brouillé par la boisson et ses yeux rougis. Juste l'inspiration du moment, fallait-il croire... Il se redressa, pas franchement très droit sur ses jambes, et je restai planté face à lui sans faire un pas en arrière. Ok, il me dépassait de quelques centimètres... Mais j'étais plus que certain de pouvoir l'étaler en deux secondes s'il tentait de lever la main sur moi, étant donné son état...

Pardon... ? Que JE le frappe pour qu'IL se sente mieux ? Je sentis mon expression se durcir... Il se foutait de ma gueule ou quoi ? Est-ce qu'il s'était posé une seule seconde la question de savoir si « moi » je me sentirais mieux ? Est-ce qu'il avait vraiment l'impression qu'on pouvait remettre les compteurs à zéro avec les poings ? Crétin... Pour la peine, j'aurais apprécié d'avoir un tout petit peu plus de Klaus en moi... Son tempérament à la fois plus froid et plus sanguin... J'aurais pu ou bien m'en foutre royalement, ou bien lui péter le nez sans me sentir trop coupable.

Mais cette envie de l'envoyer bouler disparue aussi rapidement qu'elle était arrivée alors qu'il me traçait les grandes lignes de ce qui l'avait mené à... A « ça »... Le Queens ? Effectivement, ça faisait une trotte... Et encore, ça dépendait d'à quel endroit du quartier il habitait... Sa sœur ? J'imaginais que ça ne devait pas être facile de voir un proche dans cet état de délabrement... De ne pas, ou plus, savoir quoi faire pour lui venir en aide... Car, honnêtement... Qui se mettait dans ce genre d'état pour des nouvelles « positives » ? Ah... La peur... Je hochai légèrement la tête, comprenant mieux... Oui... Réussir pouvait faire peur... Et plus les enjeux étaient élevés, plus la crainte de se planter devenait prégnante... Je le laissai terminer son plaidoyer, promettre qu'il pouvait faire mieux... Je vis les larmes couler sur son visage d'épices si différent du mien... Si différent de celui de Klaus... Je me mordis la lèvre, soupirai... Finalement, je lâchai d'un ton presque bougon...

« Tu es donc une personne immonde et qui n'en vaut pas le coup... Tu as oublié de préciser que tu as une haleine de poney, et encore... C'est vache pour la gente équine... Je cherchai son regard, attendis d'avoir son attention... C'est bon, je peux en placer une ? Tu as terminé ? Un balancement de tête, de droite à gauche... Tu veux que je te frappe... Mais est-ce que tu t'es arrêté pour te demander si moi ça m'aiderait vraiment à me sentir mieux ? Si c'est pour te soulager toi, en quoi ça pourrait m’apaiser moi ? Les coups, c'est bon pour ceux qui ne savent pas utiliser les mots... Tu t'es excusé, ça me suffit... »

Il me semblait important de mettre les choses à plat... S'il était bien mon Lié, si tout cela avait du sens, alors nous risquions de nous voir souvent, n'est ce pas ? Je ne voulais pas commencer cette étrange et inattendue relation sur ce genre de propos. Je ne pouvais pas laisser passer ça... Et, professeur ou non, je n'avais pas l'intention de me répéter... Mais... Mais il y avait toujours ces larmes sur son visage... Il était tellement franc dans ses émotions... Peut-être en ajoutait-il une couche, sûrement même... Mais... Mais la blessure était là... Devant mes yeux... Et, sans que je cherche à réfléchir, ma main se posa sur sa joue humide... Pas un coup, une caresse... Une question... Est-ce que ça peut t'aider ? Car voir ce morceau de moi aussi en miettes me brisait le cœur... Il ne repoussa pas ma main, aussi je m'approchai de lui pour l'inviter à appuyer sa tête contre mon abdomen, entourant ses épaules solides d'un bras tandis que l'autre venait se glisser à la base de sa nuque pour la masser doucement. Il n'y avait absolument rien de séducteur dans mon geste... C'était juste... Juste de l’instinct... ? La fibre maternelle ? Paternelle ? Je le berçai un moment sans rien dire, le laissant pleurer s'il le souhaitait, sans même trouver la situation étrange... Peut-être que j'étais censé me trouver là ce soir là, pour le repêcher... Peut-être était-il censé être dans cet état ce soir là, pour me redonner une place quelque part... Au bout d'un moment, je repris...

« Je te crois... On ne peut pas toujours être au mieux de sa forme et je te crois quand tu dis que tu peux faire mieux... Alors maintenant, il va falloir que tu te lèves et que tu me prouves que j'ai raison de croire en toi... Parce que, tu sais, je crois aussi aux Fées et aux Licornes mais j'en ai encore jamais vu... Alors si tu pouvais te débrouiller pour me démontrer que j'ai raison de croire aux miracles, je t'en serais très reconnaissant... »

Je l'incitai à relever le visage vers moi... Il semblait tellement fragile, assis sur son bout de banc... Mais il y avait de la force au fond de son regard... Très loin... L'esquisse d'une étincelle... Un nouveau sourire, hésitant, étira mes lèvres...

« J'habite à deux pas. Ma chambre d'ami sera plus confortable que ton banc ou le trottoir et tu pourras même te doucher et manger un peu... Promis, je ne te retiendrai pas quand tu voudras partir à condition que tu sois sobre... »

Je le relâchai, m'éloignai d'un pas... Ma main se tendit vers lui, celle dont le bras portait ses mots sentences...

« Je m'appelle Serendipity... »


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Âdinath Shah
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Jeu 30 Aoû - 0:35

Tout cela était si irréaliste. Toute cette soirée, toute cette situation, toute sa situation. Quand Âdi regardait ne serait-ce que quelques années en arrière, il n’aurait jamais -au grand jamais- cru en arriver là, ce soir. A parler à un inconnu assez humaniste pour prendre le temps de l’écouter pleurer sur son triste sort… Cette personne devait être la réincarnation de Gandhi. Prendre du temps pour lui, surtout à ce stade de la soirée et dans l’état où il lui était apparu… C’était clairement proche du miracle.
Il avait beau croire que le monde entier était rempli de connard, il suffit d’une nuit, torché, pour que l’univers tente encore de lui faire comprendre qu’il a tort. Est-ce qu’à un moment donné il allait prendre la perche qu’on lui lançait ? Est-ce qu’après avoir rencontré plusieurs saints, il allait enfin s’autoriser à guérir complètement ? Parce qu’en vérité, Âdinath était fatigué. Fatigué d’être fragile et dépressif et lourd et barbant. Il était tellement à l’image de tout ce qui le répugnait dans la vie qu’il s’agissait presque d’un exploit. Réussir à devenir ce que l’on déteste en quelques étapes… Peut-être devrait-il écrire un livre ?
Mais pourquoi malgré toutes ces belles réalisations, pourquoi il n’avait pas le vrai déclic ? Il en avait eu, certes. Cela faisait des semaines qu’il n’avait pas pris de substances illicites, autres que quelques joints les jours les plus difficiles. Et jusqu’à aujourd’hui, son taux d’alcool avait été considérablement bas. Mais si de simples événements parvenaient à l’amener là… Sans compter son humeur. Son mental.
Quand est-ce qu’il récupérerait son âme ?
C’était bien beau de retrouver une santé, un corps plus sain… De se nourrir normalement de nouveau et de reprendre le sport… Si la tête ne suivait pas…. Tout cela serait vain… Alors, sincèrement, quand cela allait-il finir ?

Certainement pas tout de suite. Demain, peut-être ? Dans une semaine ? Dans dix ans ? Personne n’avait ce genre de réponse… Il ne pouvait que tenter d’avancer n’est-ce pas ? Tenter de faire les bons choix, tenter de trouver les bons chemins jusqu’à ce que la confiance revienne. L’envie de vivre, de rire, de plaire, d’aimer aussi surement. Depuis quand n’avait-il pas serrer quelqu’un dans ses bras ? Autre que Ani… Et encore, cette dernière faisait partie du passé depuis plusieurs mois maintenant… Alors ?

« T’as oublié narcissique et égocentré dans la liste… » L’haleine de poney l’avait fait doucement rire en vérité. Un rire un peu sardonique mais sincère. Il avait toujours préféré qu’on le remette en place, pas qu’on le prenne en pitié. C’est surement ce qui avait marché avec Glenn aussi. Le métis n’était pas du genre frappe avant de parler/la douleur forge le caractère mais il n’aimait pas y aller avec le dos de la cuillère. Alors il préférait toujours quelqu’un de franc mais de bienveillant plutôt qu’un hypocrite mielleux. « Je parle pas tant que… » Croisant le regard de son interlocuteur -Âdinath avait choisi il par facilité à vrai dire (il était définitivement très bourré pour se poser ce genre de question)- il se dit qu’il vaudrait mieux qu’il se taise avant de dire un gros mensonge éhonté.
D’autant plus que c’était très vrai. C’était pour se sentir bien et non pas soulagé la pression d’en face qu’il souhaitait avoir mal. Pour s’autopunir d’un geste qu’il regrettait amèrement. Est-ce que cela rendait l’action désintéressée ? Hélas, en aucun cas. « Je suis pas sûr que ça suffise des excuses mais… Ok, on fait à ta façon. » Qui espérait-il convaincre à cette heure-là de toute façon ? Personne.

« Tu sais c’est… » Le danseur sentit avant qu’il ne vît la main sur sa joue. Cette caresse réellement innocente à laquelle il ne s’attendait absolument pas. Cela eut le mérite de lui couper la chique et de tétaniser partiellement son organisme. Et de rappeler à son cerveau que ses joues étaient encore humides et que le ciel était pourtant bien dégagé…C’était… étrange. De se laisser faire. Le mouvement n’était pas désagréable au contraire, c’était réconfortant. Et Âdi était quelqu’un ayant un besoin viscéral de réconfort et de tendresse. Mais de là à faire cela sur un banc public avec le premier individu croisé dans la rue…
Il semblerait qu’il le faisait pourtant.
L’idée de repousser la proposition l’avait tenté mais après tout… Aurait-il l’occasion de gagner ce genre de sensations plus tard ? Quelqu’un serait aussi capable de l’approcher d’aussi près ? Ne serait-ce que de le vouloir ? Car il n’était pas stupide. C’était peut-être ça le pire dans toute cette histoire, il ne donnait plus envie. Dans la vie, dans la danse… Ce qu’il avait perdu c’était ça. Le charisme, l’étincelle qui attirait l’œil, qui captivait les sens, qui donnait envie aux autres d’en connaître plus sur lui. D’en apprendre d’avantage…
Ce fut assez naturel de se laisser bercer, manipuler, se retrouver pratiquement coucher sur ce corps étranger mais pas désagréable. Le sentiment d’être protéger alors qu’il n’en était rien. Mais ne serait-ce que s’en persuader faisait déjà du bien. Du baume au cœur, un pansement à l’âme. C’était celle-ci de blessure qu’il devait refermer au plus vite. Le reste en découdrait naturellement…

Allez Âdi, on t’offre une chance, ne la gâche pas. « Pour les licornes, je peux rien promettre mais… » Oui, blaguer était facile. Se cacher derrière le sarcasme était toujours un moyen efficace de sortir la tête haute. Mais est-ce que c’était réellement bénéfique ? « Merci. » C’était murmuré, et l’on sentait le changement perceptible dans sa voix. La trahison de la véracité et de la vulnérabilité derrière ce simple mot qui était pourtant si important. Si crucial dans une existence.
Il allait falloir faire confiance aux autres s’il voulait retrouver confiance en lui-même.
Il n’y arriverait pas seul. Il fallait qu’il accepte cette idée, qu’il cautionne cela au plus vite avant de tomber tellement bas qu’il n’aurait même plus l’envie de remonter. Et cela commençait peut-être par accepter l’hospitalité de son… Âme lié ? A quel moment cette informations avait-elle perdue de son caractère d’urgence ? « J’arrive pas à croire que j’ai rencontré mon âme lié en vomissant. C’est la pire situation imaginable. » Non, il y avait surement pire mais il n’avait pas envie de réfléchir au sujet.

« Ok, je… Je veux bien aller jusqu’à chez toi… Enfin, si ça ne te dérange pas… Mais vu que tu le proposes, j’imagine que ça va… Donc… Ouai. Faisons ça. » Il ne put s’empêcher de jeter un regard sur le bras tendu, où il pouvait lire les lettres inscrites, les lettres maudites. Sérieusement, il en regretterait sa première phrase si quelque chose de pareil avait été inscrit sur sa peau.

Maintenant qu’il était de nouveau assis, le monde semblait tourner un peu plus lentement et ce n’était pas désagréable…« Je m'appelle Serendipity... » Plait-il ? C’était joli, mais c’était un peu complexe, surtout à l’heure actuelle… « Je trouve ça superbe mais ça te dérange si je t’appelle Se…ren ? Serentip…Serenpit… Toi ? Non parce que je vais massacrer ton prénom là. » Et cela ne l’empêcha pas d’attraper le bras tendu -la nouvelle perche- jusqu’à s’accrocher à son épaule alors que la station verticale semblait accélérer légèrement le processus de rotation tout de même… « Moi c’est Âdinath. Mais tu peux m’appeler Âdi. Les gens que j’aime bien m’appelle Âdi. »
Ouai. Lui, il l’aimait bien.




   
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Serendipity Mountbatten
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Mer 5 Sep - 15:07
Une brève douleur, aiguë, juste entre les côtes... Rencontrer son « Âme Liée »... Un regard d'acier, étonné, qui disparaît avec le métro qui quitte le quai... Je tâchai de garder une expression neutre, de fixer sur mes traits le sourire que ses brefs remerciements y avaient fait naître, mais... Mais qu'étaient réellement censées représenter ces nouvelles inscriptions sur nos bras ? Et si j'étais le Lié de cet homme, alors... Qu'advenait-il de Klaus... ? C'était viscéral, une évidence dépassant la réflexion. Je refusais de renoncer à l'Allemand...J'en étais tout simplement incapable... Il avait été un morceau de moi toute ma vie durant, avant même que nous ne nous croisions, et ma réaction aux nouveaux mots dans ma chair avait été claire et nette... « Je ne veux personne d'autre... Personne d'autre... ». Et, pourtant, j'étais là ce soir là. Incapable de fermer les yeux face à la détresse et au doute que je découvrais dans le regard et la voix de cet inconnu. Est-ce que je trahissais l'un en voulant aider l'autre ? Est-ce qu'il s'agissait d'un choix à faire auquel il n'y avait pas de bonne réponse ? Klaus... Depuis notre première véritable conversation, j'avais l'impression douloureuse d'avoir mille fois plus besoin de lui que lui de moi... Qu'il ne me faisait de la place à ses côtés que par « curiosité »... Que je ne lui manquerais sûrement pas tant que cela... A nouveau cette douleur... Je secouai légèrement la tête, aidai « Âdinath » à tenir sur ses jambes maintenant qu'il semblait avoir accepté de me suivre. Lui, il semblait avoir besoin de moi... Au moins pour quelques heures... Un nouveau sourire pour cacher la peur...

« Seren, c'est parfait... Tu peux m’appeler Doc, sinon... Ou Rainbow Dash... Ou à peu près comme tu veux, en fait... Ou même ne pas m’appeler du tout tant que ça tourne trop là haut histoire de pouvoir te concentrer pour mettre un pied devant l'autre... Je suis plus costaud que j'en ai l'air, mais j'aurais toutes les peines du monde à te porter... »

Un pied devant l'autre... Plus facile à dire qu'à faire... Et même si mon appartement donnait en partie sur Central Park, que nous longions actuellement, le rectangle vert de Manhattan faisait tout de même pas loin de quatre kilomètres de longueur sur huit cent mètres de largeur... (Pour ceux qui n'ont pas fait math sup, math spé... Ça fait pas loin de trois kilomètres carrés et demi... Oui Madame!). J'évitai de le mentionner, pour ne pas le décourager, et nous fîmes ainsi un certain nombre de « pauses galettes » en cours de route en plus de quelques arrêts pour lui permettre de retrouver un horizon plus ou moins stable et rectiligne. De fait, j'étais épuisé en arrivant devant chez moi et envisageai déjà à me faire porter pâle pour le lendemain... Pas certain d'avoir le courage de me lever...

Le portier, toujours fidèle au poste, me salua en passant mais adressa un regard suspicieux à mon « paquet ». J'essayai de le voir à travers ses yeux et... Hum... Effectivement, ce n'était pas fameux... Le métis sentait l'alcool à plein nez, ainsi que d'autres fluides encore moins ragoutant... Et, si ses vêtements paraissaient de bonne qualité, il semblait presque aussi brisé qu'un SDF à la rue depuis beaucoup trop longtemps. Je ne savais absolument rien de lui, sinon qu'il habitait le Queens et avait une sœur, et je l'invitais chez moi sans m’inquiéter une seule seconde qu'il puisse... Quoi ? M'agresser ? Me voler ? Il n'était pas en état de lever la main sur moi... Et, s'il décidait de faire un casse, et bien... Je n'avais rien d'irremplaçable... Ou, plutôt, ce qui était irremplaçable n'avait pas la moindre valeur marchande... Un haussement d'épaule et je l'aidai à traverser le hall pour entrer dans l'ascenseur... Je n'avais pas vraiment cherché à lui faire la conversation sur la route et préférais attendre que nous soyons posés pour entamer un quelconque échange. Posés et nourris... Et lavés... De préférence...

De longues secondes, le temps d'atteindre mon étage, puis la boîte de métal s'ouvrit enfin sur un couloir desservant plusieurs portes très éloignées les unes des autres. C'était un immeuble de haut standing et les appartements y étaient vastes... « Courage, tu y es presque... ! ». Encore quelques pas, puis je le lâchai pour sortir mes clés de ma sacoche et ouvrir la porte qui me séparait encore de mon havre de « paix ». Aussitôt, mon chat se précipita dans mes jambes pour me saluer – et tenter de sortir sur le palier – et je le laissai filer plutôt que de risquer qu'il fasse trébucher le jeune homme. Les portes étaient toutes fermées, de toute façon... Je laissai la mienne entrouverte et guidai Âdinath jusqu'au canapé à la seule lueur de la lumière extérieure, – espérant que mes élèves aient encore une fois correctement rangé avant de quitter les lieux - avant de le laisser s'y poser. Revenant dans l'entrée, je lâchai d'une voix fatiguée :

« Attention les yeux, j'allume ! »

Autant éviter de lui coller la migraine avec trop de watts d'un seul coup, on avait tout de même un minimum de compassion dans la famille... Je branchai donc un halogène qui illumina doucement la pièce où deux canapés et trois fauteuils de cuir chocolat se faisaient face autour d'une vaste table basse en bois sur laquelle trônait livres et magazines de sciences en cours de lecture. Des cours à demi rédigés également... Et un devoir, rendu en retard pour changer, qu'un des gremlins m'avait gentiment laissé bien en vue accompagné d'un petit mot « DESOLEEEEEEE ! » et d'une poignée de bonbons... Hum... Du boulot en perspective... Le sol était de béton ciré, sombre, mais un épais tapis crème permettait de travailler à même le sol autour de la table. Le salon donnait directement sur la cuisine et sur un mur... Une absence de mur, plutôt... Du verre... Une vue imprenable sur Manhattan et Central Park qui accueillait très régulièrement mes songeries... J'adressai un demi sourire à mon invité, refermai la porte maintenant que Baccus avait fait son inspection et avait regagné ses quartiers.

« Est-ce que tu veux... Du café ? Du thé ? J'ai de la pizza au frigo, que je peux réchauffer... Ou je peux cuisiner quelque chose rapidement pendant que tu te douches si tu préfères... Attends... Je fis le tour de la pièce des yeux, trouvai ce que je cherchai. Je récupérai le sac de sport dans un coin de l'entrée que je posai sur la table à côté de lui. Un de mes élèves squattent régulièrement ma salle de sport et a toujours un change propre de prêt au cas où. Il doit faire ta taille, peut-être un peu plus épais. Tu te sentiras mieux une fois propre, non ? Mon chat était venu se frotter contre ses jambes et s'apprêtait à sauter sur ses genoux... Eeeet... Voilà, c'était fait... Il allait falloir le caresser maintenant... Et lui, c'est Baccus... S'il t'agace, repose le par terre... Mais il remontera très vite... Tu te fatigueras avant lui alors autant céder tout de suite... »

Maintenant que nous en étions là, je ne savais plus vraiment quoi faire... Ou même quoi dire... Posant enfin ma sacoche sur un fauteuil, je m'assis finalement sur l'accoudoir avant de pencher la tête de côté, étudiant le jeune homme :

« Âdi, donc... Je t'avoue que... Oui... Je m'attendais pas vraiment à te rencontrer... Ni comme ça, ni autrement... C'est déjà suffisamment rare de rencontrer son Lié, alors aussi rapidement après avoir reçu cette seconde phrase... ? Enfin... Je secouai la tête... Honnêtement... Non, j'ai pas apprécié ton entrée en matière... Mais, vu ce que j'avais marqué sur le bras, ça aurait pu être tellement plus moche comme échange... De tous les pires scénarios envisageables, je trouve qu'on s'en sort pas si mal pour un début... Je fronçai les sourcils, lui adressai un sourire amusé. Je parle beaucoup... Désolé, tu dois avoir mal à la tête... Je peux te préparer quelque chose qui te fera finir de rendre ce que tu as dans l'estomac, si tu veux... Ça sera dégueulasse, mais ça t'évitera de finir de détruire ton foie... »


"Look out 'cause here I come! And I'm marching on to the beat I drum!
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Âdinath Shah
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Dim 28 Oct - 11:29

Cela tangue peut-être moins, mais cela tangue toujours… Âdinath se maudit un peu plus chaque seconde en prévoyant avec horreur qu’il risque de réellement regretter ses actes le lendemain matin. Bien sûr, le fait d’avoir régurgiter deux semaines de diner ainsi que la plupart de son volume de boisson l’a aidé à y voir plus clair. Il ne pourra même pas avoir le luxe de ne pas se rappeler cette… étrange soirée demain matin, mais il reste convaincu qu’il va en payer drôlement douloureusement les frais pour autant. Ses pas sont plus stables mais encore clairement uniquement réussis avec brio grâce au soutien de Serendipity. Tiens, c’est étonnant, dans sa tête il parvient à prononcer correctement son prénom ? Peut-être qu’il n’a pas encore griller tous ses neurones alors… Il était parvenu jusque-là à rendre la situation moins pire que prévu, même si sincèrement, l’alcool aidait un peu à relativiser. Aucun doute que demain, il réaliserait vraiment ce qu’il était en train de vivre. Primo, il avait replongé dans ses vieux démons pour une simple montée de stress, et cela faisait donc de lui quelqu’un d’encore plus faible que précédemment constaté. Deuxièmement, il avait rencontré son âme li… La personne portant la nouvelle inscription. Même s’il était évident que le lien n’était pas considéré comme autrement que celui de son ancienne phrase, Âdinath avait un peu de mal à réellement s’y faire. Comme si on lui avait enlever une part de son identité quand sa jolie grossièreté avait quitté son épiderme. Peut-être qu’il se méprenait totalement, et qu’il allait devoir faire avec cette nouvelle phrase, cette nouvelle personne… Peut-être même que c’était la même. Comment pouvait-il savoir ? Vu qu’il ne l’avait jamais rencontré ? Il n’était pas à l’abri que Seren soit la personne sur laquelle il aurait pu tomber quoi qu’il arrive n’est-ce pas ? Hm… Ce goût d’inachevé qu’il n’arrivait pas à faire disparaitre lui soufflait que non… Ou peut-être s’agissait-il de nouveaux relents qui sait ?
Anyway… Et pour finir, il l’avait rencontré d’une façon assez tragique. Cela aurait pu se passer bien plus douloureusement s’il ne s’était pas retrouvé face à quelqu’un d’aussi… Pacifiste, au premier abord, mais quoi qu’il arrive, il allait regretter cette phrase jusqu’à sa mort il en était sûr. Âdi était beaucoup de chose, mais certainement pas assez stupide pour avoir de tel préjugés racistes vis-à-vis de quelqu’un…
Et dire que cette même personne était en train de l’amener chez lui sans pression, l’aidant à marcher droit et l’empêchant clairement d’avoir l’air d’un pauvre crétin incapable de retrouver sa maison.
Ce qu’il aurait été. Soyons-en sûr.

Rainbow Dash… Le métis se contenta de hocher la tête avec concentration semblant avoir du mal à assimiler de nouvelles informations mais étant persuadé qu’elles auraient une utilités le lendemain. En l’occurrence, pas tellement, mais ça, le cerveau du danseur n’était pas vraiment en mesure de l’analyser donc… Le reste du trajet fut à la fois extrêmement long et pourtant très flou dans les souvenirs d’Âdinath. Comme s’il était rester déconnecté de sa conscience pendant tout ce temps. Probablement s’était-il mis en mode automatique afin de focaliser ses fonctions cognitives sur l’action de marcher sans vomir, ou tomber dans son propre vomi, ce qui aurait fait grimper son taux de honte bien au-delà du réel. « Courage, tu y es presque... ! » Il aurait aimé pouvoir lui signifier qu’à ce stade, ce n’était plus vraiment du courage dont il faisait preuve, si tenté qu’il puisse avoir possédé une telle qualité un jour, non il s’agissait plutôt d’accepter la situation avec une certaine preuve d’abnégation.
Il était presque sûr d’être convaincu de la définition du mot.

S’il avait dû rendre compte de l’endroit où il se trouvait, peut-être aurait-il pris un joker. Parce qu’il était évident que l’alcool lui faisait avoir des hallucinations. L’immeuble dans lequel il venait d’entrer était bien trop… Chic, pour accueillir quelqu’un comme lui, c’était impossible. « Dis… Seren… T’es pas dans la mafia ou quoi pour habiter là ? » Ses yeux se perdait sur l’immensité de l’appartement qu’il dévisageait de ses yeux engourdis alors que tout son corps semblait s’enfoncer lentement mais surement dans un canapé décidément trop confortable. Peut-être plus que son propre lit. Son corps bien trop faible pour réellement se soutenir seul maintenait une position relativement verticale seulement parce que son regard restait attiré par les ombres que la lueur du soir éclairait de l’extérieur. Nul doute qu’avec un esprit clair, Âdinath aurait pris doublement plus conscience qu’il était foutrement chanceux ce soir. « Attention les yeux, j'allume ! » Ca, c’est un avertissement que l’indien n’aurait pas pu réellement prendre en compte vu la lenteur du régime que ses neurones effectuaient. Fort heureusement, Seren éclaira la pièce de façon douce et pas tellement difficile pour la rétine.
Vraiment, très très chanceux.

Maintenant qu’il peut pleinement voir -ou du moins plus facilement- dans quel lieu il se trouve, Âdinath comprend ce qui le sépare du monde matériel extérieur. Oh, il n’est jamais mort de faim, merci Ani, mais il comprend mieux la définition du mot « aisé » lorsque son regard se pose sur la décoration intérieure de son partenaire de soirée. Pourtant, Seren n’a pas cet air pincé et hautain qu’ont certains riches, ni même un regard de pitié réel vis-à-vis de lui. Parce que même s’il n’a pas l’air d’un crève-la-faim d’ordinaire, il est bien conscient que l’image qu’il renvoi de lui-même actuellement est loin de celle qu’il aurait aimé projeter dans la vie de tous les jours.

La vue était magnifique. L’immense baie vitrée lui semblait presque imaginer un panorama holographique, mais non, c’était bien sa ville, la ville où il habitait depuis toujours qui était joliment illuminée ce soir. Son esprit faillit se perdre dans cette douce contemplation -et sincèrement, il aurait pu y rester des heures- si la voix douce et sereine de son hôte ne l’avait pas interrompue dans ses brèves réflexions.
C’était beaucoup d’informations d’un coup, et beaucoup de questions à la fois. Il lui fallait traiter chaque mot avec doublement d’attention pour ne pas paraître totalement illettré. Maintenant que l’euphorie était passée, il était en phase clairement descendante de la gueule de bois. Pas encore le pathos dans lequel il se retrouverait à son réveil, mais clairement suffisamment groggy pour prendre plus de temps nécessaire pour répondre à de simples interrogations. « Je préfère rien ingurgiter pour le moment. » La simple évocation de pizza lui faisait doucement refaire connaissance avec ses précédentes nausées. Même pas en rêve. Mais l’évocation de la douche en revanche, ça le branchait beaucoup plus. Il n’était cependant pas très sûr de pouvoir vraiment gérer ne serait-ce qu’un pommeau actuellement. Les vêtements propres aussi d’ailleurs, il n’était pas contre. « Une douche froide serait peut-être un bon moyen de me… » Son idée fut clairement interrompue par l’arrivée inopportune d’un félin sur ses genoux. Et comme il était foutrement incapable de faire -ou même juste de penser- deux choses à la fois en ce moment, c’est avec un petit sourire qu’il gratta l’arrière de l’oreille de l’animal, appréciant le côté familier et social du chat qui avait élu domicile sur ses genoux. « Et lui, c'est Baccus... S'il t'agace, repose le par terre... Mais il remontera très vite... Tu te fatigueras avant lui alors autant céder tout de suite... » Âdi avait toujours aimé les animaux alors… Cela n’était pas vraiment un problème. D’autant plus que les ronronnements animaliers lui apportaient une certaine forme de plénitude qui n’était pas désagréable au vu de tous les évènements qui avaient surgis ce soir.
Il n’avait vraiment pas hâte d’être à demain.

Le silence qui s’étira ne fut pas vraiment gênant pour lui, son attention étant réellement focalisée sur Baccus pendant un temps indéterminé. Ce n’est qu’en relevant le regard vers Seren qu’il se rappela que le chat n’était pas l’élément majeur de ce roman et qu’aussi agréable que puisse être sa présence, il allait devoir partager son attention parce que eh bien, cela ne se faisait pas vraiment d’ignorer la personne qui vous offrait son hospitalité alors que vous l’avez insulté quelques heures auparavant. Quelques heures ? Quelques minutes ? Qui sait… Âdi avait clairement perdu la notion du temps et depuis un paquet d’heure, ça, il pouvait le certifier.

Il voulait briser ce silence, parce qu’il était évident que maintenant qu’il avait mis la phase chat qui ronronne en silencieux, la gêne du silence l’avait atteint lui aussi. Seulement, comme il semblerait que ce soit le cas pour toi ce soir, c’est une nouvelle fois Seren qui pris l’initiative.
Curieusement, Âdi parvint à comprendre tout le discours. Pas gêné le moins du monde de ne pas répondre tout de suite -temps d’analyse supplémentaire ce soir- il comprenait parfaitement son point de vue, étant donné qu’il le partageait en partie. « Tu sais, je crois que personne ne s’y attend jamais vraiment… J’aimerais juste que durant les prochaines minutes, nous n’évoquions plus rien qui ait une vague connexion avec l’estomac où ce qui peut en entrer et en sortir… Oh et t’inquiète pas… Moi aussi je parle beaucoup. » Un sourire timide mais reconnaissant pris place sur son visage alors qu’il passait dorénavant nonchalamment sa main sur la fourrure du chat.

Âdi prit une grande inspiration qui lui rappela aussitôt qu’il sentait le clochard et que ses habits étaient imbibés de l’odeur froide du tabac et de l’alcool. Et cela n’était définitivement pas un bon mélange pour le maintenir dans un état de stabilité digestive. « Je vais peut-être prendre cette option douche au sérieux et… Prendre ces habits. » Il montra le sac d’un geste alors qu’il déposait maladroitement mais sans trop de brusquerie Baccus au sol. « Si tu pouvais me guider vers la salle de bain… » Il essaya une première fois de se relever doucement du canapé, cherchant à éviter les gestes brusques ou malavisés mais au bout de quelques tentatives -surtout mentale en vérité- il finit par prendre son élan avant de s’effondrer sur son camarade du soir. « Oh, désolé… Putin, je suis vraiment le dernier des crétins… » Au moins, il avait atteint la position bipède. Il garda une main stabilisante sur l’avant-bras de l’asiatique avant de redresser son buste. « Ok ok. Ça va le faire. » Il sembla fixer le sol pendant plusieurs secondes mais pour dire vrai, il cherchait un équilibre plus fixe, qu’il trouva par le plus grand miracle de Dieu avant de relever un regard étonnement reconnaissant. « Merci. » Il espérait ne pas avoir besoin de vraiment s’expliquer. Merci de pas m’avoir cogné pour mon attitude de débile. Merci de m’avoir écouté me plaindre complètement bourré. Merci de m’avoir ramené sain et sauf. Merci de m’offrir le gite alors que je ne te connais pas. Merci de te montrer gentil avec une pauvre merde comme moi.
Merci d’être un inconnu en vérité.
Au moins tu ne te rends pas compte que je suis déjà une cause perdue.


L’alcool le rendait anormalement dépressif de toute évidence.






   
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Dim 11 Nov - 17:16
Le silence s'était peu à peu installé dans mon salon, tandis que le jeune homme se concentrait sur le chat qui testait consciencieusement le confort de ses genoux. Songeur, je méditais sur la question qui avait échappé à mon invité lors de son arrivée, tentant de voir mon chez moi à travers ses yeux... A travers les yeux de n'importe quelle personne posant pour la première fois le pied dans mon appartement. La mafia ? Non... Ça aurait été trop simple... La réalité était plus gaie et, de fait, bien moins crédible en particulier si l'on prenait en compte mon physique clairement asiatique. Et, pour être clair, il avait définitivement conscience de mes origines si on s'en référait à ses premiers mots... A son instar, mon regard s'était posé sur la baie vitrée... Sur Manhattan... Sur New York... Sur le monde... Trop de lumière artificielle pour voir les étoiles et ça me manquait... Je n'étais pas « que » ça... Pas que l'obscure héritier putatif d'un grand nom... J'étais... Qu'est-ce que j'étais, en fait ? J'aurais été bien incapable de le dire... La seule chose dont j'avais été certain, l'espace de deux trop courtes semaines avant que nos mots s'effacent, était que j'étais le Lié de Klaus... C'était sur ma peau, dans la sienne... Indélébile... Ou presque... Et maintenant ? Que pouvais-je bien être ? Excellente question... J'étais vide... Tellement vide... Et j'avais conscience que je ne faisais qu'emprunter Adi à son véritable destin. Juste un écueil sur sa route...

Le jeune homme reprit la parole au bout d'un moment et je reposai mes yeux de jade sur lui pour l'écouter, un demi sourire qui n'était ni vraiment triste ni particulièrement heureux posé en travers de mes lèvres. Il votait donc pour l'option douche et vêtements propres. Bon choix ! Je me levai à sa demande pour le guider, reçus la charge d'au moins la moitié de son poids et ancrai mécaniquement mes pieds dans le sol pour pouvoir l'aider à tenir droit. Un crétin ? Non... Juste un pauvre gars trop imbibé et fatigué pour se porter lui même. Je secouai vaguement la tête pour évacuer cette remarque, croisai son regard et m'y engouffrai l'espace d'un instant. Un « merci » tomba de ses lèvres, mais ses yeux utilisaient bien plus de mots et précisaient sa pensée même si j'étais à des années lumières de le connaître suffisamment pour tout comprendre... Pour tout entendre s'il n'utilisait pas ses cordes vocales... Mon sourire s'étira d'une fraction, gagnant peut-être même mes yeux. Je hochai légèrement la tête, lui laissai le temps de trouver son équilibre, puis lui fis traverser le salon pour prendre la porte coulissante située au pied de l'escalier montant à l'étage.

Nous traversâmes ainsi, cahin-caha, la chambre d'ami dont tout un mur donnait également sur la ville. Il fallait espérer que le métis ne souffrait pas de vertige ! Je me penchai pour allumer l'une des lampes de chevet dont la lumière douce illumina la pièce décorée dans les mêmes tonalités que le restant de l'appartement. Béton ciré sombre, camaïeu de crème et de taupe, un peu dans le genre nordique qui restait une valeur sûre en Europe... C'était neutre et chaleureux,... Sans doute un peu trop, même... On sentait que l'assemblage était trop parfait pour ne pas être l’œuvre d'un décorateur... Que je n'étais pas là depuis bien longtemps... Que je n'avais pas encore pris le temps - ou bien eu l'envie - de m'investir dans la personnalisation des lieux. C'était...C'était suffisant pour que je m'y sente bien... Pour que j'ai envie de me rouler en boule dans la bergère, emballé dans l'épais plaid qui la recouvrait, un thé dans une main, un livre dans l'autre, mon chat sur les genoux et le regard plongé sur l'horizon... Juste assez...

« Ça sera ta chambre, ce soir... Cette porte mène sur la salle de bain... »

Quelques pas de plus et je poussai de côté une nouvelle porte pour le faire entrer dans la pièce attenante sans allumer la lumière cette fois-ci. Cette dernière aurait été bien trop crue pour ne pas lui coller une migraine carabinée ! Comment je le savais alors que je ne buvais pas moi même, ou très peu ? Facile... Mes étudiants ne venaient pas chez moi uniquement pour travailler... Parfois, ils venaient cuver et il fallait donc les mettre au lit et gérer les aléas gastriques... Si c'était pas de la dévotion, ça ! J'aidai le jeune homme à s'appuyer au lavabo le temps d'aller chercher la seconde lampe de chevet que je vins brancher dans un coin de la pièce avant de reprendre en indiquant les meubles autour de nous :

« Tu trouveras des serviettes dans les étagères à ta droite et la douche est juste là... Si tu crains de ne pas tenir debout bien longtemps, tu devrais avoir largement la place de t’asseoir dans le bac... Attends... J'ouvris la porte, décrochai le pommeau, le posai sur le mitigeur. Hum... Il n'y a plus de produits... J'allais vers les étagères, puisai dans les réserves... Gel douche, shampoing... Un gant également... Je posai le tout dans le bac sans y ajouter de mousse à raser ni de rasoir... Il risquait de s'égorger en faisant un faux mouvement s'il tentait le coup ! Il devrait y avoir... Oui ! Voilà ! Je sortis une brosse à dents neuve, tout à fait basique, d'un des tiroirs du lavabo et la posai à côté du dentifrice... Relevant le regard sur Adi, je souris doucement avant d'expliquer. Je ne suis pas dans la mafia, promis... Je suis professeur d'université... J'ai l'habitude que mes élèves squattent, donc j'ai toujours de quoi faire sous la main... Et l'habitude de gérer les cuites... Je haussai doucement les épaules... Je te laisse te débrouiller ? Appelle moi si tu as un problème ! Je vais poser les vêtements sur ton lit en attendant. Je m'éloignai de quelques pas avant d'ajouter. Oh et... Tu en feras ce que tu veux, mais ni trop chaude ni trop froide, la douche... Si tu ne veux pas empirer les choses... »

Un dernier sourire presque amusé, je tapotai la porte coulissante et la refermai aux trois quart derrière moi avant de faire un aller-retour dans le salon pour prendre le sac de sport et le poser dans sa chambre. Voilà... C'était fait... B.A. du jour accomplie... Et maintenant ? J'en faisais quoi d'Adi, moi ? Je lui donnais quelle place dans ma vie ? Est-ce qu'il en voudrait seulement une en se levant demain matin... Ou demain après midi, vu son état... ? Pas sûr... Il allait probablement me prendre pour un malade... Car, honnêtement, qui faisait monter des étrangers avinés chez lui sinon un pauvre fou ? Hum... Si j'en parlais à Klaus, il allait probablement me lancer un regard blasé, voir agacé, en mode « Tu n'as aucune notion d'auto préservation »... La tête ballante au bout de mon cou, je rejoignis la cuisine pour me faire un chocolat chaud... Et des crêpes... C'était définitivement une soirée à crêpes, même si le métis ne voulait surtout pas en entendre parler...

Adossé à l’îlot centrale, attendant que la poêle chauffe tout en buvant mon chocolat, j'avais pris mon portable... Ouvert la page des textos... Commencé à en écrire un pour mon Lié...L'avait effacé... Avait recommencé le même manège deux ou trois fois, peut-être plus... Je ne savais plus... Comment l'Allemand le prendrait-il si je lui en parlais ? Est-ce qu'il serait fâché ? Est-ce qu'il se sentirait trahi ? Pire... Est-ce qu'il s'en ficherait totalement ? Est-ce qu'il serait soulagé ? Et... Si je ne lui en parlais pas et qu'il finissait par l'apprendre... ? C'était bien trop compliqué... J'avais besoin d'en parler à quelqu'un pour mettre tout ça au clair... Mais à qui... ? Un miaulement me ramena sur terre...

« T'en penses quoi toi, mon chat ? La grosse bête vient se frotter contre mes jambes et je me baissai pour la caresser et enfouir mon visage dans son pelage chaud. Hum... J’essaierai d'appeler Effie demain... Elle pourra peut-être m'aider à faire le point... »

Un long soupire, j'étais crevé mais je savais déjà que je n'arriverais pas à dormir avant un bon bout de temps... Je secouai la tête, reposai le chat... La poêle était prête... La cuisine, le meilleur des dérivatifs...


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Âdinath Shah
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Sam 8 Déc - 11:04

C’était assez miraculeux que le métis soit tombé sur une personne aussi bienveillante et serviable. Aucun doute qu’il aurait facilement pu finir la nuit dehors, pleurant sur ce banc et sur des genoux beaucoup moins tangibles que ceux qui avaient accueillis ses élucubrations ridicules.
Ridicule.
Âdinath n’était pas stupide et il était bien assez conscient que minimiser la douleur ne la rendait pas moins cuisante, réduire ses problèmes en songeant qu’il y avait pire ailleurs n’aidait pas à aller mieux. Les accepter était déjà un pas en avant, un début de chemin vers la rédemption. Et en y songeant, Âdi allait mieux, déjà. C’était seulement une rechute. Une pathétique rechute dans laquelle il avait plongé en saut de l’ange en espérant que l’atterrissage ne serait pas trop violent. Il avait eu de la chance. Encore une fois. De la chance que quelqu’un ait été présent pour le rattraper.

Tout était encore un peu flou autour de lui, même si l’alcool semblait se diluer peu à peu dans ses artères, il pouvait presque anticiper sa réaction demain lorsqu’il réaliserait pleinement où il était, avec qui, dans quel lieu… Voilà qui rajoutera une nouvelle nuance à sa vie complètement insensée depuis plusieurs mois. Il eut tout de même l’occasion de pouvoir apprécier globalement le confort dans lequel il était installé. Cette chambre était confortable et chaleureuse, lui rappelant cruellement combien il rêverait de s’endormir actuellement. Juste pour tirer un trait sur cet évènement.
Peut-être pas sur toute la soirée.
Mais une bonne partie quand même.

Il observa un peu plus amorphe son hôte préparer la salle de bain avec attention, veillant à préserver ses rétines fragiles et lui fournissant le nécessaire à sa future toilette. Même s’il songeait à la façon désastreuse qui l’avait conduit à le rencontrer, Âdinath sentait une curieuse et inexplicable sensation d’apaisement auprès de lui. Certaines personnes vous font cet effet-là, vous donne confiance dés le premier regard. Cette première impression peut évidemment être trompeuse, malgré ce lien qui semblaient les avoir réunis aujourd’hui, mais contrairement à ses habitudes, l’indien était persuadé que son instinct lui dictait le bon sens. Qu’il pouvait avoir confiance en Seren.
Aussi fou que cela puisse paraître.

Jusqu’alors, il se contentait de répondre par un hochement de tête, acquiesçant aux indications de l’asiatique, lui expliquant le fonctionnement de sa douche… « Je ne suis pas dans la mafia, promis... Je suis professeur d'université... J'ai l'habitude que mes élèves squattent, donc j'ai toujours de quoi faire sous la main... Et l'habitude de gérer les cuites... » Professeur alors ? Il y avait une dichotomie incroyable entre l’allure et la maturité qu’il dégageait. D’une part parce qu’il semblait très jeune et ensuite parce que le métis n’avait aucune idée que le métier de prof pouvait rapporter autant ! Mais le débat n’était pas là pour le moment. Âdi se permit un sourire amusé, bien qu’un peu gagné par la fatigue. « Tu dois être un professeur particulièrement dévoué. » Peut-être qu’il ne l’avait pas dit à voix haute, tellement la lassitude le gagnait mais son regard devait être assez parlant. Il observa son nouveau lié -il préféra mettre de côté la signification de ce lien pour les prochaines heures à venir- sortir de la salle de bain non sans lui indiquer à veiller sur la température de l’eau. Même si l’indien appréciait bien trop les douches brûlantes, il songea qu’écouter le conseil ne serait pas trop surfait étant donné les circonstances.

La bouche pâteuse et le regard embrumé, il se vit tel un automate retirer ses habits un à un, mettant un point d’honneur à n’engager aucuns mouvements brusques, aucuns changements de niveaux précipités, permettant à son estomac de suivre graduellement les mouvements sans avoir envie de rappeler de nouvelles régurgitations. Les poumons pleins d’un air subitement réchauffé, les pupilles dilatées par la fatigue et l’alcool et les deux yeux cernés, Âdinath rentra dans la cabine de douche avec l’intime conviction qu’il allait pouvoir se débarrasser de cette sensation de saleté, dans le sens large du terme. Toujours avec des gestes lents, bien que mal assurés, il alluma l’eau, essayant de viser le pommeau de douche autre part que sur lui-même, étant assez alerte pour imaginer combien la salve de froid pourrait être désagréable à l’heure actuelle et entama de régler l’eau à une tiédeur acceptable pour son épiderme. Ce n’était pas aussi agréable que les douches brûlantes qui accompagnaient ses fins de journée mais cela restait salvateur. La sensation de l’eau coulant sur son visage lui fit un bien fou. Comme si cela réorganiser un peu mieux son esprit mis à mal durant les dernières heures.
Bien qu’il manquât deux ou trois fois de se casser le col du fémur, il réussit à se maintenir debout durant toute l’opération, prenant soin d’effacer le goût désagréable du vomi dans sa bouche, s’y reprenant à trois fois pour ne sentir plus que la fraicheur du dentifrice entre ses lèvres. Il dut rester au moins une bonne demi-heure sous l’eau, parvenant presque à en ressentir un froid inexistant. En éteignant l’eau, il songea que sa vision était plus claire, même si la migraine n’était pas vraiment redescendue, il se sentait tout de même beaucoup mieux, ce qui n’était pas des moindre.

Comme promis, des vêtements l’attendaient sur le lit. Et si la douche avait été périlleuse, ce fut clairement le dressage qui fut le plus contraignant. Heureusement qu’il y avait un lit qui amortit sa chute lorsqu’il enfila la première jambe du pantalon, sinon, il était persuadé qu’il aurait ajouter traumatisme crânien à ses symptômes.
Maintenant qu’il était vêtu décemment et que son regard fixait le plafond, en étoile sur le matelas, Âdinath réalisait plus pleinement ce qui venait de lui arriver. Il avait rencontré son lié… Enfin, était-ce vraiment le bon ? Cette nouvelle phrase sur son bras, pouvait-il la considérer véritablement comme la sienne ? L’impression d’avoir laisser échapper quelque chose ne pouvait cependant pas lui sortir de l’esprit. Et même si son corps crevait d’envie de se laisser sombrer vers l’inconscient, son esprit était maintenant un peu trop alerte pour laisser cela à demain matin.
Il n’avait toujours nullement le désir de manger, mais boire un verre d’eau serait peut-être nécessaire. Déjà que la gueule de bois allait être de taille…

Avec prudence, il se redressa doucement, songeant que ses réflexes de danseurs lui permettaient habilement de garder un équilibre précaire. Le trajet fut plus périlleux toutefois, sans l’aide de son nouveau camarade, mais plus précis étant donné que la douche lui avait tout de même remis quelques idées en place. La porte coulissante qu’ils avaient traversé à l’aller était ouverte et il pouvait maintenant sentir l’odeur de nourriture qui s’échapper dans la pièce. Cela le dégouta beaucoup moins que ce qu’il avait imaginé et cela le rassura sur l’amélioration de son état.
C’était au moins ça de prit.
Il vient s’accouder sur l’ilot central, lui permettant d’être plus à l’aise sur son équilibre encore un peu foireux, mais ne trouva rien dire.
C’était assez perturbant pour un garçon comme lui, qui a toujours su faire preuve de verve, mais à vrai dire, la situation était tout de même assez incongrue. Et méconnue de sa personne. Comment serait-il capable de gérer ça en vérité ? Il n’en avait aucune espèce d’idée.
« Merci. » Il se répétait. « La douche m’a fait du bien. »
C’était plutôt expéditif, mais maintenant que son état physique était moins vaseux, l’absurde de cette soirée lui revenait en plein face.
Ah oui, le verre d’eau.
« Je pourrais avoir de l’eau s’il te plaît ? »




   
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Jeu 27 Déc - 17:21
Un peu d'huile de noix de coco au fond de la poêle, une petite louche de pâte, un crépitement doux à l'oreille tandis que je tâchais de boucher les trous... C'était mécanique et donc presque réconfortant. Pas besoin de se poser de question, de réfléchir... Ces gestes, je les connaissais depuis toujours et j'entendais presque ma mère me prévenir que j'aurais un gage si je ratais mon coup en faisant sauter ma crêpe pour changer le côté de cuisson. Mais je ne ratais plus mon coup depuis bien longtemps comme pouvait en témoigner la petite montagne qui ne cessait de grandir à côté de mes feux. J'en étais à combien ? Au moins une bonne vingtaine et le saladier était encore aux trois quarts plein. Mes étudiants allaient être ravis ! Enfin... Ravis, à condition que j'aille travailler... Peut-être que mon invité allait avoir besoin de plus de temps pour se remettre de sa nuit...

Alors que je me faisais cette réflexion, j'entendis ses pas précautionneux qui traversaient le salon pour me rejoindre et me retournai à demi le temps de le voir s'accouder à l'îlot. Il avait meilleure mine, mais pas de beaucoup... Au moins sentait-il maintenant le propre et non la vinasse entre autres liquides et restes plus ou moins solides. Je hochai la tête en l'entendant me remercier, me doutant bien que la douche avait dû l'aider à reposer les pieds sur terre. Mais... Et maintenant ? Que pouvions nous bien trouver à nous dire, cet étranger et moi ? J'essayai de me souvenir de ce que j'avais bien pu dire à l'Allemand, mais... Non... Cet homme n'était pas Klaus... Leurs regards ne portaient pas les mêmes ombres et ne ils ne souriraient pas pour les mêmes choses... Est-ce qu'Adinath possédait réellement un morceau de moi ? Et, si c'était le cas, quelles étaient les chances que je puisse rencontrer mon... Mon second Lié ? Je ne savais pas comment l'appeler autrement... Les chances...

De l'eau ? Oui, tout de suite ! « Je te donne ça... !  Je baissai légèrement le feu avant d'aller lui chercher un verre dans lequel je fis couler de l'eau après en avoir vérifié sa température par réflexe. Je le posai devant lui avec un demi sourire se voulant encourageant avant de retourner à mes crêpes. Si tu veux autre chose, n'hésite pas... » Il m'avait spécifiquement demandé de ne pas mentionner le fait de manger avant d'aller se laver... Mais il semblait mieux, donc... ? Au cas où, je préférais proposer... Je déposai la crêpe en cours sur ses jumelles avant d'en remettre une à chauffer. Je ne savais vraiment pas quoi lui dire... Pour autant, mes « gènes » de professeur se réveillèrent pour me souffler la suite. Quand un enfant est malade, on prévient ses proches... !

« Tu as dit que tu avais une sœur, toute à l'heure... Tu devrais peut-être l’appeler ou lui envoyer un message pour qu'elle ne s'inquiète pas de ne pas te voir rentrer ? Je haussai les épaules. Enfin... Tu as l'air d'être majeur et vacciné et tu fais probablement ce que tu veux. Mais j'ai cru comprendre qu'elle t'attendait. Je peux te passer mon portable si tu n'as plus de batterie... Je le lui montrai d'un léger signe de main, posé à côté de lui sur l'îlot. C'était loin d'être de la merde, mais le côté « classe » était totalement anéanti par le petit pendentif licorne qui y était attaché. Bah oui... J'aime les licornes, faites moi un procès ! Au bout d'un moment, j’enchaînai. Tu as dit que tu avais reçu une bonne nouvelle ? Je peux savoir ? J'aime bien, les bonnes nouvelles... » Un léger rire m'échappa alors que je secouai la tête. En même temps, qui n'aimait pas les bonnes nouvelles ? Adî, peut-être... Étant donné qu'il avait préféré aller se saouler que d'en faire part à sa famille... Je me demandais bien pourquoi, d'ailleurs. J'ajoutai une nouvelle crêpe sur la pile fumante et en lançai une autre avant de reprendre.

« Tu sais... Tu ne me connais pas et ça ne me regarde sûrement pas, mais... J'ai du mal à comprendre... Normalement, ce genre de chose se fête... Mais j'ai plus l'impression que tu as bu pour oublier que pour célébrer... Je reposai mon regard sur lui l'espace de quelques secondes, pas vraiment pour l'évaluer... Simplement pour comprendre... Une sourire léger... Sans compter que tu vas devoir t’entraîner parce que j'espère bien compter comme une bonne nouvelle de plus ! Quoi que... Je sais que certaines personnes n'aiment pas parler de leurs Liés et préfèrent garder ça pour eux... Je... J'hésitai de nouveau, finis par lâcher avec une expression presque contrite sur le visage... J'ai déjà rencontré mon Lié... Celui de la première phrase, je veux dire... Ça ne veut pas dire que je n'ai pas de place pour toi, c'est juste... C'est compliqué... Un soupire... Enfin... Je suppose que tu n'es pas en état de te lancer dans de grands débats sur le sens à donner à nos nouvelles phrases... Il revient sûrement à chacun de déterminer ce que ça veut ou ne veut pas dire... Un nouveau sourire... Mais que tu sois ou non un autre morceau de mon âme, je suis content de t'avoir rencontré... Ne serait-ce que pour t'éviter de passer la nuit sur un banc public... »


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Âdinath Shah
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Mer 30 Jan - 8:33

C’était assez dingue cette dichotomie entre l’environnement qui entourait le jeune homme et l’endroit où il méritait réellement d’être après les hautes performances qu’il avait exercées durant la quasi-totalité de la soirée. Plus sérieusement, Âdi ne méritait pas toute l’attention que cette nouvelle rencontre lui accordait. Seren semblait faire partie de cette catégorie de personne trop bonne envers autrui. Et définitivement trop empathique pour un gars comme lui.
De toute évidence, le mélodrame n’était pas parti bien loin.

Après avoir récupéré une partie considérable de ses capacités cognitives, le métis semblait avoir les idées plus claires et le corps plus prompt à ne pas s’effondrer tous les trois mètres. Malgré l’odeur beaucoup plus alléchante, il ne préféra pas s’autoriser ne serait-ce qu’à penser ingurgiter quelque chose. Il ne fallait pas tenter le Diable tout de même…
Son verre d’eau en main, il remercia silencieusement son hôte avant de décliner son offre, sentant que le liquide frais et clair était véritablement suffisant à son bien-être actuellement. C’est fou comme Âdi remarquait à chaque fois avec un certain émerveillement que seul l’eau plate était réellement capable de le désaltérer. Il avait beau apprécier un nombre incalculable d’alcools, de liqueurs, de sodas même, l’eau restait définitivement la seule boisson capable de lui offrir une satisfaction tout bonnement vitale. Comme si son corps répondait favorablement à son contact parce qu’il n’y avait définitivement que ces molécules là qui permettaient à ses organes de fonctionner.

Heureusement que son interlocuteur était plus lucide que lui parce qu’il aurait pu rester fasciné sur le fonctionnement du corps humain encore longtemps si Seren n’avait pas relancé la conversation.

Penser à Ani tout de suite n’était pas forcément la meilleure des solutions pour remonter son moral. Même si la situation évoluait… Un petit peu… Depuis sa rencontre avec Glenn, le danseur devait avouer que pas mal de choses avaient changé. Pas seulement professionnellement ou dans son bien-être quotidien, non, Ani aussi changeait un peu… Âdi avait surpris des regards, des amorces de sourires… Il pouvait sentir qu’il était sur une pente ascendante dans sa relation avec sa sœur.
Mais être éloignée d’elle restait tout de même douloureux.
Pourtant, pendant une fraction de secondes, il songea à accepter la proposition et à l’appeler. Ne serait-ce que pour entendre sa voix. Ne serait-ce que pour lui dire qu’il avait eut cette audition, qu’il avait de nouveau une chance… Mais prendre le risque de la décevoir encore ? Il était un peu de mauvaise fois en pensant cela. Ani n’aurait jamais vécu un « échec » comme une déception. Mais c’était lui qui ne voulait pas y faire face. Pas encore. Il la reverrait quand il irait vraiment mieux. Quand il pourrait la regarder dans les yeux et lui dire qu’il pouvait se reprendre définitivement en main. Quand il pourrait redevenir pleinement et entièrement son jumeau.

Sentant que le jeune homme voulait faire preuve de bonne foi en essayant de créer un lien avec lui, il préféra rester silencieux avant de pouvoir répondre autre chose que « laisse-moi, je ne veux pas parler de ça et tu mets les quatre pieds dans le plat ! ». Seren n’y était pour rien s’il avait maladroitement mis l’accent sur tout ce qui n’allait pas dans sa vie actuellement. « Hum… Ouai… Je suis compliqué. » ça, il avait dû le remarquer depuis un bon moment déjà. « Je… Je n’ai pas vraiment un très bon rapport avec ma sœur en ce moment… Avec aucun membre de ma famille en vérité… » Vous savez ce genre de douleurs sourdes que l’on traîne toujours avec soi et avec lesquelles on apprend à vivre ? Eh bien, en disant ces mots, Âdi avait l’impression d’y avoir enfoncé un couteau et dessiner un tableau de Picasso avec. « Bref. Elle serait surement pas ravie d’entendre ma voix à moitié bourré lui raconter tout ça… »

C’était son cerveau détraqué qui avait assimilé « bonne nouvelle » et « danger imminent ». Il n’était pas sûr de devoir révéler combien il était fêlé tout de suite… Même si l’enseignant avait eu un sacré début de spoiler depuis le début de la soirée. « J’ai pas dit que j’étais logique ! T’as bien dû le constater… J’imagine que j’ai juste un peu flipper. On m’a contacté pour une audition, ça faisait… Une éternité qu’on n’avait pas fait appel à moi directement. Juste parce que j’ai dansé sur le perron de mon immeuble un soir… Bref. Ça n’a pas d’importance. » En fait, ça en avait. Mais pas pour le moment actuel. Non, ils avaient beaucoup plus intéressant à échanger.

Comme ça, Seren avait donc déjà un Lié. Cela était… Et bien, pas si étonnant. Des tas de personnes rencontraient leur âme sœur. Mais cela faisait réaliser combien la situation avait pu être dérangeante pour lui. Si Âdi trouvait cela déjà bizarre… Pour l’asiatique, cela devait être plus que perturbant. « Je ne te remercierais jamais assez pour ne pas m’avoir laisser croupir là-bas… Surtout avec ce que je t’ai dit… Je suis vraiment désolé, d’ailleurs. Même si j’imagine que c’était le Destin, jamais je n’ai pensé le quart de ce que j’ai pu dire… » Surement d’ailleurs qu’il ne s’en remettrait jamais. C’était une pensée bien plus honteuse que celle qui lui rappelait avoir pleurnicher sur les genoux d’un inconnu. « Tu sais, j’ai longtemps accordé beaucoup d’importance à ces phrases, et je le fais toujours même si… J’imagine que vu ta nouvelle phrase, tu ne dois pas sauter de joie non plus mais… Mon ancienne phrase me manque. J’ai… J’ai pas l’impression que ce soit moi, ça… » Son regard s’était porté sur son propre avant-bras, laissant son index retracé ses lettres qu’il ne reconnaissait pas. « Ne te méprends pas, je suis content de t’avoir rencontré. Surtout que tu m’as l’air être une personne formidable. Mais j’ai juste…. Juste l’impression d’avoir loupé quelque chose. »

Ou quelqu’un.

« Parle moi de ce Lié alors. Tu as dit mon lié, c’est donc un homme. » Secrètement, au vu de ses préférences sexuelles, Âdi s’était toujours imaginé rencontré un homme. Parce que son côté romantique éperdu voyait son âme sœur comme un tout, et donc comme un amant. Il y avait donc une part de lui-même qui jalousait secrètement Seren. Mais c’était une jalousie sourde, qui ne l’affectait pas tellement. Juste comme un brin de nostalgie face à quelque chose qu’il allait peut-être devoir garder à vie de l’ordre du fantasme adolescent. « Vous vous êtes rencontré comment ? »





   
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Mer 6 Fév - 18:11
Le silence qui me répondit m'apprit que non, il n'envisageait pas de joindre sa sœur dans l'immédiat. Compliqué, hein ? Il fallait croire que j'étais abonné aux Liés qui ne fonctionnaient pas exactement comme le restant de l'espèce humaine. Des rapports alambiqués avec sa famille ? Hum... Quelque chose me soufflait que ça aussi était une sorte de leitmotiv entre mes « partenaires » d'âme. Si j'avais su à quel point à ce moment là, j'aurais presque pu en rire... Ou bien en pleurer... Ou bien comprendre qu'on ne voyait jamais vraiment midi qu'à sa propre porte ? Je secouai la tête, continuant de cuisiner tout en écoutant le jeune homme m'expliquer dans les grandes lignes qu'il avait décroché une audition après... Oh ? Un danseur, donc ? Je ne l'aurais pas deviné, étant donné son manque de grâce depuis que je l'avais rencontré qui devait être du coup entièrement imputable à l'alcool... Mais... Oui, il avait le physique pour, même emballé dans des vêtements un peu trop grands pour lui. Enfin... Je suppose que j'allais devoir encore attendre quelques heures avant qu'il ne commence à faire des grands jetés dans mon salon... Tant mieux, ça me laisserait le temps de planquer tout ce qui était fragile... Genre, le chat et moi ! Je soufflai brièvement :

« Si ça a de l'importance pour toi, c'est important... »

Mais je pouvais comprendre que l'instant ne s'y prêtait pas et n'insistai donc pas. Encore une fois, il s'excusa de ses premiers mots et je levai une main légère pour l'arrêter et me promettre de ne plus évoquer le sujet non plus. Apparemment, c'était le meilleur moyen d'éveiller la culpabilité d'Adînath et ce n'était définitivement pas mon objectif. Un battement de cœur ou deux, puis il reprit pour me parler de ce qu'il pensait de ces phrases sur son bras... Son rapport à la première, puis à la seconde... Une douleur au fond de mon estomac, la sensation d'avoir loupé quelque chose... Et si... ? Et si je ne retrouvais jamais les mots de Klaus ? J'avais légèrement baissé la tête, mon bras gauche serré contre mon torse et le droit autour de mes hanches tandis que mon regard se perdait sur le patchwork lunaire de la crêpe qui cuisait doucement devant moi. Je n'avais rien contre Adî... Absolument rien contre lui... Mais je voulais l'Allemand... Quelque chose en moi, peut-être le bout de son âme que je possédais encore, me le hurlait... J'avais besoin de Klaus... Et si j'en venais à avoir tout autant besoin du métis ? Deux fois plus de chances d'être abandonné... C'était effrayant... Et il voulait que je lui parle de notre rencontre ? Un rire douloureux m'échappa... Soit... Il fallait de toute façon bien que je m’entraîne à parler de l'un à l'autre... Je hochai la tête, vaguement...

« Klaus... »

Juste un prénom, que j'avais appris à prononcer à sa façon plutôt qu'à l'anglaise ou à la française... Une sonorité juste un peu plus heurtée qu'elle ne l'était dans d'autres bouches que la sienne... Klaus... Que pouvais-je bien dire de lui ? Ça aussi c'était « compliqué »... Un mot qui semblait vouloir revenir un peu trop souvent ce soir là... Abandonnant un instant mes feux, j’attrapai mon portable pour fouiller ma galerie... Une seule... Je n'avais qu'une seule photo de lui... Un léger sourire au coin des lèvres, je la présentai au métis tout en sachant qu'il n'était pas du tout reconnaissable...

« Il n'aime pas les photos... Pas du tout... »

J'avais tout juste réussi à le prendre une fois, en marchant deux pas derrière lui alors qu'il fumait sa clope en tâchant de ne pas m'envoyer sa fumée dans le nez. Il s'était retourné, avait levé un bras pour se protéger du soleil... On ne voyait que les contours flous d'un homme derrière cette main encrée et nette tenant une cigarette au premier plan... A peine l'éclat d'un œil d'un bleu presque aussi pâle que celui d'un husky... Une ombre lumineuse derrière le brouillard du tabac... Ça le représentait très bien, en fait... Il n'avait accepté qu'à contre cœur que je la garde, et sûrement uniquement pour ne plus en entendre parler... Comment nous nous étions rencontrés... ?

« Dans le métro... J'étais revenu à mes crêpes, revoyant la scène... Je... Je sais pas... Il avait quelque chose de magnétique et je pouvais pas m'empêcher de le regarder, même s'il était clairement pas de bonne humeur... Un demi sourire, je retournai ma crêpes, frottant machinalement l'archange qui trônait sur ma nuque... Je lui ai évité de tomber sous la pression de la foule et lui ai lâché une phrase random en Allemand car je l'avais entendu parler dans cette langue à un autre passager... Tu sais, le genre de phrase que l'enregistrement automatique débite dans toutes les langues... « Faites attention à la marche », ou quelque chose comme ça... Je relevai un regard dépité vers mon nouvel ami avant d'ajouter... Et je suis sorti du métro... Avant qu'il ait le temps de répondre, car les portes s'étaient refermées sur lui et que le train était déjà reparti... Un balancement de tête, une crêpe de plus sur la pile... J'avais cette impression d'inachevée sans trop savoir pourquoi... Il a dit être revenu sur ses pas aussi vite que possible, mais... Je n'étais déjà plus là... »

J'avais froid de nouveau... J'étais passé si près de ne jamais savoir ! Tout comme le métis n'aurait jamais su si j'avais décidé de passer mon chemin en recevant ces paroles tout sauf invitantes. J'imaginais bien qu'il devait maintenant se demander comment nous avions bien pu nous retrouver, aussi j'enchaînai...

« Quelques semaines plus tard, j'ai dû remplacer ma cousine lors d'une soirée de charité au MoMA... Et Klaus était là... J'hésitai un moment à dévoiler les raisons de sa présence, mais... Encore une fois, l'Allemand assumait parfaitement son travail et je n'avais pas trouvé de raison de le lui reprocher, alors... Il est escorte... Il vend son temps, et son corps... Cher... Un rire léger... Il peut définitivement se le permettre... Je jetai un bref regard à mon invité comme pour le défier de trouver quoi que ce soit à y redire... Il reconstruit un théâtre avec l'argent qu'il gagne. Il veut le rouvrir avec un ami à lui... Le bâtiment est magnifique mais délabré... Ils avancent doucement... »

Mon ton s'était sûrement fait un peu lointain car l'Allemand l'était lui même... Lointain... Insaisissable autant que presque douloureusement concret... Ce qu'il s'était passé ensuite ce soir là, les larmes que j'avais versé, les désillusions... Ça n'appartenait qu'à nous, mais... La tête basse, je repris au bout d'un moment...

« Il est venu me trouver... Et nous avons parlé... Ces mots, pour lui, c'était... Sans grande importance... Juste un encrage de plus qu'il n'avait même pas choisi... Perdu dans la masse... Il ne m'attendait clairement pas... Une larme tomba sur ma main et je détournai rapidement le regard pour essuyer mes yeux d'un coup de manche tout en tentant d'en rire et en espérant qu'Adînath ne l'avait pas remarqué... Mais il est venu me trouver, à l'Université, quand les phrases ont disparues... Et... Ça va mieux... On apprend à... A se comprendre, je suppose... Cette fois-ci, un rire m'échappa pour de bon... Amer... Presque dur... Il va falloir que je lui parle de toi... J'ai... J'ai peur qu'il me réponde « tant mieux et bon débarras » avant de tourner les talons... C'est bête, hein ? Mais... »

Mais l'abandon... Cette trouille lancinante avec laquelle j'avais grandi... Et je ne pouvais certainement pas supplier le métis de ne pas me laisser tomber ensuite... Il avait sûrement d'autres problèmes que moi à gérer... Je soufflai un bon coup, caressai Baccus qui avait sauté sur le plan de travail pour voir ce que je faisais... Au bout d'un moment, je demandai d'une voix qui me semblait hurler « S'il te plaît, fais moi penser à autre chose avant que je craque... »...

« Et si... Tu veux bien me parler de toi, un peu ? Parce que là, il est question de toi et de moi et de personne d'autre... C'est pas la peine de chercher à savoir comment ça se passe pour d'autres... C'est différent à chaque fois, de toute façon... »


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Âdinath Shah
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Sam 2 Mar - 15:41

19 juin 2018
L’atmosphère autour des deux hommes était redevenue confortable. Passer la barrière de la gêne, cela semblait simple et même assez naturel de converser avec Seren. Quelque chose chez lui semblait rassurant et sain, c’est tout ce dont avait besoin le métis pour se sentir en sécurité face à un étranger. C’était quand même assez dingue cette histoire d’âme liée. En quelques secondes, un parfait inconnu pouvait se retrouver être la personne de laquelle vous aimeriez être le plus proche, comme par magie. Âdi n’avait rien de fondamental contre le destin mais c’était tout de même troublant, cette espèce d’obligation que l’on ressentait, que l’on soit favorable ou non au port de ces phrases d’ailleurs. Ceux qui les rejetaient en bloc étaient aussi extrémistes que ceux qui confiaient leur vie et leur bon sens à ces dernières. Pour le danseur, il lui semblait qu’il résidait un peu entre les deux. C’était intimement important pour lui, mais sans qu’il ne devienne complètement esclave de ce lien. Il ne voulait pas qu’on lui dicte qui apprécier ou non, qui porter en estime. Bien qu’il lui serait assez facile de s’attacher à Seren. Peut-être pas dans le sens où il l’avait fantasmé lorsqu’il pensait à son âme sœur, mais c’était possible.

Contrairement à lui, le professeur en face de lui avait déjà rencontré sa première âme liée et, de toute évidence, la portait déjà en haute estime. Aussi compliquée que leur relation semble être… Lui demander avait semblé naturel, parce que quel que soit le destin de ces nouvelles inscriptions, il semblait normal et même nécessaire pour Âdi de savoir dans quoi il s’embarquait face à cette nouvelle situation. Il n’était pas question de briser quoi que ce soit avec qui que ce soit. Comme il l’avait expliqué plus tôt, il attachait encore une réelle importance à son ancienne phrase -aussi incroyable que cela puisse paraître au vu de ce que la nature avait choisi comme syntaxe- et d’après ce que lui racontait l’asiatique, il n’était pas le seul. Il resta silencieux durant ce récit, comprenant que les sentiments de son âme liée pour l’allemand semblaient confus mais déjà très présents. Ce Klaus avait l’air bien mystérieux… Mais Âdi pouvait facilement imaginer ce qui maintenait l’attention de son comparse pour lui. Et sans doute que l’inverse était vrai, malgré ce que son interlocuteur pouvait penser. Leur situation était peut-être encore fragile, mais il connaissait assez l’être humain pour savoir ce que désintérêt signifiait. « Ça semble en effet… Compliqué, tout ça. Mais je pense que s’il était si peu attaché à toi, il ne serait pas venu, non ? Il ne t’aurait pas rejoint quand vos phrases ont disparu ? Cela aurait été le moyen le plus efficace pour un bon débarras, tu ne crois pas ? » Du moins, c’est ce qu’il aurait pensé lui. Aussi cynique et froid que cela puisse paraître. « Je pense que vous avez peut-être besoin de temps… Tout les deux… Je ne le connais pas mais j’imagine que tout le monde n’a pas la même vision de ce lien, et que certains ont peut-être plus de réticence à s’attacher à quelqu’un qu’ils n’ont pas vraiment choisi. Mais je le redis, s’il devait partir, il l’aurait déjà fait… De ce que tu m’en décris, il n’a pas l’air d’être quelqu’un de malhonnête. Surtout envers toi, alors… J’imagine qu’il faut juste être patient. » C’était drôle pour lui… Parce qu’il s’était toujours retrouvé dans ce genre de situation où l’on conseillait plein de gens sur des choses qu’on ne connaissait pas vraiment soit même. Peut-être parce que cela lui donnait le recul nécessaire pour affronter une situation délicate ou contradictoire mais… Cela avait toujours paru étrange au métis. Cette capacité à donner des conseils qu’il n’était pas vraiment sûr de pouvoir suivre lui-même.

C’était aussi moins intime, moins gênant. Lorsque la conversation revint sur son cas, il n’était pas sûr de vouloir continuer sur ce terrain. Mais Seren s’était livré assez facilement et sans filtre, peut-être qu’il était aussi temps pour lui de faire preuve du même élan de confiance envers lui. Mais l’histoire d’Âdi était à la fois si tragique et ridicule que l’évoquer à voix haute semblait un effort sur-humain. « Te parler de moi ? » Qu’avait-il vraiment à dire ? Un ricanement ironique lui échappa. Ouai, Seren semblait avoir un penchant pour les mecs bizarres parce qu’il n’était pas non plus au bout de ses peines concernant le cas de son deuxième âme sœur…
L’avantage était que le jeune homme l’avait vu dans un état plutôt déplorable et clairement au pire moment moral de son existence, quelque chose pouvait encore vraiment le choquer à ce stade ? La bienveillance dans son regard était presque dérangeante parce qu’elle semblait tellement sincère qu’elle donnait envie à l’indien de tout déballer sans interruption en espérant ne pas devoir fuir à une heure si tardive -ou matinale, suivant le point de vue- lorsque son hôte se rendrait compte de l’énergumène qu’il avait fait rentrer chez lui. « Je ne sais pas si je suis très intéressant… Jusque-là, je n’ai pas eu une existence sans… fantaisies… Mais cela est plus pathétique qu’autre chose pour être honnête. » Cela résumait plutôt bien l’estime qu’il se portait au quotidien. Il s’était relevé de beaucoup de choses mais ses déboires lui semblaient synonymes de faiblesse… De grosse faiblesse. Dont il avait espéré être excepté pendant longtemps.

Il s’était lourdement trompé.

« Je ne sais pas trop quoi te dire… J’ai 24 ans, je suis danseur, ou du moins, j’essaie de le devenir. J’ai cinq frère et sœur, dont une jumelle, Ani. Elle est la seule avec qui j’ai encore des… Contacts. » C’était un bien grand mot pour définir leur relation tout de même. Mais les autres étant littéralement hors de portée, ou définitivement interdits de communication avec lui, donc cela restait assez juste. Mais ça restait très factuel, très impersonnel comme déclaration. Et quelque chose en lui ne pouvait s’empêcher de trouver ça injuste. Parce que Seren ne méritait certainement pas le même baratin qu’il pouvait servir à n’importe quel clampin qu’il croisait sur son chemin. Bien qu’il ne s’amuse pas tout le temps à faire la causette aux inconnus… Pouvait-il vraiment qualifier Seren d’inconnu ? Là encore, très impersonnel par rapport à leur lien. Pourtant, c’était assez vrai mais… « Si tu croyais être tomber sur difficile avec Klaus, je t’avoue que les morceaux sont encore plus éparpillés dans mon cas. » Il lui manquait même de sacrés bouts selon lui. « J’ai… Je suis tombé en dépression après mon premier contrat. Une histoire un peu sordide avec un chorégraphe… Je vais pas m’étendre là-dessus… » C’était la dernière chose dont il avait envie ce soir. « Bref, j’ai commencé à déconner sévèrement. Drogues douces, puis dures, beaucoup trop d’alcool aussi… J’ai fait une première overdose. » Il déglutit doucement. C’était bizarre d’en parler à voix haute aussi… Facilement, étrangement. Lorsqu’il était interné, il avait bien évidemment déjà formulé tout ça, mais face à un médecin qui le savait déjà, et face à… Eh bien, n’importe qui d’autre, cela n’avait pas du tout le même effet. « Je m’en suis sorti mais, j’étais grillé dans le circuit de la danse et je n’ai pas tardé à choisir un meilleur moyen de planer… Ma sœur m’a retrouvé à temps et j’ai été interné pendant quelques mois. » Plus il avançait dans son récit, plus Âdi prenait conscience de tout ce qu’il avait vécu. De tout ce par quoi il était passé… Perdu dans ses pensées, il n’osait pas croiser le regard de Seren, de peur de prendre ses jambes à son cou. Il fixait un point entre ses mains, posées sur le plan de travail auquel il était adossé. « En sortant j’allais mieux, physiquement en tout cas… Mais la situation était plus ou moins la même. Ma famille a commencé à m’éloigner des plus jeunes au vu de l’influence néfaste que j’avais… Il me restait Ani, mais j’ai réussi à la décevoir elle aussi. »

Il aurait pu s’arrêter là. La suite était tellement incertaine… Mais cela faisait vraiment morbide quand même.

« Jusqu’à ce que je me retrouve à danser dans la rue devant l’âme lié de ma jumelle, qu’on me filme et que la vidéo devienne assez viral pour qu’une compagnie de renommée mondiale veuille m’auditionner, que je panique et que je me retrouve à raconter ma misérable existence à mon âme lié un soir de pleine lune après l’avoir copieusement insulté. »

Bon, il mentait. La lune n’était pas vraiment pleine.




   
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Mer 6 Mar - 18:07
Plutôt que de me parler de lui, mon invité avait commencé par me livrer son interprétation de ce que je venais de lui révéler concernant l'Allemand. Son raisonnement se tenait, mais... Mais je ne pouvais pas m'empêcher de penser que... Que mon Lié était venu me retrouver plus par honnêteté que par loyauté, pour s'assurer que j'allais bien. Qu'en me jetant à son cou en larmes, je lui avais interdit de faire demi tour... Un peu comme si, en marchait dans la rue, il était passé à côté d'un carton avec marqué dessus « chatons à donner » et qu'il n'y restait que le plus rachitique de la portée au fond de la boîte, en train de grelotter sous la pluie et n'ayant même plus la force de miauler pour qu'on lui offre un peu de chaleur. Pris de pitié, il avait glissé une main pour vérifier que l'animal était encore en vie et ce dernier s'était réfugié contre sa paume... A partir de là... Comment faire demi tour ? Comment rebrousser chemin en laissant le petit être seul dans le froid ? Un hoquet plein d'autodérision m'échappa... Avais-je réellement une si mauvaise opinion de moi ? Et, pire que tout, avais-je si peu confiance en Klaus ? Ce n'était pourtant pas de la pitié que je lisais dans son regard quand il croisait le mien... Bien des choses, plus souvent sombres que lumineuses, mais... Pas de pitié... Cette impression de constamment me tenir en équilibre au bord d'une falaise lorsqu'il était là... C'était peut-être uniquement dans mon esprit ? Il était sûrement temps que je consulte...

En attendant, ces réflexions empiétaient sur l'attention que je « devais » à Adî... Je ne savais pas comment « expliquer » ces nouvelles phrases, ni scientifiquement ni mystiquement, mais... Mais il méritait que je lui fasse de la place... Assez de place dans ma tête pour l'y ranger précieusement... Aussi précautionneusement que j'y avais installé Klaus... Là ! Il y avait justement encore des tas de tiroirs non utilisés dans mon esprit ! Il suffisait d'en trouver un assez vaste, d'en chasser les restes d'idées noires d'un coup de plumeau, et d'y déposer le danseur et ce premier souvenir « ensemble »... Celui de cette rencontre sur un trottoir... Pathétique, mais presque mythique... Digne d'un film, non ? J'avais envie de croire que nous pourrions un jour en rire même si honnêtement, ce soir, j'étais trop chamboulé pour lui offrir davantage qu'un sourire bancale...

Je fis une pause dans la cuisson de mes crêpes, le temps d'en grignoter une saupoudrée de sucre, et hochai légèrement la tête pour confirmer au jeune homme que j'attendais bien qu'il me parle de lui. J'étais prêt à tout aménager dans son tiroir, il suffisait qu'il me dise de quelle couleur il voulait les murs et le sol... Quoi que, non... Ses pieds y foulaient déjà un parquet clair et lisse... Les murs étaient déjà à demi constitués de miroirs dans lesquels ses gestes se reflétaient à l’infini... Et j'étais là, moi aussi, mais rien ici ne renvoyait encore mon image ou ma présence... Juste ce banc froid, installé dans un coin... Il attendait de trouver une vraie place dans le décors, mais... Mais il ne tranchait pas tant que cela, au final... Muet, je m'y assis pour l'écouter alors qu'il déposait quelques reliques de lui ici ou là... Aménageant son espace en moi, y ajoutant son monde et son univers...

Quelques silhouettes floues vinrent se joindre à nous, sans visages, les frères et sœurs d'Adînath... Je lui enviais sa famille nombreuse même s'il me décrivait des rapports actuellement compliqués... La dépression... L'un des murs de verre se fendit sans réellement se briser et je vis les fantômes masqués se blesser les doigts sur les rebords acérés en tentant de les réparer... Et Adî ne dansait plus devant les miroirs intactes... Non... Il déposait dans un coin de la salle un carton dans lequel je n'avais pas vraiment envie de mettre le nez car je savais déjà ce que j'allais y trouver... Poudre, seringues, bouteilles... Je l'écoutais toujours, avec attention, et sur le pâle parquet ses pieds commencèrent à laisser des traces sanguines... Les silhouettes s'éloignaient, disparaissaient de la salle que j'avais créée pour lui... Il n'en restait plus qu'une qui semblait s'échiner à reconstituer ce miroir... Ani, sûrement... Ani qui alla s’asseoir dans un coin de la pièce comme pour retrouver ses forces sans vraiment songer à l'abandonner... C'est ainsi que je le percevais, en tout cas...

Mon regard s'était posé sur ce même point auquel était fixé le sien tandis que j'enregistrais tout ce qu'il m'apprenait. Peut-être étais-je un peu fou de m'imager ainsi ses paroles, mais... Mais c'était une bonne façon de ne rien oublier... Rien de ce qui était réellement important... Un bon moyen de visiter ses proches également, il suffisait alors de se glisser dans leurs pièces... Il n'y avait pas vraiment de plafond, dans celle du danseur, mais une lampe semblait clignoter... Éclairant les lieux puis les plongeant dans l'obscurité... Et soudain, la lumière de nouveau... Un peu de béton et quelques marches dans un coin... Et Adî, un pied sur le parquet et l'autre en pointe sur l’asphalte... Il me semblait même presque que la silhouette de sa sœur s'était redressée pour le regarder... J'étais plongé au creux de ce monde qu'il tissait pour moi, mais sa dernière réflexion me fit tiquer et je relevai un regard perplexe sur lui puis sur la baie vitrée donnant sur New York...

« Ce n'est pas la pleine lune ! Si ça avait été le cas, j'aurais été... Occupé... Occupé à courir les rues à la recherche d'un garou avant de rejoindre Jaime pour prier avec elle... Non, c'est pas « tout » ce que je retiens de ce que tu viens de dire... Promis... Un léger silence puis je m'approchai de l'îlot qui nous séparait, me hissant sur un tabouret face à lui. Ce n'est pas « pathétique »... C'est... Je balançai la tête avant de lui sourire... Est-ce que tu aimes lire ? Je n'attendis pas sa réponse pour enchaîner... Il y a un livre que j'aime beaucoup. « Le Prophète », de Khalil Gibran. Il dit que le malheur ne nous creuse que pour nous permettre d'accueillir ensuite d'avantage de bonheur... Tu es... Tu as peut-être simplement été usé et creusé si profond que les premières gouttes de bonheur n'ont pas encore atteint le fond ? Il te faut peut-être aussi du temps, comme moi avec Klaus... Du temps pour comprendre comment te remplir de nouveau... Pour laisser cette bonne nouvelle tapisser le fond trop sec de ta coupe... Pour apprendre à la tenir droite pour ne pas en perdre une seule larme... Un nouveau sourire, plus prononcé... Et, plus vite que tu ne peux le penser, tu te retrouveras avec un grand verre d'eau fraîche pour te désaltérer et repartir du bon pied ! »

Comme pour illustrer mon propos, j'attrapai son verre vide et me penchai en arrière vers l'évier pour le remplir de nouveau avant de le reposer devant lui sans en faire tomber une seule goutte – Ninja Style-. J'en profitai pour m'attraper une nouvelle crêpe avant de lui demander avec un sourire amusé...

« Est-ce que j'ai le droit de la voir, cette vidéo ? Parce que si mon Lié devient une star, il faut que je me prépare psychologiquement ! Et je pense que ça serait pas de mal que tu la revois aussi... Que tu comprennes que si ça t'arrive à toi, c'est pour une bonne raison... Parce que tu as bien mérité d'être heureux, mais que tu dois saisir cette chance ! Te donner le droit d'y croire... Non ? Mon sourire se ternie peut-être légèrement avant que je n'ajoute d'une voix moins vive... Enfin... Lié ou non... Tu n'as peut-être pas envie d'entendre ça de la part d'un inconnu... »


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