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The end of the line | Madelyn [Event]

Posté le Mar 10 Juil - 6:59
James De Liénoncourt
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The end of the line.
But the beginning of a new one.
Une mèche sur son front pâle.
Rien n'a changé, ou presque.
Il avait l'habitude de ses sourires, et elle l'avait quitté avec un rictus qui pouvait paraître heureux maintenant que ses yeux s'étaient fermés. Ses deux grands yeux noirs, gouffres absents depuis trop longtemps. Ses derniers mots ? Un délire, provoqué par les médicaments, ces mêmes médicaments qui l'avaient changés durant les derniers jours de sa vie. Selma était morte aujourd'hui, mais elle s'était probablement éteinte des jours avant cela. Minuscule dans son lit d'hôpital, toute froide, les bras percés de tuyaux et les joues creusées... Ce n'était pas Selma, ça.

C'était plus Selma.
Selma elle, elle sourit, elle rit, elle rit aux éclats sans s'arrêter parfois pendant longtemps, très longtemps. Et sa poitrine se soulève, et sa respiration s'accélère, et parfois même quelques larmes pointent aux coins de ses grands yeux de chouette. Ses mains frottent ses cuisses de façon incontrôlable, comme pour exprimer ce bonheur qui la secoue. Selma est vive, active.
Mais là... C'était plus Selma.

La grande main de James se sépara de la menotte rachitique de la jeune femme étendue sur le lit.

- Bonne nuit, amour. Un baiser sur son front déjà froid. Merci pour tout.

Il n'avait étrangement plus de larmes à verser en cet instant, en avait sûrement trop versé durant ces dernières semaines. Yeux secs, cœur tout sec, âme toute sèche abandonnée. James se leva de sa chaise, les jambes engourdies, flageolantes, devenues coton après tous ces chocs émotionnels.

Selma est morte cet après midi, à quinze heure trente deux, le dix juillet deux mille dix huit. Un an après que le cancer se soit déclaré, les métastases ont grignoté sa vie, la maladie a bouffé ses cellules, la mort lui a volé son âme et lui n'a plus à présent qu'un corps inanimé. Bientôt, toute cette histoire ne se résumera plus qu'à une tombe, perdue au milieu d'un cimetière anonyme.  

Son regard se pose sur la fenêtre. Il fait jour ? Il lui a semblé passer tellement de temps en cet endroit, il n'a pas vu le temps couler, ne sait exactement depuis combien de temps il se trouve là, assit, à attendre que tout s'arrête. La famille de Selma est partie, trop remuée, car tout cela est bien trop douloureux, bien trop violent. Tout le monde s'y était préparé et pourtant personne n'était prêt. Est-ce qu'on peut réellement se préparer à un tel choc, à un tel chamboulement, à cette chose si radicale qu'était la mort ? Il aurait voulu pouvoir s'en persuader. Il aurait vraiment voulu. Mais malgré tous ces mois durant lesquels il avait tâché de se centrer, cela n'avait servi à rien. Aujourd'hui il était perdu, perdu et seul.

Son regard s'arracha à ce corps inanimé avec plus de difficulté qu'il n'aurait cru. Cette vue serait la dernière qu'il aurait d'elle. Son regard se ferma, une seconde, puis deux, et il se retourna dans un soupir profondément las.
Il se souviendrait pour toujours du bruit de cette porte qui claqua derrière lui lorsqu'il sortit dans le couloir. Comme le clap de fin d'une histoire avortée trop vite, d'un bonheur piétiné par les aléas de la vie.

Dans son poing serré, un bracelet, celui de Selma. Dans ses derniers délires à peu près lucides, elle lui avait glissé le bijoux entre les doigts pour qu'il l'emporte avec lui. Un souvenir, avait-elle dit. Comme s'il avait pu être capable de l'oublier, de toute façon. Comme si toute cette histoire n'avait pas assez d'importance pour s'imprimer au fer rouge sur sa mémoire déjà fatiguée. ... Il aurait déjà voulu être vieux, très vieux, loin de cet instant terrible qui le laissait épuisé, profondément vidé.

Et pourtant mon coeur bat si fort... Mais mon pays à moi c'est la vie. Et le tien c'est la mort. Combien de temps pour te retrouver ? J'ai promis que je vivrais, je te l'ai promis. Foutue connerie. J'ai sûrement pas envie de mourir, pas tout de suite, non. Mais je sais pas non plus si j'ai envie de vivre. Le truc, dans ce grand dilemme qu'on appelle l'Existence, c'est qu'on peut pas vraiment se tenir entre les deux. On peut pas ne pas choisir. Soit on vit, soit on meurt. Et voilà, point. Pour ceux qui sont cassés, attaqués, brisés, anxieux ou perdus dans ce cercle de vie, il y a pas vraiment de place. J'ai pas ma place ici, j'ai plus ma place nulle part si je peux pas être à côté de toi, Selma.
Mais on va se relever.
Un jour. Demain, mais pas aujourd'hui, non, pas aujourd'hui.


-------

Le jeune homme contemple ses paumes ouvertes, le dos de ses mains est posé à plat sur ses genoux, il est assit. Et cela fait longtemps qu'il est là. Il ne sait même pas exactement où ses pas l'ont mené, ce qui l'a amené en cet endroit précis, il ne se rappelle que d'avoir marché, en vérité. Marché pendant longtemps dans les couloirs, entre les murs blancs. Il a croisé des gens en larmes et des sourires heureux, des femmes, des hommes des enfants. Et parfois, au détour d'un couloir, il a en a croisé d'autres comme lui. Des âmes en stationnement dans cet état second qui fait froid dans le dos.
Une salle d'attente. Voilà, il est dans une salle d'attente. ... Depuis longtemps. Il lui semble être venu ici au détour d'un rêve, perdu dans ses pas et ses pensées. Peut-être a-t-il cessé de penser, en fait.

Il y a un regard bleu qui m'observe, là. Une fille debout devant moi.

James lève la tête, observe la jeune femme qui se tient là.

Depuis combien de temps je suis là ?

Son regard plonge dans le sien, il n'a pourtant pas l'intention de lui offrir une quelconque réaction. Lui et ses deux grands yeux verrons. Un vert, un bleu. L'air presque surprit, hébété que quelqu'un l'ait remarqué.
Myrddin ♕ Epicode

Posté le Mar 10 Juil - 18:48
Madelyn V. Harris
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The end of the line
Don't forget, there's always a new path ahead. Take your time... and you'll find it.

Le temps avance lentement pour ceux qui attendent depuis des heures, mais si rapidement pour ceux pour qui la vie approche de la fin. L'horloge ne laisse aucun répit, elle tourne sans se soucier des cœurs brisés, elle tourne sans pour autant en réaliser l'impact. Les vies, qu'elles soient joyeuses ou moroses, ne sont que des fruits de l'arbre du temps qui coule, sans réelle importance, qui seront remplacés au fil du temps sur les branches, sans deuxième chance.

Tant de souffrance et de joie en un seul et même endroit, ce serait presque poétique.

Le mot "vie" n'a jamais autant rimé avec "tragédie" qu'en cet endroit, où Madelyn, elle, fait partie du groupe de ceux qui attendent. L’hôpital n'a jamais été un endroit où elle se sent à l'aise. L'ambiance est tellement contradictoire, si peu semblable d'une chambre à l'autre que c'en est totalement déroutant. Il est rare de voir tant de différentes émotions en un même endroit, qui vont d'un extrême à l'autre sans le moindre juste milieu. À peine arrivée, à peine assise, elle a vu des gens qui rient, des gens qui pleurent, des gens qui sortent d'une des nombreuses pièces avec le soulagement dans les yeux et d'autres qui n'ont que la mélancolie comme énergie pour leur permettre de marcher, tels des zombies.

Assise dans la salle d'attente, elle observe les personnes qui y sont, tout comme elle. La plupart des gens ne semblent pas se soucier des autres, comme si leur émotion actuelle les enfermait dans une sorte de bulle, un monde alternatif où tout n'est que leur problème, ou tout simplement un univers où il n'y a que leur bonheur actuel qui existe. Pour ceux qui, comme Lyn, sont venus avec très peu de soucis ou de raisons d'être heureux, c'est beaucoup plus facile d'avoir du recul et de bien observer. Elle voit des gens qui vont mal, des gens qui vont bien... c'est la vie.

Je vois un homme, parmi la foule de gens. Je le remarque du coin de l’œil, du moins. Il semble totalement vide, il ne bouge presque pas, comme si il ne réalise même pas qu'il est là...

Mais elle n'a pas le temps d'y penser plus longtemps, car lorsque l'horloge lui annonce son tour, elle va à son rendez-vous, laissant derrière elle la salle d'attente. Elle a souvent été à l’hôpital, étant petite, surtout pour sa jambe et son œil, qui inquiétaient son père. Elle avait beau lui dire qu'elle n'avait pas mal, que tout allait bien, il fallait toujours qu'il s'inquiète plus que nécessaire pour elle. Ce n'était point méchant, elle lui en sera toujours reconnaissante au fond, mais en y pensant bien... il y avait tellement de cas pires que le sien, qui pourtant eux n'avaient aucune aide, ou aucune chance d'en avoir. C'est bien dommage.

Ce n'est qu'un rendez-vous annuel, rien de bien intéressant, pour le coup. Malgré l'apparence disgracieuse de sa jambe gauche et l'inutilité de son œil, le gauche également, tout va bien dans le meilleur des mondes pour la jeune femme au niveau de la santé... pour se faire dire quelque chose qu'elle savait déjà, une chance que le rendez-vous se trouvait en après-midi, sinon elle n'aurait sans doute même pas eu la volonté de se réveiller pour y aller...

C'est avec la confirmation qu'elle est en santé qu'elle ressort de la pièce où elle est entrée quelques temps plus tôt. Elle traverse les longs couloirs blancs, ces longs couloirs remplis de gens et, comme dans la salle d'attente, d'émotions contradictoires, avec sa lenteur habituelle, ce qui lui donne encore plus le temps d'admirer les contrastes de la psychologie humaine. De retour à la salle d'attente, elle se prépare à partir alors qu'elle réalise que la plupart des gens qui étaient là avaient changé, ses rendez-vous annuels étant assez longs en général, étant donné qu'il faut bien s'assurer que la jambe n'a rien, tout ça.

Mais lui... il est encore là. Comme une statue, il n'a pas bougé depuis tout à l'heure.

Une sorte d'empathie s'empare de Madelyn alors qu'elle s'approche, un peu inquiète de son état, (du moins plus que les infirmières qui sont déjà bien débordées...), et elle s'approche de lui, afin de s'assurer qu'il, au moins, ne va pas trop mal. Ce serait assez problématique, il ne devrait pas passer la nuit là, ce serait très néfaste pour sa santé, déjà qu'il n'a pas l'air d'aller très bien...

Elle arrête en face de lui, et l'observe un moment, en silence. Quelques tics et tacs de l'horloge plus tard, il lève la tête vers elle, l'observe en retour, d'un air hébété, surpris. Le regard azur de Madelyn est calme, lui, visiblement peu dérangée par son manque de paroles ou réactions. C'est pourquoi elle fut la première à parler.

« Tu es certain que tu n'attends pas quelqu'un ? »

Lui dit-elle, d'une voix calme, douce. Elle a beau ne pas être toujours la personne la plus gentille du monde, même elle est capable d'approcher des gens, lorsqu'ils sont dans un état... non, même pas un état. Lorsqu'ils ne sont pas assez en état pour réaliser qu'ils ont un état. En l'observant, elle se dit qu'il est sans doute dans cette catégorie, ce qui n'annonce rien de bon, si personne ne l'approche.

Lorsque les phrases ont disparu, le monde entier était solidaire face à ce problème commun. Face à la détresse d'un autre, cependant, peu décident d'agir, comme la seule personne concernée, au final, c'est celle qui le vit. Peut-être que ce n'est que son instinct, mais face à lui, elle se dit que cette fois-ci, c'est elle qui allait s'inquiéter, pour essayer d'au moins s'assurer qu'il ne reste pas assis sur cette chaise jusqu'à-ce qu'il ne ruine sa santé, faute de négligence.

C'est la moindre des choses, après tout.


©️ rolly
Posté le Ven 27 Juil - 22:04
James De Liénoncourt
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The end of the line.
But the beginning of a new one.
Ô douce ironie.

Attendait-il quelqu'un ? ...
La question avait deux réponses, toutes deux étaient justes. Mais il ne savait pas exactement laquelle choisir, laquelle des deux était la plus au fait de la situation actuelle.
Oui, il attendait quelqu'un, bêtement, assit là. Il attendait quelqu'un qui ne viendrait plus, qui ne viendra pas, qui n'existait plus. Mais il avait toujours cette stupide sensation au creux de la poitrine qui n'avait pas réalisé l'absence de la pièce manquante du puzzle... Peut-être que son cœur n'avait pas encore comprit la nature de ce que l'on venait de lui arracher, peut-être qu'une partie de lui n'avait pas encore réalisé le vide permanent que cette journée allait laisser dans son existence. Alors oui, il attendait toujours, son téléphone dans la paume, qu'un sms n'arrive. Un appel. Une photo, n'importe quoi. Quelque chose venant d'elle.

Et comme un flash sur sa rétine, l'image de son sourire éteint au milieu des draps blancs.
Aussi étrange que cela puisse paraître, James n'avait pas pleuré. Pas encore. Il avait imaginé cet instant des centaines de fois, avait imaginé tous les scénarios. Les larmes, la colère, la douce mélancolie... Mais il n'avait pas une seule seconde put se figurer qu'il ressentirait un tel vide. Son crâne était silencieux, muet, comme lorsque l'air s'éteint après l'orage. Comme une ville après une catastrophe naturelle. Léthargie. Mutisme. Calme, calme, c'était trop calme... Il aurait aimé s'effondrer, il aurait aimé se déchirer en sanglots, il aurait aimé ressentir le manque, tout de suite, comme pour lui rendre honneur. Comme pour lui montrer qu'au bout d'une seconde sans elle, c'était trop dur.
Mais non, non, il ne ressentait rien, et c'était bien pire.
Selma était morte et il ne ressentait rien. Peut-être était-ce le choc ?

Un sourire calme se dessina sur ses lèvres pâles de fatigue, il frotta ses yeux cernés d'une main lasse, puis se leva.

- Non, non, j'attends plus personne.

Ses doigts glissèrent sur la peau de son avant bras gauche, comme pour se débarrasser d'une démangeaison imaginaire. Puis, ses yeux bicolores rivés sur elle, il commença tout à coup à réaliser la nature de ce qu'elle avait dit, un peu plus tôt. Comme dans un rêve, le jeune homme souleva la manche de son sweat, baissa le regard vers la toute nouvelle phrase qui trônait sur sa peau. ... Oui, c'était bien ça, les mots exacts qu'elle avait prononcés. James ne prononça pas un mot pendant de longues secondes, inconscient de l'étrangeté de son comportement. Il fonctionnait comme au ralenti, englué dans son esprit qui était, en vérité, soumis à une perte si violente qu'il peinait à fonctionner normalement. Un sourire vaporeux envahit ses traits, il posa de nouveau le regard sur elle.

- Bonjour.

Etait-ce un cadeau ? Cette âme liée à la sienne en cet instant déterminant, cette âme liée à la sienne alors que l'on venait de lui arracher la seule qui comptait véritablement ? Peut-être était-ce un cadeau de Selma, avant de partir. Sa requête au purgatoire, son souhait ultime. Lui offrir un morceau d'âme, lui offrir... Quelque chose ? Qu'est-ce que cela pouvait bien vouloir dire, tout cela ?

- Je crois que nous sommes liés. Liés ? Ces nouvelles phrases étaient elles véritablement le symbole d'un lien ? Enfin, je crois, si c'est ce que ça veut dire pour toi.

L'instant était si étrange. Aurait-il dû être joyeux à l'approche de cette âme liée ? Comment devait-il se comporter ? Il se tenait là, face à elle, incapable d'agir normalement, décalé avec cette réalité qui continuait de tourner sans lui.

- ... J'ai besoin d'un café.

Myrddin ♕ Epicode

Posté le Dim 5 Aoû - 22:51
Madelyn V. Harris
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The end of the line
Don't forget, there's always a new path ahead. Take your time... and you'll find it.

La vie est bien cruelle, quand on y pense. Elle crée elle-même les malheurs qui nous rendent dépendants au bonheur, nous transformant en de vulgaires marionnettes qui espèrent silencieusement ne pas être acteurs d'une tragique histoire. Elle joue avec nous, nous donne des rôles, nous mets dans le décor qu'elle veut, qu'il soit bien travaillé ou à peine dessiné avec du crayon froid et peu coloré... mais comme un enfant, la vie se lasse parfois bien vite de ses nouveaux jouets.

Elle nous déchire.

Elle nous abandonne.

Il n'y a qu'elle, au fond, qui arrive à nous donner de l'importance. L'on se bat tous pour être son jouet préféré, pour être mis au devant de la scène ne serait-ce qu'un instant. L'on pense, à tort, qu'on contrôle notre vie, qu'on peut tout changer avec la force de notre volonté, mais il y a pourtant tant de choses que l'on ne contrôle pas. La mort d'un partenaire ou d'une partenaire de scène, par exemple. Il y a des limites à ce que l'on peut réparer, et parfois, pour certains jouets, il est trop tard pour tenter de les récupérer.

Sans espoir.

L'histoire de notre humanité est aussi scénarisée qu'un tournois de catch, mais la seule personne qui sera toujours gagnante, au final, c'est la vie elle-même.

"Non, non, j'attends plus personne"

Un deuil, apparemment. Mais ce n'est pas tout.

Il arrive parfois, cependant, qu'elle décide de reprendre des rôles qu'elle avait lâchement laissé de côté, des marionnettes qui, sans un certain jouet qu'elle a autrefois cassé, n'avaient plus de sens dans sa trame scénaristique. Il arrive qu'elle soit atteinte d'une certaine empathie, qu'elle donne à ce personnage... une deuxième chance. Un autre rôle, une nouvelle idée, afin de le ramener à la vie.

« Ma phrase... »

Elle touche son bras, un peu surprise par cette découverte, les deux pieds maintenant sur terre. Son esprit vagabond, où voguent métaphores et histoires, décide pour un instant de jeter l'ancre à l'eau et ainsi faire face à la réalité. Nouvelle phrase, nouveau lié. Cette histoire de nouvelle phrase l'intrigue, mais sans pour autant la déranger. "Qu'il en soit ainsi!" se dit-elle, tout simplement.

« Bonjour... oui, en effet, nous sommes liés. Cette histoire de nouvelle phrase est un peu bizarre... mais l'on verra bien où ça nous mène. Je suis Madelyn, enchantée. »

Peut-être était-ce le nouveau lien, mais une certaine sympathie, qu'elle ne ressent pas en présence d'inconnus, faisait surface en elle, une certaine envie de l'aider, sortie de nul part. Cet homme, très probablement en deuil, n'allait pas bien et ne bougerait certainement pas de là sans aide extérieure. Pourquoi ne pas l'aider? Ce nouveau lien n'était pas là pour rien, après tout. Changement de scénario plutôt pratique, pour le coup. Merci, la vie.

Je ne serai sans doute pas très utile, mais ça vaut le coup d'essayer.

« Je comptais aller m'en acheter un. Si tu souhaites sortir d'ici et me suivre... je t'achèterai un café, en chemin. Promis, je ne mord pas. »

La vie lui a tendu une perche, qu'elle ne perd pas de temps à attraper. Le grand coeur de Madelyn parle parfois bien plus fort que sa raison... en espérant que cela serve à quelque chose.


©️ rolly
Posté le Lun 27 Aoû - 16:04
James De Liénoncourt
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C'est fou comme le monde tourne vite parfois.
Dans sa tête, par contre, tout est lent. Tout est calme. Tout est comme l'onde sombre d'un bassin épargné par la tempête. L'on ne soupçonne pas les formes mouvantes dans les profondeurs, qui déforment parfois la pellicule lisse de la surface de l'eau.

Ses yeux se ferment, un instant, il se lève. Ce simple acte lui paraît incroyable tant cela fait longtemps qu'il n'a pas bougé, tant le courage que cela lui demande est immense. Se lever, c'est avancer. Assit ici il est bien, il peut rester un peu seul, il peut imaginer que dehors Selma l'attend toujours. Elle aurait les mains dans les poches, la capuche sur la tête, un air de traviole sur le visage. Il adorait la façon dont son sourire venait effacer toutes les ombres de ses traits, et de ce qui l'environnait.
Son cœur est un peu plus lourd, d'un coup, mais il secoue la tête pour oublier, effacer. C'est peut-être pour ça qu'il ne ressent rien, en fait, parce qu'il s'en empêche, parce qu'il repousse les émotions pour ne pas avoir à les appréhender. Il ne veut pas se laisser dominer par la tristesse, il a promit qu'il se relèverait.

Mais avant de se relever, il faut se laisser tomber James...

- Enchanté, ouais, je crois. Je suis James. Il se tient là, debout devant elle, fatigué, ne sait que lui dire. Allons y pour un café...

Il n'essaie pas de parler plus qu'il ne devrait, par conséquent, il ne prononce plus un mot. Sa grande silhouette s'efface dans les couloirs, aux côtés de Madelyn. Mains dans les poches, il se sent comme étranger à toute cette agitation. Et il se sent un peu coupable aussi, probablement, parce que la jeune femme à sa droite n'a rien demandé. Il ne parle pas, ne fait pas d'efforts pour la connaître, et... Et il devrait peut-être, non  ? Mais James... James a jamais su faire semblant.

- ... C'est glauque de se rencontrer dans un hôpital. Franchement, regarde la gueule des gens autour de nous. Ceux qui sont heureux sont tellement souriants que c'en est dégueulasse, et les malheureux font pitié.

Oh, il a très bien conscience qu'il fait partie de la seconde catégorie, celle des malheureux. Il a des yeux qui trompent pas, et il le sait. Quand il est triste, ses prunelles renvoient tout, absolument tout. Mais plutôt que de s'épancher sur ce fait, il continue d'avancer, suit le panneau qui indique la cafétéria. Une main l'arrête, en route, posée sur son épaule. Il n'a même pas vu l'homme approcher, le reconnaît à peine, les yeux plissés.

- Monsieur de Liénoncourt ?
- Mh ? James semble revenir à la réalité, braque ses yeux verrons sur le médecin en blouse blanche qui l'a arrêté. Quoi ?
- Toutes mes condoléances, je sais que le combat a été long et...
- On empêche pas l'inévitable. Merci. Il dégage son épaule dans un geste las. Aurevoir.

Il est sec, en a assez d'entendre ces mots. Toutes mes condoléances. ... Allez vous faire. Le voilà qui reprend sa route, entraînant son âme liée avec lui.

- Et toi, Madelyn ? Il change de sujet de manière si abrupte que l'on sent qu'il n'essaie même pas de le cacher. Qu'est-ce que tu fais dans la vie ?
Myrddin ♕ Epicode

Posté le Lun 1 Oct - 20:39
Madelyn V. Harris
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The end of the line
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C'est fou comme la vie aime modifier ses acteurs, jamais satisfaite de ses créations. Les rôles ne sont jamais bien définis, elle change tout, au fil de ses envies, comme les notes variées d'une mélodie cacophonique. Elle modifie les personnalités de ses jouets lorsqu'elle le désire, au fil d'événements et rencontres qui bouleversent les vies de ses nombreux personnages... ce n'est pas pour rien que beaucoup de gens comparent l'existence humaine à une partie de Sims, une partie de Sims pleine de codes de triche. Qui n'en utilise pas, de toute façon?

Ce qui est certain, c'est que la vie est la plus grande tricheuse de tous.

Elle n'oublie jamais de sauvegarder, ne retourne jamais en arrière, mais surtout, elle fait ce qu'elle veut avec ses créations, ne laissant le libre arbitre que pour se moquer de leurs pathétiques actions. Elle se fiche de leurs émotions, se fiche de leurs rêves, ils ne sont qu'un divertissement, un point c'est tout. Elle donne beaucoup à certains, en oublie d'autres...

Mais peut-être vais-je trop loin?

Le demi-regard de Madelyn clique doucement, ses pensées vagabondent étant de retour sur Terre. Son nouveau lié avait accepté de marcher avec elle, afin de prendre un café. Ce pauvre homme, écrasé par le deuil, semblait cloué à sa chaise quelques instants plus tôt. Heureusement qu'il a pu se relever, grâce à l'appel du café et l'invitation de Lyn. Elle n'en était pas peu fière.

Il était silencieux, très silencieux, mais cela ne surprenait ni dérangeait la jeune femme. Après tout, il ne la connaissait pas encore... sans oublier bien sûr son état du moment. Distant, distrait... un peu vide, aussi. Il est difficile de le comparer à son lui-même du passé, puisqu'elle ne l'a pas connu... mais elle se doutait bien que ce pauvre homme n'était pas comme ça lors des beaux jours.

Puis, il se mets à parler... de l’hôpital, de leur rencontre un peu inhabituelle et plutôt glauque, ce qui est totalement véridique. Si Madelyn pouvait ne pas aller à l’hôpital, elle le ferait, mais ces imbéciles de médecins lui disent sans cesse qu'elle doit avoir un suivi, qu'ils doivent la surveiller de près, tout ça à cause d'une jambe qui a décidé qu'elle n'entrait pas dans les standards de l'espèce. Ça l'embêtait.

« Je ne te le fais pas dire... si je pouvais me passer de cet endroit... crois-moi, je n'y mettrais jamais les pieds... »

Malheureusement, ces petits cons pensent la connaître mieux qu'elle-même, simplement car ils ont fait de loooongues études là-dedans. Ça l'a toujours bien embêtée, elle connaissait ses limites mieux que personne, et eux se croient tout permis en lui disant de "LiMiTeR sEs DéPlAcEmEnTs" ou d'autres conneries du genre. Quels cons va.

Un de ces génies s'approche ensuite de James, pour lui donner ses condoléances. À voir sa réaction, ce n'est pas de ça qu'il a besoin, ni envie. C'est sans doute la 100ème fois qu'il entend ça, aujourd'hui. Madelyn nota alors qu'elle garderait ses condoléances pour elle, lui envoyant sa sympathie par ses actions plutôt que des paroles sans fond. C'est ce qu'elle préférait faire, de toute façon... et à voir son changement de sujet, elle confirma encore plus son initiative.

« Mmh... si j'enlève toutes les heures gaspillées dans les hôpitaux car ces petits imbéciles de la médecine s'inquiètent sans raison pour ma jambe... je suis bédéiste. C'est tout de même plus sympathique que d'entendre qu'il faut que je limite mes déplacements alors que je me suis déplacée pour y aller... c'est une vraie blague. »

La seule chose sympathique dans les hôpitaux... c'est sans doute le café. Ils ont sans doute remarqué avec le temps qu'à force de faire chier les gens, fallait bien trouver un moyen de les garder éveillés et de gagner leur sympathie. C'est pas le café le plus classe du monde, mais c'est tout de même mieux que... du vide? Oui, on va dire ça.

« Et toi, que fais-tu dans la vie, James? »

Vivement que le café soit prêt... Madelyn avait hâte de sortir. Sans doute que James devrait respirer un peu, aussi. Un peu d'air frais ne fait pas de mal, après avoir passé on-ne-sait-trop-combien-de-temps dans ce fichu hôpital. En sortant de là, personne ne pose de questions, aucun médecin débile ne viendra faire de commentaires sur sa perte.

Ce serait déjà un bon début.


©️ rolly
Posté le Dim 18 Nov - 13:06
James De Liénoncourt
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The end of the line.
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James sent encore le regard du médecin dans son dos, scrutateur, il doit se sentir dans le devoir de l'épauler au cours de cette épreuve difficile. Mais le jeune homme ne se retourne pas vers lui, ne montre pas d'appel à l'aide. Il continue simplement d'avancer aux côtés de Madelyn, sans trop savoir où ils vont. Sans trop savoir ce qu'ils vont faire. Depuis combien de temps a-t-il dormi, vraiment dormi ? Il n'en sais rien, pas plus qu'il ne se souvient depuis quand il a mangé. Il ne sait pas quel jour on est, quelle heure il est, ne se souvient plus du nom de l'hôpital. Il y a juste cette âme liée à sa droite, seul constante pérenne à son trajet dans les couloirs. Peut-être aurait-il pu être davantage attentif à ce qu'elle lui disait... Cependant il comprit l'essentiel, lui offrit un sourire pâle.

- Bédéiste ? Sympa comme métier. Il baisse le regard vers la jambe dont elle parle, remarque le déséquilibre qui la caractérise. Les médecins veulent toujours faire au mieux sans forcément se rendre compte des conneries qu'ils peuvent déblatérer.

Il a hâte de sortir, en vérité, et ils attendent à présent patiemment pour recevoir leur café et sortir de l'établissement. Le brun s'accoude mollement au comptoir, reçoit un regard acéré de la barrista qu'il ne remarque même pas. Il murmure vaguement son désir d'un grand café bien noir, typiquement le genre de trucs qu'il ne boit pas d'ordinaire. Il sait juste qu'il ne veut pas dormir, et que c'est le meilleur moyen de résister au sommeil. Un merci, marmonné, puis il répond enfin à la question de Madelyn.

- Je suis journaliste musical. Ses yeux glissent vers le café que la barrista vient de poser devant lui, à côté de celui de Madelyn. Il glisse un billet après avoir fouillé dans sa poche, se redresse avec un hochement de tête, puis se détourne pour marcher vers les portes vitrées qui mènent à l'extérieur. Rolling Stones, tu connais ?

Le café a un gout de cendre. Et quand ils sortent à l'extérieur, le soleil brûle le bitume. Il fait chaud, très chaud, l'été est violent à New York. Mais la différence entre l'intérieur climatisé et le four qu'est l'extérieur fait frissonner James. Il reste là, debout, un peu perdu, se demandant ce qu'il va bien pouvoir faire, maintenant. Son regard se tourne vers Madelyn, un sourire pâle gravit ses traits.

- Quand c'est l'été ici, j'ai envie d'm'enterrer sous terre. Le choix de mots est particulier, compte tenu de ce qui vient de se produire. Ce n'est pas lui qui finira sous terre, et cette pensée ironique affaisse un peu plus ses épaules. J'sais pas... J'sais pas ce que je peux faire pour toi. Il n'est pas bavard, ne le sera pas, n'est pas très amusant ou intéressant en cet instant. Et il n'en a cure, en vérité. Alors il se laisse tomber sur un banc, pose le gobelet sur le bois, lève la tête vers le ciel. Peut-être que t'es arrivée pour une bonne raison, j'sais pas.

Myrddin ♕ Epicode

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The end of the line | Madelyn [Event]

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