it's all coming back to me [MOYRA]
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Mar 12 Juin - 16:01

Le manque de communication et les événements actuels à cette période font que Kahn et Moyra ne recoivent pas les lettres de l'un et de l'autre.


 
5 avril, Tel Aviv


Moyra,

Je ne sais même pas si tu recevras cette lettre. C’est pratiquement insupportable de ne pas pouvoir communiquer normalement. Mais pour l’instant, je suis dans l’incapacité de te parler autrement. J’ai beaucoup hésité à écrire jusque-là. Cela fait déjà plus de 24h que je suis parti et… Pour la première fois depuis très longtemps, je n’ai pas le sentiment de faire la bonne chose en venant ici. Je me suis engagé et je suis fier de défendre ce pays, et la famille que j’y possède mais… Mais je suis conscient d’avoir une autre famille maintenant. Et de t’avoir laissé, de vous avoir laissé, j’ai vraiment l’impression qu’il s’agisse de la pire chose que je pouvais faire d’un point de vue moral.
Et je l’ai fait quand même.
Le voyage s’est plutôt bien passé, on a trois jours de repérage et de préparation à la mission. J’espère revenir le plus vite possible.
C’est bête, mais depuis que je n’ai plus cette phrase sur mon bras j’ai l’impression de ne plus t’avoir toujours avec moi. J’aimais bien.
Embrasse Samaël.
Pardonne-moi.

 
Kahn



 
7 avril, New York


Kahn,

J'espère que tout va bien là où tu es, j'avoue être encore un peu secouée par ton départ... Surtout au vu des circonstances. Mais je comprend ce qui t'a amené là bas, je ne le juge pas, tu fais simplement ton devoir. Et j'ai confiance en toi pour me dire que tu nous reviendras. N'aies pas peur pour nous, c'est un peu le chaos à New York mais je ne sors pas beaucoup, et à Staten les choses sont assez tranquilles dans mon quartier, au final. De toute façon, Samaël dort tellement peu la nuit qu'il dort la journée, donc je ne sors pas... Et je dors, moi aussi. Il change déjà de jours en jours, je te met des photos de lui au moment où j'écris la lettre pour que tu puisses le voir un peu.
Courage, Kahn, prends soin toi et surtout reviens vite.
Je t'aime,
 
Moyra




 
8 avril, Gaza


Moyra,

La mission va être difficile. Pas impossible, pas effrayante, mais difficile. Même si je n’ai pas le droit d’en parler -et je sais que le courrier est filtré- sache que tu n’as pas à t’inquiéter. S’il y a beaucoup de choses pour lesquels je n’excelle pas, ici, je suis toujours là où l’on m’attend. Quoi qu’il puisse arriver je reviendrais, je te le promets. J’espère que tout se passe bien avec le bébé. J’aimerais tellement être là et apprendre avec toi, le voir grandir.
Te permettre de dormir un peu sûrement aussi. Si cela peut te rassurer, le sommeil est bien rare ici aussi. Je ne pensais pas la situation aussi tendue, mais avec toute cette histoire avec les phrases et les liés, j’imagine que ça n’a pas arrangé…
Le départ pour la mission a été avancé à demain, je ne sais pas si je pourrais beaucoup t’écrire pendant ce temps mais j’essaierais.
Prends soin de toi,
J’ai terriblement besoin de vous.

 
Kahn




 
10 avril, New York


Kahn,

Je suis littéralement épuisée. Sincèrement, qui aurait pu imaginer qu'une si petite chose pouvait me demander autant d'énergie. Samaël s'éveille de jour en jour, dort très peu, et il a une énergie absolument débordante. Enfin, qu'on s'entende bien, il peut pas faire grand chose, qu'on se mette d'accord. Mais il ne me laisse pas trois secondes de répit, veut toujours être dans mes bras, sinon c'est la crise de larmes...
Heureusement Klaus passe régulièrement, et le petit commence à se faire à lui. Ca me laisse l'occasion de prendre une douche, ce qui est, il faut l'avouer, un fait extraordinaire dans le déroulement de mes journées. Le parrain fait son boulot, il m'aide autant qu'il peut... Il t'embrasse, d'ailleurs, et te dit de prendre soin de toi.
Je ne te dirais pas à quel point je suis inquiète car c'est inutile, je continue de te faire confiance. L'angoisse qui serre mon ventre quand je regarde mon bras vide m'empêche de dormir la nuit, quand ce n'est pas Samaël qui le fait.
J'ai composé quelque chose la nuit dernière, et j'ai pensé à toi...
Je te joins la partition, et encore d'autres photos de Samaël.
Je t'aime, tu me manques.

 
Moyra



 
10 avril, Gaza


Moyra,

Je ne sais même pas si tu reçois ces lettres. J’espère… De notre côté, rien ne passe. Tout s’envoie facilement mais il est très dur de réceptionner. Peut-être n’as-tu pas la force, et le temps, de m’écrire. Vous me manquez atrocement et c’est très étrange de ne plus t’avoir dans mes bras. De ne pas te voir. Je ne pensais pas que cela faisait cet effet. Lorsque j’ai décidé de partir au bout de monde, de ne plus voir ma famille, de volontairement mettre de l’espace entre eux et moi, c’était difficile. Mais ça… C’est pire. C’est étouffant.
J’ai fait ma première erreur sur le terrain aujourd’hui. Rien de grave, ne t’en fais pas. Mais je me sais distrait. Je n’avais jamais été distrait auparavant.
Ce n’est pas un reproche, ne t’en veux pas. Au contraire. J’avais beau être concentré des années auparavant, j’ai perdu plus que ce que je ne pensais posséder… Avoir une raison de vouloir rentrer, c’est peut-être cela qui maintient le plus en vie.
Et crois-moi, je rentrerais.
Crois-moi.

 
Kahn





 
12 avril, New York


Kahn,

Je suis chez Klaus aujourd'hui, on s'est dits que ce serait sympa d'écrire la lettre ensembles. J'écris pour lui, vu qu'il, je cite "déteste son écriture d'enfant de six ans."

Salut Kahn, j'espère que tout va bien. Et que tu vas bien, surtout. Ici on ne t'oublie pas, et le temps se fait long sans toi. Impossible d'avoir de tes nouvelles, impossible d'obtenir aucune information. Mais j'ai foi en toi, tu reviendras. Ton fils est une crème, au fait, j'ai hâte que tu apprennes à le connaître un peu mieux. Je prends soin d'eux pour toi, je fais de mon mieux en tous les cas.
Je te laisse à Moyra, à la prochaine vieux.

Je crois que Klaus a dit beaucoup de ce que je voulais dire. Oh, pendant que Klaus surveillait Sam j'ai pris la liberté de passer dans ta boutique, histoire de faire un brin de ménage et d'entretien. Ne t'en fais pas je n'ai pas fouillé... oh, Durden va très bien. Krieg le harcèle littéralement mais ca n'a pas l'air de le déranger... ils sont pas simples à gérer, avec Sam, et ils vont être contents que tu rentres pour pouvoir aller courir, un peu.
Je crois que je n'ai jamais ressenti un tel manque.
Tu me manques.
Tout me manque.
Je t'ai glissé de nouvelles partitions, et j'en ai mis des vierges pour toi, aussi, avec un stylo. Des photos de Samaël, toujours, Et il y a aussi mon foulard, Ca te semblera peut être stupide mais... le fait de pouvoir mettre ton pull ou ce genre de choses me rassurent, Alors j'ai voulu faire la même chose pour toi.
Je t'aime,


 
Moyra




 
12 avril, Gaza


J’ai peur que ce soit une de mes dernières lettres. Les communications de l’armée deviennent difficiles, et la mission plus compliquée que prévue. Nous ne sommes que huit, et j’ai peur que les voyages des missionnaires chargés de délivrer les lettres ne soient repérés par l’ennemi.
Je me sens mal. Je me sens mal parce que j’ai bien plus peur que ma lettre ne te parvienne pas que pour la vie de l’homme qui la transporte.
Je ne sais pas si c’est normal. Mais quelque part, je suis content que tu sois loin. Loin de tout ça, loin de la guerre, de la famine, des fanatiques étranges… Le danger est partout aujourd’hui, mais ici, il est drôlement palpable et cela me rassure que la femme qui partage ma vie, que notre enfant ne voit pas tout ça.
J’espère que tu tiens le coup toute seule. Je sais que Klaus devrait te donner un coup de main, et j’espère qu’il fait bien son rôle de parrain… Non, j’en suis sûr.
Je vous embrasse tous,

 
Kahn




 
15 avril, New York


L'attente commence à devenir insupportable. Je sais ce que vivent les femmes de soldat, j'en ai connu quelques unes mais... Mais les circonstances font que tout ceci est bien plus dur que tout ce qu'on aurait pu imaginer. J'ai peur pour toi, et je me répète que je te fais confiance. Mais c'est en les autres, que j'ai pas confiance. Si quelqu'un te fait du mal je ne le supporterais pas.
Le temps est long à New York, beaucoup de choses se règlent mais les communications ne sont toujours pas revenues. Les journaux sont livrés quotidiennement, ainsi on peut avoir des nouvelles du monde entier ; la maison blanche a établit une ligne d'urgence par radio avec l'ONU et d'autres organisations du même style. On nous relaye les informations qu'ils veulent bien laisser filtrer. Mais je me fiche de mon téléphone, de la télé... Je veux simplement pouvoir être sûre que tu recevras ces lettres. Je voudrais être rassurée.
Crois moi que si j'avais peur de ne jamais perdre mes kilos de grossesse, tout ce stress m'aura au moins permis de retrouver la ligne.
Bon, sinon... Klaus a établit un pied à terre sur mon canapé, pour me permettre de dormir un peu. Samaël est un peu difficile, je t'avouerais. Mais quand je le regarde j'ai l'impression de voir l'une des sept merveilles du monde, que veux tu... Je me suis remise au sport, le médecin dira probablement que c'est trop tôt mais je connais mon corps. J'y vais doucement, mais je tiens plus en place, j'en ai assez de rester assise ou allongée. Oh, j'ai arrêté d’allaiter, aussi, c'était vraiment pas mon délire. ... Ça fait pas de moi une mauvaise mère, hein ? ...
Ils m'ont recontactée, au boulot, pour que je reprenne plus tôt. C'est la merde dans l'unité visiblement, mais Samaël a besoin de moi et j'ai refusé. Je ne reprendrais pas avant la fin de mon congé, dans deux mois.
J'espère que tu seras rentré.
Mon dieu, tu me manques. Te toucher me manque, t'embrasser me manque, te parler me manque.
Reviens vite,

 
Moyra




 
15 avril, Gaza

C’est définitivement ma dernière lettre. Le passeur a failli se faire capturer hier, on ne peut plus risquer quoi que ce soit. Je te jure que je mettrais tout à l’épreuve pour revenir au plus vite, pour te revoir. Si tu savais que tout me manque. Absolument tout me manque chez toi. Ton visage, ton sourire, ton odeur, ton corps. Je n’ai jamais été dépendant de rien… A part la musique peut-être, mais je suis sincèrement devenu dépendant à toi.
Attends-moi, je t’en prie.
Ne pas avoir de nouvelles reste le pire. J’espère qu’il s’agit vraiment d’un problème de logistique, et que tout se passe bien à New York. Je m’inquiète. Je ne peux pas m’en empêcher, tout m’inquiète. La peau nue sur mon bras, la radio, les ragots qui parviennent jusqu’ici.
Tout m’inquiète.
Même si rien ne parvient de mon côté, j’espère que tu reçois mes lettres. Même si elles sont moins nombreuses que ce que j’avais espéré. J’espère que tu ne m’en voudras pas de ne plus pouvoir en écrire.
J’imagine comme Samaël a du changé. Je le revois le jour de l’accouchement et… Même si ce n’était pas la journée idéale, c’était la plus incroyable -et anxiogène- de mon existence.
Tu ne réalises pas combien ce que tu m’as offert était immense.
Ça l’est encore d’ailleurs.
J’espère que Klaus prend soin de vous, dis-lui que je lui revaudrais ça. J’ai toute ma vie pour le rembourser…
Je vous aime,
Je t’aime,

 
Kahn


Listen to Sam Cooke, a change gon’ come. You put the work in, don’t worry about the praise, my love. I’ll be patient, one more month. You’ll wrap your fingers round my thumb. Times are changing, I know, but who am I if I’m the person you become, if I’m still growing up.
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Ven 15 Juin - 5:05
Kahn Ingisson ft Moyra Clark
It's all coming back to me.
25 Avril.

Moyra, penchée au dessus des lettres, pleure de soulagement.
Kahn est bien vivant. Kahn lui a écrit. Kahn va bien.
Les sanglots transpercent sa gorge, elle a eut peur. Peur de ne jamais le revoir.

Tout contre son cœur, Samaël tient ses grands yeux bien ouverts sur elle, et sa minuscule main se pose sur sa joue. Un baiser au creux de cette paume ridiculement petite, puis un sourire baigné de larmes.

Elle lit encore une fois les mots qu'il a couché sur le papier, s'abreuve de son inquiétude, de cet amour qu'il lui a transmit. Lit, relit, relit encore ses je t'aime, comme pour l'entendre les lui dire. Parce rien n'apaisera sa peur de ne pas le voir revenir. Ce matin, elle a craqué pour la toute première fois depuis son départ. Ce matin, elle a reçu ces lettres qu'elle attendait depuis si longtemps. Ce matin, son monde s'est coloré, et s'est écroulé un peu plus.
Car avec les nouvelles est venu une inquiétude plus grande encore, plus sauvage. Celle de ce qui se passe, là bas. Il lui est impossible de lui raconter à quel genre de mission il a affaire, aussi devra-t-elle lui faire confiance, elle n'a pas d'autre choix.

Prends soin de toi, reviens moi vite. Je ne craquerais plus, je te fais confiance. Quelque part, ailleurs, je sais que ton âme raisonne avec la mienne. Et peut-être que tu ressens ça, toi aussi, cette chaleur humaine qui vient du coeur...

18 mai.

- Mh... Ouais, il dort un peu mieux. Mais je t'avoue que je suis toujours aussi épuisée.
- Courage, il va finir par faire ses nuits un de ces quatre. Tu veux que je le prenne avec moi ce soir ? Vu que t'allaites plus, c'est moins compliqué. Ca te permettra de souffler un peu.

Moyra jeta un regard à l'enfant, endormi dans son couffin. Petits poings serrés au rythme de son rêve, paisible, ses longs cils d'enfants ourlant ses joues rondes et douces. Il était beau. Pas comme n'importe quel poupon... Beau, vraiment beau. Parce qu'il était son fils, et qu'il était devenu, contre toute attente, malgré les courtes nuits et les difficultés des premières semaines, le centre de son monde. Alors le laisser aux seuls soins de Klaus, à qui elle vouait pourtant une confiance sans faille ? ... Elle ne savait pas si elle était prête à s'y résoudre.

- Je... Je sais pas.
- T'inquiètes, va. Si ça te rassure, je le prends pour l'aprem et la soirée et je te le ramène pour la nuit, histoire que t'aies le temps de te reposer.
- Tu ferais ça ? La jeune femme, bien qu'elle ne se l'avouerait pas ni ne l'admettrait auprès de quiconque, était épuisée. Littéralement é-pui-sée.
- Bien sûr, j'suis là pour ça.
- Ouais, j'veux bien du coup... J'ai pas prit une vraie douche depuis genre, trois jours. Et autant lui ça le dérange pas, autant moi je commence à criser, et les chiens ont besoin d'une vraie promenade.

La blonde lança un regard à Durden et Krieg, couchés l'un à côté de l'autre près de la porte d'entrée. Il avait été convenu, avec Kahn, qu'elle reste chez lui pour le temps de son absence. Notamment parce qu'ici elle était plus proche du centre de New York, mais surtout de Klaus qui semblait prêt à réagir à tout moment. Elle ne le sollicitait pas si souvent, fort heureusement, mais il lui avait été d'une grande aide dans les moments de crises. Elle se souvenait particulièrement bien de ces deux jours épuisants durant lesquels Samaël n'avait cessé de pleurer que pour dormir et manger, empêchant le repos de sa mère.

- Laisse moi juste le temps de prendre une douche et je suis chez toi.

Ils raccrochèrent rapidement, puis Moyra s'éloigna vers le salon. Samaël dormait en haut, sur la mezzanine, proche d'elle. Le bambin possédait une chambre, dans son appartement à elle, mais... Elle était mieux ici. La présence de Kahn, littéralement imprégnée dans les murs, la rassurait plus qu'elle ne voulait bien l'admettre. La blonde investit la cuisine, préparant une série de biberon destinés à suivre le rythme des repas du bambin, puis elle entreprit de se faire à manger en vitesse. Salade, tomate, quelques dès de feta et un trait d'huile d'olive, cela suffirait à la sustenter jusqu'au soir. Elle ne prenait pas vraiment le temps de manger, dédiait ses journées à son enfant ou bien, lorsqu'il dormait, à la musique. Au sport, aussi, parfois. Elle restait active, en tous les cas, au moyen de promenades, de lectures, de visites parfois. Parce que la léthargie amenait l'inquiétude, et elle n'arrivait pas à gérer l'inquiétude. Alors elle faisait en sorte de ne pas lui laisser la place.

Samaël se réveilla de sa sieste de début d'après midi peu après l'arrivée de Klaus, qui lui tint compagnie le temps d'un café et d'une cigarette. L'allemand, qui avant cela lui était totalement inconnu, était de bonne compagnie. Un humour noir, grinçant, qui ne manquait pas de lui changer les idées et de la distraire. Etait-il son ami, aujourd'hui ? Sûrement. Elle lui devait beaucoup, notamment sa santé mentale. Elle admirait les mères célibataires capables de tout gérer, car le travail maternel était épuisant, éreintant, et physiquement et nerveusement. Klaus la soulageait grandement de l'absence du père.

La porte claqua derrière eux, la laissant dans un silence léger, salvateur, reposant.
Inspiration, expiration. Puis elle se rua littéralement vers la douche, y passa trente bonnes minutes. Depuis quand n'avait-elle pas pu prendre soin d'elle de cette façon ? Trop longtemps, et l'instant lui fit un bien fou. Détendue sous l'eau brûlante, elle profita de cet instant d'apaisement du mieux qu'elle le put. Mais, très vite rattrapée par la fatigue, la jeune femme alla s'étendre sur le large lit, dans la chambre.

Elle s'endormit, sur la couette, enroulée dans sa serviette, terrassée par la fatigue.

Un grognement traversa ses lèvres.
Elle enfouit son visage dans l'oreiller, à sa droite, puis se rendormit.
Un nouveau son la tira, cette fois ci, définitivement du sommeil.

Sourcils froncés, Moyra se redressa.


©️ Eurydyce


Moyra s'exprime en #663333
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Dim 17 Juin - 22:48
Hey baby, i'm home. I'm finally home.
7 mai.
« - Il a tenu jusqu’à la fin de la mission mais il faut absolument qu’il soit envoyé à l’hôpital.
- L’hélico est en route, qu’est-ce qui lui ait arrivé ?
- Fracture du genou je pense. Je crois qu’il y a des débris qui ont pénétré à l’intérieur…
- Attends, comment as-t’il fait pour…
- Hélicoptère en approche. Apportez-le, il a bien mérité de se reposer loin de ce bordel. »
Un œil qui s’ouvre dans la demi-conscience.
« Bon rétablissement Major Ingisson, vous l’avez bien mérité. »
Puis le noir. Encore.

13 mai.
« Déjà réveillé ? » Il n’avait plus expérimenté ce sentiment depuis des années. Ce bourdonnement interminable dans le crâne, la bouche pâteuse et l’impression qu’aucun muscle ne réagissait aux commandes de son cerveau.
Sans parler des hallucinations. C’était sa mère à côté de lui ?
« Cela fait presque six jours que tu n’as pas ouvert l’œil. »
Oh.
« Qu’est-ce que tu fais là ? » Ce n’était plus une voix enrouée, c’était l’abandon total de ses cordes vocales apparemment. « Jolie manière d’accueillir ta mère dis donc ! » Un léger coup d’œil en arrière pour apercevoir l’arrivée toujours à point de son géniteur.
Qu’est-ce qu’ils faisaient là ?
Que faisait-il là lui-même ?

*****

« Tiens. »
Perdu dans les limbes de sa propre incompréhension, il ne cilla pas tellement lorsqu’un paquet d’enveloppe s’effondra sur ses cuisses. Le sourire qui s’affichait sur le visage de sa mère était à la fois rassurant et surprenant. « Quelqu’un a semblait vouloir te parler durant ta mission. » Il força difficilement son corps à lui répondre alors qu’il commençait à détacher le cache maintenant chaque enveloppe collée l’une à l’autre. « On va te laisser un moment, on revient très vite. »

Son regard ne quittait pourtant pas le dos de la première enveloppe.
Moyra Clark.

Plus les images défilaient, plus les mots qu’ils lisaient atteignaient son esprit, plus il réalisait combien tout cela avait été long et épuisant… Les mots de son âme-sœur réchauffaient son organisme, comme si la léthargie qui l’habitait s’effaçait au fur et à mesure qu’il apprenait comment les dernières semaines avaient été vécu de l’autre côté de l’océan.
L’inquiétude de ne pas recevoir de ses nouvelles. Ses lettres étaient-elles parvenues avec retard lui aussi ? Les photos de Samaël qui semblait grandir, la partition, les mots plus retenus mais toujours sincères de son meilleur ami, les pages blanches de partitions, son foulard…
Il porta le vêtement à son nez. Peut-être que l’odeur avait disparue mais à vrai dire, le cerveau de Kahn était encore capable de l’imaginer.
Seigneur, Il n’avait jamais eu autant envie de rentrer.


18 mai.
« Tu nous appelles quand tu arrives ? » Son regard sembla donner la réponse à sa mère qui se contenta de rire doucement. Très bien, elle savait qu’il appellerait à un moment donné. Ne serait-ce que pour convenir d’une date où ils pourraient venir.
Lorsque Kahn avait appris pour l’opération un peu importante qu’il avait subi -il avait définitivement plusieurs débris qui avait pénétré sa jambe- et pour les broches dans son genou et la convalescence qu’il allait devoir sagement suivre, il avait subitement pensé que prévenir ses parents de sa paternité, et de sa nouvelle vie un peu scandaleusement annoncée à l’hôpital était de bon augure.
Heureusement que ses parents étaient toujours prêts à tout le concernant.
Maintenant, maintenant… Il allait monter dans l’avion qui allait le ramener à New York.
Avec une canne.
Ça n’avait pas failli passer d’ailleurs. Kahn n’était pas homme à aimer se sentir diminué. Surtout physiquement. Et penser qu’il allait perdre de la mobilité pendant une certaine -trop longue- période était très peu réjouissant. Puis on lui avait signifier que plus il se montrerait docile, plus il rejoindrait rapidement son âme liée.
Certains avaient compris rapidement où était ses priorités.
Il n’avait pas eu l’occasion de pouvoir recontacter Moyra, et hors de question qu’il demande cela à ses parents, même si ces derniers le lui avaient proposé. Non pas qu’il ne leur faisait pas confiance, ou qu’il n’avait pas cruellement envie d’au moins lui signifier qu’il était bien en vie, mais parce que c’était difficile pour lui de mêler ces deux parts de son existence pour l’instant.
Il rentrerait bien assez vite pour lui montrer combien elle lui avait manqué.



*****


Le voyage avait été long et frustrant. D’une part parce qu’il n’existait pas vraiment de positions assises qui puissent s’avérer être confortables avec sa jambe. D’autre part parce que l’impatience avait été beaucoup trop présente. Fort heureusement, il avait réussi à ne pas laisser part à la panique lorsque son voisin s’était assoupi contre son épaule. Enfin, céder à une réaction primaire de rejet violent avait été très proche de se produire mais le Stewart avait semblé capter l’action avant que le drame ne se produise.
Il faut dire qu’avec son tout nouvel état d’invalidité, tout le personnel semblait avoir été mis au courant de toute sa vie.
C’était une peu déprimant.
Maintenant que le taxi l’avait déposé devant son immeuble, semblant insister pour l’aider à monter son sac à dos imposant, l’impatience était de nouveau plus forte que jamais.
L’émotion se battait vaillamment avec la fatigue, il faut dire.

Malgré l’insistance du chauffeur, Kahn tint à faire cela tout seul. C’était un peu douloureux pour son dos avec le déséquilibre que la blessure provoquait, et puis, cette canne commençait déjà à éroder lentement mais surement le taux de sang-froid qu’il était capable de lui accorder.

Mais il allait revoir Moyra, alors plus rien ne comptait vraiment à part cet objectif.

Le silence qui l’accueillit était à la fois réconfortant et un peu angoissant. Pour peu qu’il rentre au seul moment de la journée où la jeune fille n’était pas présente… Seulement quelques effets personnels semblaient montrer que la jeune fille s’était trouvée ici très récemment. Peut-être même avec Klaus. Naturellement il se dirigea vers les escaliers après avoir songé que ça n’allait pas être un bonheur de vivre ici pendant sa convalescence… Il pouvait facilement poser la jambe au sol, il pouvait même plier confortablement l’articulation mais c’était laborieux. Les muscles avaient perdu en tonus après avoir été immobilisés et la teneur entière de son poids était encore source de douleur lorsqu’il faisait mine d’essayer de marcher normalement.
Un être humain normal aurait poser l’âne mort sur son dos avant d’entamer l’escalade, mais évidemment, Kahn n’était pas vraiment normal.
Il ne pensa pas spécialement à ne pas faire de bruit, mais le mois dernier avait tellement été synonyme de discrétion dans tous ses faits et gestes que sa lente et laborieuse montée ne fut vraiment pas très bruyante.

Lorsqu’il parvint enfin en haut, se débarrassant enfin du sac et de son blouson, il remarqua enfin la forme blottie sous les couvertures.
Moyra.
Pas de Samaël dans le coin. Kahn mourrait d’envie de le revoir, mais il faut dire que son niveau de fatigue actuel lui permit de ressentir un léger soulagement à l’idée que Parrain était surement passé par là…
Il posa doucement sa canne sans faire de bruit avant de retirer ses chaussures et de se glisser au côté du corps ensommeillé. Il perçut le premier grognement significatif que sa présence semblait troubler le sommeil de la jeune fille et eut presque envie de pleurer tellement le son -même enroué- de sa voix lui avait manqué. Mais c’est lorsqu’il passa son bras autour de sa taille, se retrouva allongé face à elle que les sourcils de la jeune fille se froncèrent. Elle se redressa et ouvra doucement des yeux sous un visage marqué par la fatigue.
Il ne devait pas avoir meilleure mine.
« Rallonge-toi. »  
Ses yeux n’arrivaient pas à quitter la jeune fille alors qu’il rapprochait le corps tendu de surprise vers lui.
Elle lui avait tellement manqué.
Il ne savait pas s’il s’agissait de la fatigue ou du trop plein d’émotions durant la période passée en Israël mais il sentit deux larmes involontaires s’échapper de ses yeux.
Bordel.
Il était enfin à la maison.
[/color]


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