Am I brave enough ? | Adamo
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Mer 9 Mai - 2:14

ft. Adamo Di Costanzo.

Rp évent.

Am I brave enough ?

La jeune femme lança un regard méfiant au bâtiment.
Dans sa main, une carte, un peu abimée.
Dessus, un nom. Enfin, deux.


Adamo & Cassandra Di Costanzo.
160 W 43rd Street.
Le Guillemin.

Guillemin ? ... C'était français, ça ? La devanture de l'endroit était marquée en lettres d'or, et le hall s'illustrait comme un temple de luxe dans qu'elle n'était pas préparée à découvrir. Alors... Cet hôtel, là, ce bâtiment, c'était à son âme liée ? ... Elle n'aurait pas cru faire face à un truc pareil. Elle devait se tromper, non ? Mais il n'y avait qu'une seule adresse, elle n'avait donc pas le choix.

Quelle aventure pour parvenir jusqu'ici. ... Et pourquoi était-elle ici, à vrai dire ? Elle avait encore du mal à savoir le pourquoi du comment. Huit jours, huit jours que les phrases avaient disparues. Huit jours sans communications, huit jours sans internet, huit longs et interminables jours. Probablement avait-elle été davantage embêtée par l'absence des réseaux que par l'absence de sa phrase, en vérité. Au début, tout du moins... Car voir ce "Fat Ass" quitter la surface de son épiderme avait presque fait monter des larmes de joie aux coins de ses yeux. Parce qu'elle était, après tout libérée de ce fardeau. Presque libérée, oui. Et le presque était bien notable. Durant tout ce temps, elle avait tâché d'oublier, d'omettre, d'étouffer cette inquiétude tenace qui avait gravit la colonne de ses émotions. Pourquoi une peur brutale l'avait-elle étreinte, lorsqu'elle avait pensé à l'homme qui lui avait dit ces mots ? ... Etait-ce sa mort qu'elle avait redoutée ? Mais pourquoi, pourquoi craindre pour lui ? Ils ne partageaient rien. Ne se devaient rien. Ne s'étaient rien promis.

Et pourtant elle était là. Avec sa carte entre les doigts, indécise. Celle qu'il lui avait donnée le soir de leur recontre, juste au cas où. Dieu qu'elle en avait peiné pour retrouver ce petit bout de papier cartonné, parmi ses vêtements. Coincé dans la poche intérieure d'une veste oubliée derrière son canapé lit... Si elle avait été plus ordonnée, peut-être aurait-elle retrouvé l'objet de sa quête un peu plus vite. Mais non. Et il avait fallut que la ville ne soit sans dessus dessous. Un métro sur cinq, les transports noirs de monde... Il y avait, dans les rues, cette ambiance étrange prompte aux événements inhabituels. Une insécurité globale, des regards en coins, des démarches pressées. Un capharnaüm qu'elle ne savait comment gérer et, elle devait bien l'avouer, être arrivée à bon port  était un véritable soulagement.

C'est donc les sourcils froncés que la jeune femme s'engouffra dans le hall. Ici aussi, l'ambiance était électrique. Ca et là, de riches clients étrangers, bloqués à New York pour la durée de cette catastrophe. Les bureaux surchargés pour accueillir les touristes forcés de séjourner plus longtemps que prévu, les employés, en sous effectifs visible, débordés. Hope demeura plantée sur place durant de longues secondes, perdue dans l'agitation, son regard papillonnant sur les hommes et femmes affairés à servir les clients.

La jeune femme se lança un regard rapide. Des docs martens, un short taille haute, des collants noirs, un t-shirt noir simpliste et son éternelle veste militaire. C'est que... Elle ne s'adaptait pas exactement au tableau qui s'offrait à ses yeux. Et cela du sauter aux yeux de l'un des responsables, car un brun, visiblement méfiant, s'approcha d'elle. Hope croisa les bras, le toisa tandis qu'il arrivait à sa hauteur.

- Mademoiselle ? Je peux vous aider ?
- Mh... Elle se mordit l'intérieur de la joue, puis lui tendit la carte. Je suis bien au bon endroit ?
- ... Hm, et bien, oui. L'homme lança un regard interloqué à la carte. Mais ce sont nos anciennes cartes, comment avez vous eu ça ?
- Bah, on me l'a donnée. Sur la défensive, la jeune femme. Et l'homme en face n'a pas l'air d'avoir confiance en elle. Je cherche Adamo. S'il vous plait. Il est là ?
- Adamo ? Il haussa un sourcil.
- Bah ouais, le mec sur la carte quoi.
- Alors, je ne sais pas à qui vous faites référence mais... Je ne connais pas d'Adamo ici et...
- Ecoute, essaie pas de me la faire à l'envers, j'ai pas envie de te faire chier plus longtemps que prévu. Juste dis moi s'il va bien et je me tire.
- ... Non mais je ne dis pas ça pour vous mentir. Je ne sais pas qui est cet Adamo.
- Bah renseignes-toi alors, parce que il a l'air important nan ?
- Ecoutez, nous... Nous sommes débordés. Je n'ai pas le temps de m'occuper de vous, alors si vous n'êtes pas là pour réserver une chambre ou pour l'hôtel, je vais vous demander de quitter les lie...
- Ecoute, du con, je plaisante pas quand je dis que tu vas aller te renseigner tu vois ? Parce que t'imagines pas le bordel que ça a été pour arriver jusqu'ici. Ce mec, c'est mon âme liée, tu vois, et il est nulle part. Pas à la mairie, ni rien. Alors tu vas te bouger le fion, et tu vas me trouver où il est et ce qu'il fout. Ok ?
- Mais je...
- Ou alors trouve quelqu'un de compétent pour répondre à mes questions, parce que t'as franchement pas l'air dégourdi.
- Eh ! Personne ne vous a autorisée à me parler de cette façon mademoiselle ! Les temps sont compliqués, j'entends, mais la politesse est de m...
- Tu sais quoi ?! Sa voix éclata légèrement, dans le hall. Peut-être était-elle plus inquiète que prévu. Ta politesse tu te la fous au cul !

Le quarantenaire lança un regard aux agents de sécurité, près des portes.

- Si tu me mets dehors je te jure que je rentrerais par les portes de service et je te retrouverais pour venir te faire chier personnellement... Son regard tomba sur son nom, épinglé à sa livrée. Julian !
- ... Un problème ici, Julian ? Une voix plus douce s'éleva, provenant de derrière la brune. Un cinquantenaire grisonnant, les sourcils froncés, se profila à leurs côtés.
- Oh, monsieur le sous directeur, c'est que...
- Mademoiselle ? Pourquoi ces éclats de voix ? Regard sérieux, autoritaire.

Le sous directeur, alors ? Peut-être que lui serait capable de l'aider. La jeune femme tendit vivement la carte à l'homme, les joues rosies par les évènements.

- Je cherche cet homme.
- Monsieur Heyton, je...
- Du calme, Julian. Allez vous dégourdir les jambes.

La brune adressa un regard noir à l'homme, qui se détourna avec humeur, puis reporta son attention sur ce fameux monsieur Heyton. Le visage de ce dernier s'illumina d'un éclair surprit. Peut-être avait-elle été chanceuse sur ce coup là...

- Adamo ? S'écria-t-il, interloqué. Vous cherchez monsieur Di Costanzo ? Mais... Enfin il ne travaille plus depuis l'hôtel depuis des années. Qui vous a donné cette carte ?
- ... Bah, c'est lui. Tout à coup, la jeune femme perd courage. Et son visage se décompose lentement. Putain de merde, fais chier... Alors ça veut dire qu'il est pas là ? L'homme secoua la tête pour signifier sa négation. Putain... et sa femme non plus ?
- Sa femme ?
- Bah oui, sa femme. Il est marié, non ?
- ... Adamo est veuf depuis des années, mademoiselle. Qui êtes vous, au juste ?
- Que... Veuf? Ah. Merde. Elle grimaça, changea de sujet. A votre avis, si je le cherche, je suis qui ? Sa putain de moitié d'âme, ça paraît pourtant évident.

Et ses incisives ravagent ses lèvres, témoins de la réflexion qui tourne dans son crâne. Sera-t-elle capable de le retrouver, à présent ? Probablement pas...

- ... Je ne fais pas ça d'habitude, mais... Je suppose que la situation est exceptionnelle. Je dois avoir son adresse, dans mon bureau. Vous la voulez ?
- ... Son adresse ? Un silence. Elle hésite, doute. Tout cela doit-il prendre autant d'importance ? ... Hope sait seulement qu'elle doit en avoir le coeur net. Ouais. Ouais je veux bien.
- Alors attendez moi là.

____________________________________________________________________________________________________________

La jeune femme inspira fermement, puis se redressa d'un coup, le doigt pressé sur sa narine blanchie. Immobilisée dans l'ascenseur, assise à même le sol, elle appuya l'arrière de sa tête contre le revêtement de métal. Voilà. Elle y était. Les portes ouvertes de l'habitacle donnaient sur le couloir illuminé. Et au fond, une porte, celle d'Adamo.
Voilà dix minutes qu'elle se tenait là, incapable de trouver le courage d'avancer. Alors, assise à même le sol, elle avait consommé le seul remède à son stress, le seul remède à ses doutes, le seul remède à ce manque de confiance qui ébranlait ses os. La C. Sa poudreuse à elle. Un rail, juste un, pour ne pas devenir hors de contrôle, pour apaiser le tremblement de ses doigts.

Une inspiration, elle se lève. Range son matériel. Tâche d'ignorer la sensation terrible qui transforme ses jambes en coton. Puis elle hisse la bandoulière de son sac sur son épaule, et avance. Un pas, puis deux. L'un après l'autre, ce n'était pas si compliqué, si ? ... Et là, face à la porte, sous la sonnette, son nom. Di Costanzo. Voilà qu'elle doit appuyer sur le bouton... Il ne reste que ça. Juste ça.

Elle manqua de partir en courant.

Mais au lieu de cela elle ferma les yeux, pressa la sonnette.

Et attendit.



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Jeu 10 Mai - 1:41
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Dim 13 Mai - 3:02

ft. Adamo Di Costanzo.

Rp évent.

Hell in your bedroom.

L'attente face à la porte.
L'attente face à la porte.
...
L'attente face à la porte.

Saloperie de putain de porte. Pose ta main sur cette poignée de merde, appuie, et ouvre cette foutue saloperie de putain de porte, Di Costanzo.

Une insulte, lâchée entre ses lèvres rougies par ses dents acharnées. Il n'y a pourtant que le silence de son côté de la porte, il ne semble pas y avoir âme qui vive dans cet appartement. Son poing s'abat sur le bois, puis sur la sonnette, elle lance son pied dans le chambranle avant de se détourner, furieuse. Où est ce pauvre type ? Où est-ce qu'il est ? Pourquoi son nom n'était pas à la mairie, pourquoi ne s'était-il pas inscrit sur ces foutues listes ? Ce n'était pourtant pas si dur, pas si loin de chez lui. Ici, à Manhattan, c'était plus calme. Pas comme dans le Bronx où les choses s'étaient envenimées très rapidement. Le chaos pour engendrer le chaos, exit le calme de sa rue... Alors tout ça, ça comptait plus pour elle que pour lui ? Elle était la seule à s'inquiéter ? Mais quelle plaisanterie. Quelle plaisanterie ! Il avait dû l'oublier, après tout. Elle n'était qu'une phrase, qu'une suite de mots douloureux et le souvenir d'une chemise arrosée de vodka. Et bordel, non ! Il ne pouvait pas être mort, ce n'était simplement pas possible.

Son oreille attrapa un son, lointain. Un éclat de voix, peut-être, mais elle ne comprit pas les mots qui furent prononcés. Non, elle ne sentit que la rage profonde de se trouver là, derrière la porte, tandis que quelqu'un se tenait visiblement à l'intérieur et refusait de lui ouvrir. Faisant fi de toutes convenances, la jeune femme s'offrit la permission d'abattre sa paume sur la poignée et d'ouvrir la porte d'un coup de poignet énergique.



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Dim 13 Mai - 3:12
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Dim 13 Mai - 22:01

ft. Adamo Di Costanzo.

Rp évent.

Crime scene in your bathroom.




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Dim 13 Mai - 22:21
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Lun 14 Mai - 14:07

ft. Adamo Di Costanzo.

Rp évent.

Come on.

Il n'a pas aimé que je parle de toi avec le sourire.

Parler d'elle avec le sourire ?
C'était la réflexion qu'elle se faisait, penchée au dessus de la cuvette des toilettes. Le souffle court et les mains agitées de soubresauts, Hope inspira profondément puis ferma ses paupières humides des pleurs que la nausée avait provoqués.
Ce type avait un sérieux problème. Parce qu'elle ne comprenait vraiment pas comment il pouvait ne serait-ce que parler d'elle à quelqu'un, et en plus, avec le sourire ? ... Après un verre de vodka jeté en pleine figure et une agression verbale, il parlait d'elle avec le sourire ? Qu'est-ce que c'était sensé vouloir dire ? Que tout cela avait un sens qu'elle n'avait pas vu, pas comprit ? Elle se rappelait surtout de l'hostilité et de la violence de l'instant, de la violence de leurs phrases. Comment y songer avec un sourire ? Comment pouvait-il y parvenir, lui ?

La brune passa ses paumes sur ses joues humides, renifla, puis se redressa après avoir tiré la chasse d'eau. Un tiraillement surprit son genoux lorsqu'elle voulu se lever, et le nylon de son collant s'accrocha au bois du parquet sur lequel elle s'était agenouillée. La matière céda, se troua, puis s'effila le long de sa jambe, de la bordure de son short jusqu'à son tibia. Un feulement désapprobateur plus tard, Hope se pencha pour observer les dégâts, puis secoua la tête et rejoignit la chambre pour aller chercher ce qu'il lui avait demandé. Pas d'armoire ou de commode, dans la pièce, juste... Une porte, à la droite du lit, entrouverte, un dressing probablement ? Et un joli dressing, qui plus est. L'esprit occupé, Hope n'eut pas le temps de se pencher sur les faits, cependant elle noterait plus tard le goût fin des vêtements qui passèrent entre ses mains. Belles matières, belles coupes, beaux prix aussi, sûrement.

Elle trouva, près de la porte, un sac de voyage dans lequel elle fourra un ou deux pantalons, t-shirt, chemises, sous vêtements et chaussettes. S'il s'était fait agresser ici, il ne pouvait y rester, n'est-ce pas ? Elle attrapa un pull, le jeta dans le sac, puis elle le ferma nettement et alla chercher un jogging qu'il lui avait demandé, ainsi qu'une chemise et d'un caleçon. La brune, l'esprit méthodique, tâchait d'ignorer le goût de la bile amère qui étreignait sa gorge, ou encore la sensation du tiraillement des larmes séchées sur ses joues. Elle ne devait pas faiblir, ne faiblirait pas.

Une inspiration puis elle le rejoignit, l'observant là, debout au milieu de sa chambre. L'air foutrement paumé. Pauvre homme. Lorsqu'elle songeait à ce qu'il avait dû vivre elle... Elle ne parvenait pas à s'expliquer comment quelqu'un avait pu vouloir lui imposer cela. C'était cruel, c'était malsain et vil, c'était une séquestration en bonne et due forme. Une mutilation... Et quand cette personne se serait-elle arrêtée ? Peut-être jamais. Et quand avait-elle commencé ? Elle avait peur d'avoir la réponse à cette question.

Putain, mais qu'elle était conne. Si elle avait seulement eu le foutu déclic de venir avant, elle aurait pu lui épargner bon nombre de cicatrices et... Et de terribles moments. Hope déposa le sac sur le lit puis s'approcha pour lui remettre les vêtements qu'il lui avait réclamés et qu'elle avait réunis pour lui.

- Habille toi. J't'ai fais un sac, mais j'sais pas où on va. J'me disais ton hôtel, au moins tu seras en sécurité. Et c'est vraiment pas loin... Ou alors un autre, y en a partout. Mais si t'es pas capable de choisir, on va au tient. J't'emmène pas chez moi, c'est trop loin.

La jeune femme se recula puis fila vers la salle de bain pour lui donner l'espace de s'habiller tranquillement. Là, elle se rinça la bouche puis bu de grandes gorgées d'eau, tâchant de se rasséréner pour conserver ses idées claires et concrètes. Un regard pour elle même dans le miroir.

Le mascara a coulé sous ses yeux de ciel. Et ses index frottent la peau pour effacer les marques des pleurs, pour retirer les embruns de noir qui assombrissent son regard pourtant si clair. Et rapidement, elle fait demi tour. La jeune femme retrouve son sac, avale une pastille à la menthe puis, dans un geste complètement contraire, la voilà qui s'allume une cigarette. Besoin d'une de ses addictions pour calmer la panique, peu lui importe d'être à l'intérieur, d'avoir le droit ou pas.
Sac hissé sur l'épaule, Hope va chercher celui qu'elle a préparé pour son âme liée puis le passe en bandoulière. Elle ose à peine revenir à sa hauteur, n'est pas sûre de pouvoir le regarder.

- On ferait mieux d'y aller avant que ce taré se re-pointe, j'avoue ne pas avoir très envie de le croiser. Appuie toi sur moi, on ira plus vite.

Elle lui offre le confort de son épaule, ou de son bras, comme il le préfèrera. Cependant elle essaie de ne pas le toucher plus que de raison, pour ne pas accentuer la douleur des plaies dont il est recouvert. Mais elle peut maintenant soutenir sa vue. Car ainsi vêtu, il paraît presque normal. Malgré son visage creusé, ses bleus, malgré l'air absolument dévasté dans ses yeux et l'expression perdue sur son visage, il n'avait plus l'air d'un buveur de sang psychopathe. Et l'on pouvait sans doute affirmer que c'était une bonne chose.

La route jusqu'à la porte d'entrée fut lente, mais efficace. Il ne tomba pas, et au vu de l'état de son corps, c'était probablement un exploit. Postés face à la serrure, encore à l'intérieur de l'appartement, ils s'arrêtèrent. Hope inspira doucement, se mordit la lèvre.

- On sort, ok ? Regard incertain. Si... Si on le croise je trouverais un moyen de le faire dégager. Je sais pas quoi, un truc, quelque chose.



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Mar 15 Mai - 19:52
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Jeu 17 Mai - 5:32

ft. Adamo Di Costanzo.

Rp évent.

Guillemin

La jeune femme grogne, titube sous son poids, puis serre les dents et le conduit jusqu'au bout du couloir, dans l'ascenseur qu'elle avait occupé quelques minutes plus tôt. Qu'elle lui paraissait douce, à présent, l'angoisse qui l'avait saisie en arrivant. Cette simple angoisse de le revoir, oui... Cela semblait si peu en comparaison à ce qu'elle éprouvait en cet instant précis. Un sentiment qui lui prenait les trippes, une peur vicieuse qui lui hurlait de faire attention... Mais attention à qui, au juste ? Et si l'autre lui claquait dans les bras ? Et s'il s'évanouissait d'avoir trop souffert, trop saigné, trop peu mangé ? Depuis combien de temps n'avait-il pas bu ?

- Tuer quelqu'un à coup de pieds dans les burnes, franchement, faut le vouloir.

Elle grommelle entre ses dents, le laisse s'appuyer contre la paroi de métal, puis presse le bouton du rez de chaussée à l'aide de son index. La jeune femme le relâche quelque peu, remet en place les sacs qui prennent de la place sur ses épaules, puis elle lui redonne son bras pour qu'il se positionne. Bientôt, ils arriveront dans le hall. Et elle prie tous les foutus dieux du monde, même celui qui les a visiblement abandonnés, pour que le taré ne soit pas là, planté devant eux, derrière les portes de métal. Ses dents se serrent, il s'appuie pleinement sur elle à l'instant où l'habitacle s'immobilise. Et derrière le métal, soulagement... Personne.

Alors c'est un pas après l'autre qu'ils se dirigent vers la rue. La jeune femme garde la mâchoire contractée, concentrée pour ne pas faillir sous le poids qui s'appuie de plus en plus sur son épaule. Regard baissé sur le bitume, elle retrouve le chemin sans trop de difficultés. Elle a passé du temps à trouver son appartement, n'a pas l'intention de se perdre avec lui sur le dos. Et sans son téléphone, sans google Map, c'est à son sens de l'orientation qu'elle doit faire appel. Là encore, l'exercice n'est pas simple. Enfant de la technologie, et sa mère n'a jamais été assez douée dans l'espace pour lui apprendre à lire une carte. Le seul qui aurait pu le faire avait été absent durant la majeure partie de sa vie. Mais elle se souvenait du schéma des blocs, des immeubles.

Les émeutes sont courantes dans les rues, et l'état d'Adamo semble interpeler sans pour autant alarmer. Peut-être ont-ils eu eux aussi affaire, à Manhattan, aux excès de violences qui ont parfois débordé dans la cité. La vue de l'homme alors, sérieusement amoché, les choquent peut-être mais n'est plus inhabituelle. ... Triste état de fait.

Bientôt, la jeune femme perd son souffle, oublie de communiquer, ne fait que se concentrer. Peut-être ne l'écoute-t-elle pas vraiment lorsqu'il tente de lui parler, uniquement concentrée sur la route qu'elle doit mener. Son regard se plisse légèrement, il ne leur reste plus que quelques minutes de marche.

- Si, tu me fais un mal de chien. Elle ravale sa douleur sous un grondement, puis se redresse pour mieux le soutenir. Mais je vais pas te laisser là hein, le rital sans papiers.

Le corps entier proteste. Le genoux, d'abord, fragile et pourtant pivot central de l'appui qu'elle lui offre. La clavicule qui soutient le sac en bandoulière, et puis son bras à lui, sur son coude replié pour le soutenir. Mais il ne peut le savoir, elle ne peut l'en blâmer, et elle doute que son état ne prime sur le sien. Elle peut avoir mal durant quelques instants, en a l'habitude. Lui, en revanche, est dans un piteux état. Le front couvert de sueur, le visage cristallisé dans une expression d'effort intense et de douleur communicative. C'est en voyant sa peine que la jeune femme décide d'accélérer le mouvement, ignorant ses peines et ses maux. La devanture du Guillemin apparaît après une marche silencieuse, et ils n'ont croisé personne, personne de notable.

La jeune femme ne se sent en sécurité qu'à l'instant où elle franchit les portes de verres qui mènent dans l'hôtel de luxe de son âme liée. Son souffle crispé se relâche, sa mâchoire douloureuse se détend. Certains regards se tournent vers ce duo étrange, mais personne n'ose les approcher. L'effort a du affaiblir l'homme, car elle sent qu'il flanche, peu à peu, contre son flanc. Et la brune ne tardera pas à flancher avec lui, s'il continue à s'appuyer ainsi.

- Bordel de merde ! Sa voix raisonne dans le hall. Ca vous emmerde pas de nous laisser galérer, pauvres cons ?! Son regard clair se redresse, urgent. Et elle observe les responsables, regarde Julian qui ne bouge pas, n'avance pas vers elle, les bras croisés. Putain d'enculé de... Je vais le...
- ... Adamo... ?

Dieu merci. Heyton et sa moustache.

- Oh putain, merci... La jeune femme flanche un instant, se redresse. En nage.
- Mais, que... Vous...
- Il est à lui, cet hôtel, nan ?Grince-t-elle entre ses dents.
- ... Oui ?
- Alors trouvez lui une chambre rapidement sinon vous allez le récupérer par terre, et moi étouffée en dessous. Elle lui aboie presque dessus, pourtant... Il a l'air fort aimable, cet Heyton.

Les deux hommes semblent se regarder, du moins, elle en a l'impression. Puis Heyton se détourne. Ses yeux restent rivés sur le sol, concentrés, plissés. Il ne se passe qu'une vingtaine de secondes avant qu'Heyton ne revienne vers eux.

- Venez avec moi. Je vais vous installer. L'hôtel est complet mais il nous reste les suites des derniers étages, en cas d'urgence, comme toujours.

L'homme soutien Adamo alors qu'ils se déplacent, laissant Hope respirer un peu, en amont. La douleur est sourdre, pernicieuse dans son genoux. Elle déséquilibre sa marche, fait craquer sa rotule à chaque pliure. Dans l'ascenseur, la brune appuie son crâne contre le métal, n'écoute plus rien, le souffle court. Trop d'un coup, trop d'efforts, trop d'appréhension, de stress, de peur. Ici, elle se sent plus ou moins en sécurité. Personne ne peut se douter qu'il est là, qu'elle est là. Ou bien si, peut-être dans son cas mais... La chambre demeurera privée, n'est-ce pas ? Elle laissera son âme liée s'occuper des détails, et après tout... Elle ne comptait pas s'éterniser. Le but n'était pas de créer des liens, non, pas vraiment. Juste de s'assurer qu'il allait bien, qu'il irait bien. Peut-être l'autre discute-t-il avec l'Italien, elle n'écoute pas, n'écoute plus, se focalise sur les battements de son cœur erratique et sur la condensation de son souffle chaud, sur les parois d'acier.

La porte s'ouvre sur un couloir calme, paisible, et silencieux. Quelques portes seulement à cet étage, espacées les unes des autres. La brune laisse les deux hommes passer devant, se glissant dans leur sillage pour ne pas les perdre. L'un comme l'autre, trop occupés à se diriger vers la suite, ne notent pas le léger déséquilibre qui la perturbe. La douleur crispe sa jambe, mais elle ne dit rien. Ne veut rien dire, ne souhaite pas que cela se voit. Surtout pas qu'il ne le voit, lui. Cette preuve de faiblesse qui la rend de guingois.

Une clé magnétique, la porte s'ouvre. L'endroit est grand, lumineux, sublime, décoré avec goût et grand soin. Un petit écrin formidablement bien mis en valeur par de grandes fenêtres, par une belle vue. Hope jette un regard circulaire à l'endroit, ne dit rien. Se demande pourtant ce qu'elle peut bien faire là, comment, par quel coup du sort s'était-elle retrouvée à arpenter les couloirs et suites d'un palace...

- Je vous laisse. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, vous appelez ce numéro, sur les lignes de l'hôtel. Ce sont pour nos clients prioritaires... Avec l'avalanche de réservations je ne vous promet pas un service éclair mais ce sera plus rapide.Il regarde Adamo, l'avise. Ne fait pas de commentaires, s'il n'en a pas déjà fait...Tu connais ces chambres par coeur, je n'ai rien à te présenter. Bonne fin de journée, Adamo... Et soigne toi.

La brune se débarrasse de son manteau à la seconde où le cinquantenaire franchit la porte. Les sacs, retirés, la veste aussi. Dieu qu'elle avait chaud...

- ... Bon... Maintenant que t'es en sécurité...Elle inspire doucement. Tu veux que je reste ou bien... ?



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Sam 19 Mai - 3:55

ft. Adamo Di Costanzo.

Rp évent.

Just a little heat.

Le contact la surprend tout à coup. Il a attrapé ses doigts pour les apposer contre sa joue, sa grande main à lui pour attraper sa paume trop petite. Elles sont énervantes, ses petites mains, et les doigts si fins, trop faciles à briser. Les phalanges disparaissent toujours entre les ressacs des mains des hommes, qui s'amusent à les emprisonner comme l'on mettrait un tout petit oiseau en cage. Mais le contact est doux, léger, il semble avoir comprit qu'elle n'a pas envie d'avoir trop affaire à lui. Il ne force pas, elle le touche à peine, et pourtant elle ne bouge pas. Non, Hope se contente de le regarder, médusée.

- ... C'est pas pour te punir, c'est que... Je... Elle fronce les sourcils, se racle la gorge. J'ai rien trouvé d'autre. J'ai bien vu que tu avais suffisamment douillé pour chercher à en rajouter une couche.

Il a l'air paisible tout à coup, beaucoup plus paisible, mais tellement plus triste aussi. Peut-être qu'ainsi il sent la chaleur de sa peau à elle, peut-être qu'il sent ce qu'elle a sentit tout à l'heure lorsqu'elle l'a touché. Peut-être qu'il...

Arrête de fabuler, Hope.

Le pouce de l'homme glisse sur son poignet un instant, puis il relâche sa main, s'excuse, soudain. Vulnérable, tellement vulnérable tout à coup. Presque nu, assit là, démuni. Ses traits sont défaits et peut-être, alors, peut-être Hope s'en veut-elle un peu d'avoir été si sèche. Mais elle ne peut empêcher ce sentiment de contradiction qui la pousse à s'enfuir, qui la pousse à le repousser, qui la pousse à essayer de minimiser ce lien qui pourrait pourtant vouloir dire tant de choses. Qui pourrait pourtant lui apporter tant, la soulager, guérir un vide trop grand que rien ne peut combler.

Toujours un peu toute seule et c'est toujours un peu de ma faute.
Mais il a l'air d'avoir le cœur crevé, un peu comme moi peut-être...
Pourquoi ça me touche ?
Arrête, arrête Hope.
L'atterrissage sera trop douloureux.


Une inspiration, elle s'apprête à retirer sa main. Mais le visage d'Adamo se niche contre elle, dans une prière tue. Là, son front, dans le creux de son cou. Et ses cheveux humides qui flirtent avec la ligne de sa mâchoire, l'odeur du shampoing, le contact de ses mains dans son dos. Les doigts se glissent contre les fibres de son t-shirt, il semble comme s'y agripper.

- ... Pitié... Murmure-t-il, sa voix étouffée contre son vêtement.
- Que... Mais...

La voilà prise de court. Démunie face à sa détresse, elle ne parvient pas à bouger. Pitié. Pitié ce n'est pas s'il te plait, ce n'est pas je t'en prie, pitié c'est fort. Pitié... C'est désespéré, comme un appel à l'aide en dernier recours. Est-elle assez cruelle pour lui refuser cette aide qu'il ne peut s'empêcher de verbaliser ? Non. Alors elle ne bouge pas lorsqu'il la serre contre lui, lorsque ses bras forts emprisonnent son buste, compriment son souffle.
Alors la jeune femme ne sait plus que faire de ses mains, de son regard, de son corps. Le contact, provoqué ainsi, lui est inhabituel. Elle n'a pas l'habitude d'être tendre, pas l'habitude qu'on vienne chercher ainsi sa chaleur et surtout, elle n'a pas l'habitude de se laisser faire. Le rythme cardiaque s'accélère, devient plus violent, il frappe et frappe ce cœur, frappe contre sa cage thoracique. Sa mâchoire se contracte, peut-être a-t-elle un peu trop peur qu'il ne l'entende, de là où il est. Comme pour l'empêcher de se concentrer sur cet état de fait, les deux paumes de la jeune femme vinrent maladroitement se poser respectivement dans sa nuque et sur son crâne.

- Je... Ok... Il la trouve belle, dit-il. Merci, je suppose ? Et il rajoute que c'est sincère... Dur d'y croire lorsqu'il est celui qui, de ses deux mots originels, avait brisé son cœur avant même qu'elle ne le rencontre. Ecoute... J'imagine que tu es épuisé, et c'est bien normal. Tu devrais essayer de te reposer, si ça te rassure je peux rester encore un peu. Mais il faut que tu manges et surtout que tu boives pour reprendre des forces. Son visage se lève vers le plafond, elle ne sait pas quoi faire, vraiment pas. ... Je... Elle doit être franche, sur ce coup. Je n'ai aucune idée de comment t'aider, je... Je suis pas très douée pour aider les gens. Un soupir. Désolé d'avoir dit que t'étais con mais... En même temps, quand tu fais des trucs aussi cons j'y peux rien moi. Ca veut pas dire que... Enfin on se connaît pas, j'en sais rien si t'es con, voilà, c'est tout. Peut-être que c'est elle qui a besoin de se détendre, car son corps est entièrement crispé. Elle ne bouge pas, cependant. Adamo... Il est si joli, ce prénom. Ne place pas d'espoirs en moi, d'accord ? Je suis pas une belle personne.

Son regard se baisse enfin vers lui, très sérieux. Elle le regarde, là, contre elle. Ils ne se connaissent pas mais, alors... Quelle est cette chose qui raisonne ? Elle l'ignorera, tachera de l'oublier. Et il ne pourra s'en plaindre, car c'est lui qui l'a cherché.

- Tu veux bien me lâcher ? Sa voix est plus douce, c'est une réelle question cette fois ci. Pas une agression. Je vais aller nous chercher de quoi boire et tu pourrais commander à manger.



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Dim 20 Mai - 2:13
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Mer 6 Juin - 0:30

ft. Adamo Di Costanzo.

Rp évent.

Just a little heat.

Un petit sourire tord les lèvres de la jeune femme tandis qu'elle ramasse les compresses rougies du sang de son âme liée. Son regard ne quitte plus la table maintenant que l'homme s'est reculé. La proximité avait quelque chose d'étrange, et elle se sentait comme un animal face aux vagues. Peur d'y plonger, peut-être, pas très envie également, et pourtant étrangement attirée. Ses dents se serrent, elle chasse cette pensée absurde qui n'a rien à faire là.

- Dire que tu as ruiné ma vie serait donner à tout cela trop d'importance. Murmura-t-elle. A la phrase, je veux dire. Tu as pas idée d'à quel point ça m'a poursuivie, mais je m'en suis remise.

Etait-ce vraiment vrai ? Pouvait-on réellement oublier ce genres de choses ? Ce Fat Ass, contreplaqué sur son bras en grosses lettre de sang, avait perturbé sa jeunesse. Plus qu'elle ne l'avouerait jamais. Tout cela avait commencé tôt, très tôt. Dès son enfance ans, pour être plus précis, à l'âge où le mot Ass fait rire les enfants et entraîne des moqueries encore innocentes. Innocentes, oui, mais dures pour ses oreilles de petite fille. L'adolescence avait été la pire de toute les périodes, et notamment le lycée. Dès ses premiers jours dans son nouvel établissement, sa phrase avait fait le tour des classes et des élèves pour devenir la meilleure blague de l'année. Regards sur ses fesses, attention précoces des garçons et dédain des filles, tags dans les toilettes du lycée, "Fat Ass", sans même prendre la peine de noter son prénom car il était clair pour tout le monde que le message lui était destiné... Elle n'avait jamais su expliquer pourquoi l'on se moquait tant de mots qu'elle n'avait pourtant pas choisi. Mais il était simple et facile de tourner en dérision ces mots, et beaucoup se prirent au jeu.

Il en avait été de même pour un jeune homme de sa classe. Sur son bras, deux mots, tout comme elle. Kill Yourself. Il s'appelait Jordan, son meilleur ami de l'époque.

Ils s'étaient trouvés dès le premier jour et ne s'étaient jamais éloignés. Plutôt que de s'apitoyer sur leur sort, ils avaient tous deux fait de leur phrases un étendard aux moqueries. Lorsque quelqu'un s'en prenait à lui, elle répliquait en crachant "Kill Yourself". Et lorsque quelqu'un s'en prenait à elle, il répondait ses mots à elle. Autant de majeurs levés contre l'humanité qu'il en était possible. Et éventuellement, après plusieurs mois, ils avaient réussi à en rire. Entre eux, et puis avec les autres. Populaires à force de faire preuve de cet esprit de rébellion, populaire parce qu'ils étaient différents, quelle belle ironie.

Ca fait quoi, Hope, d'être le cul le plus célèbre du lycée ?

Mais elle n'avait jamais pu vraiment l'accepter, hein ?
Comme pour rire au nez de leur petite mascarade, Jordan avait fait une tentative de suicide.
Elle n'avait jamais plus réussir à rire de ses propres mots. Après cela elle n'avait plus jamais revu Jordan, transféré dans un autre établissement.
Et elle avait noirci, noirci et noirci les mots tagués dans les toilettes du lycée.

Un claquement la fit revenir à la réalité, elle releva brusquement la tête pour voir son âme liée faire jouer l’élastique de son boxer sur sa peau. Un sourcillement étonné traversa son visage, puis un sourire fantomatique, proche de l'amusement, traversa son visage, et elle secoua la tête en se concentrant sur sa tâche de nettoyage.

- Songe d'abord à te remettre de tes coupures avant d'aller pousser de la fonte, le Rital.

Elle alla jeter les compresses à la poubelle, puis s'approcha de la table de nuit pour prendre le téléphone qui lui permettrait de commander quelque chose à manger. Elle attrapa le combiné puis se saisit du morceau de papier que lui avait donné Heyton, avant de tourner la tête vers son âme liée, maladroitement étendue sur le lit. Ses doigts fatigués venaient d'attraper le tissus de son t-shirt, comme l'aurait fait un enfant. Le regard de Hope se braqua dans le sien, plein d'un avertissement teinté d'incompréhension. Elle ne voulait pas qu'il la touche plus que de raison mais... Un câlin ?

- ...Hm... Froncement de sourcils, elle tâche de répondre mais le voit qui s'endort peu à peu. Ouais, j'crois que t'as besoin de sommeil hein.

Puis elle resta là. A attendre qu'il veuille bien la lâcher tandis qu'il plongeait dans un sommeil profond. Trente secondes, une minute. Hope mordit sa lèvre puis glissa ses doigts sur ceux d'Adamo pour les faire lâcher prise. Son regard tomba sur ses doigts, aux cuticules rougies par le sang de l'homme. Tâchés de son hémoglobine qu'elle avait pourtant voulu effacer. Elle fronça les sourcils, se lança un coup d'oeil plus global. Son t-shirt aussi était tâché, et copieusement, et son collant grossièrement effilé. Elle avait bien besoin d'une douche, elle aussi.
Alors, en douceur pour ne pas le réveiller, Hope défit la prise de ses doigts puis fila vers la salle de bain ouverte. Dieu, elle espérait sincèrement qu'il ne se réveillerait pas car l'idée qu'il puisse la voir nue la mortifia, tout à coup. Nue, dans son état le plus vulnérable. ... Non, non, elle ferait vite. Très vite.

En un éclair, la jeune femme se débarrassa de ses vêtements puis fila dans la douche, abandonnant l'idée de commander quelque chose à manger. Le regard toujours braqué sur lui dans l'espoir qu'il ne se réveille pas, elle savonna son corps en quelques secondes, lava ses cheveux, puis sauta hors du bac de douche. Encore trempée, elle glissa maladroitement jusqu'au porte manteau où étaient étendus les peignoirs puis s'emmitoufla promptement dans le tissus épais.

En sécurité.

Mais très vite, elle entendit les murmures de panique et les geignements de terreur, et son regard clair se braqua sur Adamo qui s'agitait, entre les draps. Lentement, la jeune femme avança jusqu'au chevet de l'homme, reprenant la place qu'elle avait abandonné quelques minutes plus tôt, puis elle s'assit sur le rebord du lit. Fallait-il qu'elle le réveille ? Roulé en boule, le visage traversé par une expression qui mêlait la peur, la douleur et la tristesse, l'homme lui apparaissait comme pitoyable. Pas de ce pitoyable dont elle se serait moqué, mais il devint tout à coup la source d'une empathie violente et mal contenue. Ses sourcils se froncèrent, elle remarqua les pleurs qu'il exultait, les soupirs lourds qui soulevaient son torse, puis posa sa main sur son épaule.

Il sursaute, la regarde, tout à coup. Les yeux humides, rougis.

- Tout va bien.

Elle sourit maladroitement, ne sait pas trop comment réagir, quoi lui dire. Elle ne se sent pas à sa place, ce ne devrait pas être elle qui se tient à ses côtés.

- T'es en sécurité, détend toi.

Et sa main reste posée sur son épaule, elle laisse planer un silence tandis qu'elle le regarde étrangement. Quelques secondes s'écoulent durant lesquelles elle ne dit rien, passe sa main dans ses cheveux trempés.

- Je... Je sais pas si ça peut t'aider ou quoi, mais si tu veux je peux rester un peu là. Elle haussa les épaules. Pas trop longtemps mais j'peux pioncer sur le canapé pour la nuit. Les cauchemars c'est jamais drôle, surtout quand on est tout seul. Sa main se retire de son épaule. J'te promets pas la meilleure compagnie de la ville mais au moins tu seras pas tout seul dans le noir.




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Mer 6 Juin - 17:23
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Ven 15 Juin - 1:35

ft. Adamo Di Costanzo.

Rp évent.

Quiet Morning.

Hope regarde le plafond.
Le lit est immense et elle se sent ridiculement petite au cœur des draps. Il aurait du rester là, lui dont le corps a été brisé par la douleur, elle est presque sûre qu'il ne parviendra pas à dormir confortablement sur le canapé. Là où la jeune femme aurait pu se reposer convenablement, lui doit souffrir du manque de place que sa taille lui confère.
Ses yeux se ferment, il fait nuit, et elle ne dort toujours pas.
Quelle heure est-il ? ... Peu importe.

L'angoisse des derniers jours lui revient de plein fouet.
Koda, et sa tristesse, Koda et son désespoir. Koda et sa vie maintenue à un fil qu'elle avait tâché de garder au creux de ses mains.
La disparition de sa phrase, l'horreur dans la rue, les émeutes, les manifestations, la cohue.
L'isolement, sans communications.
Son père, absent, plus de nouvelles, plus rien...
Et si tout cela s'éternisait, et si tout cela durait pour la vie ? Le reverrait-elle un jour ? Et sa mère, alors, comment faire pour savoir si tout allait bien, pour elle ? Elle s'en voulu, tout à coup, de ne pas l'avoir appelée plus souvent. De ne pas lui avoir dit combien elle l'aimait malgré la rancœur dans ses veines. Que malgré tout ce qu'elle voulait bien dire, elle restait maman et que ses bras chauds lui manquaient, parfois, que ses mots réconfortants étaient le meilleur des baumes à sa tristesse. Elle avait toujours su lui parler, elle, écarter les démons lorsqu'ils étaient trop présents. Mais elle ne peut plus rien lui dire, à présent... L'ironie est que si tout revient à la normale, elle n'osera pas lui avouer.
Hope est fatiguée ce soir, mais le sommeil tarde à venir. Elle tâche d'oublier la présence de son âme liée, si proche. Il est le seul réconfort dans lequel elle pourrait puiser. Mais là encore, elle n'ose pas, n'ose rien, se répète qu'elle ne mérite rien de tout cela et qu'il ne mérite rien non plus. Il a dit les mots sur son bras et ainsi, a sonné le glas de tout ce qu'ils auraient pu construire ensembles, n'est-ce pas ? Elle veut s'en persuader, ne veut pas s'avouer que l'homme qui lui fait face est bien différent de l'ordure qu'elle avait imaginé.
C'est dur d'avouer que l'on s'est trompé durant toute son existence.

Le nez enfoui dans l'oreiller, Hope fixe l'obscurité dans l'attente du sommeil.
Il ne viendra la cueillir que bien plus tard, juste avant l'aube.

C'est l'odeur du bacon et du beurre qui la réveille, chatouille ses narines. Blottie dans les draps, enroulée dans le peignoir qu'elle avait enfilé après sa douche, la jeune femme plisse les yeux en accusant la lumière du jour. Sa main court sur son visage endormi, elle écarte les mèches folles qui envahissent son regard si bleu. Tout est calme, ici, tout est silencieux. Paisible et doux, le lit l'accueille comme un sanctuaire paisible qu'elle ne voudrait jamais quitter. Loin des angoisses de la nuit, la jeune femme s'étire, féline dans les draps, étend ses bras et ses jambes pour repousser le sommeil qui voudrait la kidnapper un peu plus longtemps. Enfin, elle se redresse, assise, et replace le peignoir sur son épaule dénudée, remet correctement la ceinture autour du vêtement qui obstrue sa nudité.

Premier réflexe, le chercher. Lui. Où est-il ?
Ses cils battent l'air pour se faire à la luminosité, puis elle l'aperçoit, là, de dos, une cigarette à la main. Il n'a pas du percevoir son réveil, aussi se lève-t-elle souplement pour filer vers la salle de bain. De longue gorgées d'eau pour la désaltérer, puis dans un réflexe matinal, elle lave son visage, se brosse les dents, puis récupère son short plié près de la douche. A l'intérieur de la poche avant droite, son flacon de Vicodin, qu'elle s'empresse d'ouvrir pour prendre sa pilule matinale. Son genoux la fait souffrir, ce matin, et elle sait que c'est à cause des événements de la veille. Elle ne peut rien faire de plus, cependant, acceptera la douleur comme  elle est venue. Vieille amie...

La jeune femme fit volte face puis se dirigea vers le cœur de la chambre, à présent plus réveillée. Toujours discrète, silencieuse comme un chat, son pas la rapproche d'Adamo qui, de dos, fume en regardant la ville. Qu'entend-elle, en s'approchant ?
Cassandra... C'est le nom qui était noté à côté du sien, sur la carte qu'il lui avait confiée. Sa femme, n'est-ce pas ? Il ne peut en être autrement. Elle décide, malgré tout, de ne faire aucun commentaire. La plaie est peut-être récente, elle n'en sait rien, ne veut pas remuer le couteau inutilement.

Hope attrape un morceau de pain, se poste à côté de lui.

- Bonjour. Il y a du progrès, son ton est un peu moins sec, ce matin. Comment tu te sens ?

Elle le regarde, avise son visage fatigué, ses traits tirés, son regard assombri. Il est temps de prendre une décision... Est-elle capable de le laisser seul, dans cet état ? Parviendra-t-elle à passer le pas de la porte en sachant la torture qu'il a du vivre et qui doit se rejouer dans sa tête ? Pourra-t-elle se regarder dans la glace ?

- J'ai passé une nuit de merde. Son regard se reporte sur la ville, il est éclairé par le soleil qui pointe au travers des nuages. L'astre joue avec les éclats d'azur de ses prunelles, réveille le mauve du pourtour de son iris, excite le cœur pâle du bleu ciel qui entoure ses pupilles. Tableaux chimériques que sont ses yeux. Cette nuit tu prends le lit, tu seras mieux, parce que j'ai l'habitude de dormir sur un canap en vrai. Si tu refuses je ne me coucherais simplement pas, et je taperais sur des casseroles à côté de tes oreilles jusqu'à ce que tu te lèves pour aller poser ton cul sur le matelas. Sourire fantomatique, elle le regarde. Elle a prit sa décision, n'est-ce pas ? Elle ne le laissera pas tout seul et elle vient de l'avouer, implicitement. On va essayer de te changer les idées aujourd'hui, non ? Doit bien y avoir des choses à foutre dans cet hôtel, à part avaler des quantités astronomiques de bouffe.

Elle va chercher une cigarette, ouvre la porte menant à la terrasse, puis l'allume rapidement. L'air frais se glisse contre la peau de ses jambes nues, sous le peignoir.

- C'est toi le maître des lieux, mais je suppose que si on trouve rien, on pourra toujours se mettre une cuite. Parce que c'est vraiment la merde dehors et qu'à un moment où à un autre, j'en aurais besoin. Pour oublier un peu. Mais si tu veux aller te reposer encore, hésite pas.




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Ven 15 Juin - 23:57
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Sam 16 Juin - 2:05

ft. Adamo Di Costanzo.

Rp évent.

Rooftop.

Le sourcil de Hope se lève, elle ouvre la bouche, comme pour lui lancer un avertissement. Qu'à-t-il dit, à l'instant ? ... Il aurait dormi avec elle ? Son sang ne fait qu'un tour, alors qu'elle s'apprête à partir au quart de tour sans remarquer la taquinerie derrière les  mots qu'il vient de prononcer. Puis elle se stoppe, lâche un soupir aussi irrité qu'amusé, et lève les yeux au ciel en se détournant. L'homme a du comprendre à qui il a affaire et semble s'en amuser, très bien. Elle ne changera pas son comportement pour autant, s'il veut la tourner en dérision et bien... Peut-être s'en mordra-t-il les doigts, après tout.

La brune croque dans le croissant qu'il vient de lui tendre, à petites bouchées. Elle n'a pas l'habitude de manger le matin, n'avale généralement rien avant quinze heure de l'après midi - si elle se levait avant cet horaire tardif... Mais elle n'a rien ingurgité, hier, à part de l'eau et sa poudreuse. Et ses jambes lui paraissent faible ce matin après les maigres heures de sommeil qu'elle a réussi à grappiller. La viennoiserie fond dans la bouche, d'une qualité bien supérieure à ce qu'elle a jamais eu l'occasion de goûter.

Une expression de délice se glissa sur les traits de la jeune femme, qui termina la douceur en quelques secondes. C'était ça, un petit déjeuner à la française ? ... C'était bien meilleur que les céréales premier prix qu'elle avalait durant sa jeunesse. Les français étaient alors aussi bon cuisiniers que la rumeur le suggérait. Elle se souviendrait de cet état de fait, se dit-elle tandis qu'elle reprenait une bouffée de sa cigarette, préalablement abandonnée sur le rebord du cendrier. Un coup de briquet, pour raviver la flamme, et Hope reporte son regard sur son âme liée qui lui... Ne s'est pas gêné pour regarder la vue - présentement, la vue, c'était elle. Se sentant soudainement épiée, la jeune femme resserra les pans du peignoir autour de sa peau, ce qui n'eut pour effet que d'accentuer ses courbes, en réalité. Elle fronça les sourcils, tira sur sa cigarette pour fuir ce regard qu'elle ne savait plus comment éviter.

- Mh... La brune le regarde alors qu'il détourne enfin son attention de son pauvre corps, passé au crible. Le toit c'est une bonne idée. Y a longtemps que j'ai pas pris le soleil. Et puis j'emmerde les riches, moi je ne suis que vice, qu'ils viennent me faire chier sinon ils s'en souviendront pendant un moment.

Sa main fine est rapidement emprisonnée par les doigts de son âme liée, qui l'entraine sur la surface lisse de la terrasse. Le vent fait claquer les pans de son peignoir, dévoile la peau de ses jambes nues. Oui, le détail est certes un peu gênant... Elle est entièrement nue sous ce peignoir, peut-être aurait-elle du prendre le temps de se vêtir, dans la salle de bain. Elle n'avait absolument pas  escompté à ce qu'il l'approche d'aussi près, ceci étant... Toujours crispée, la brune lui offrit un sourire mince, secoua la tête.

- Non, c'est à dire que... Danser... A deux ? Comme ça ? Sans musique ? Mh. Non, pas trop mon délire.Elle haussa un sourcil à sa dernière réplique, ne put empêcher un sourire railleur de s'inscrire sur son visage. Molto Caldo... Cela lui faisait penser à de l'espagnol, ses cours remontaient à des années mais elle n'avait pas été si mauvaise, à l'époque... Caldo, Caliente ? Molto, Mucho. Très chaud ? ... Ouais ben le rital et son "molto caldo", il va se calmer. Arrête de me regarder comme si j'étais un morceau de viande, ok ? Un rire la secoua. Tu attends quoi, que je me foute à poil sous prétexte qu'on est liés ? Je veux bien faire des efforts et être plus aimable mais c'est quand même beaucoup me demander là.

Etrangement, elle s'était séparée de son agressivité passée et... Prenait tout cela avec beaucoup plus de légèreté. Elle plaisantait. Il se tenait bien derrière ses mots une vérité qu'elle ne cachait pas mais... Elle s'exprimait avec davantage de naturel. La brune lui lança un regard amusé, puis tira une dernière bouffée de sa cigarette et l'écrasa avant de s'éloigner.

-Regarde ailleurs, je vais m'habiller. Elle lui lança un regard. Si tu mattes je le saurais. Grinça-t-elle.

La salle de bain ouverte n'offrait pas une logistique extrêmement pratique, pour se changer, et elle n'avait pas envie de se confiner dans les toilettes pour ce faire. Aussi s'installa-t-elle dans un angle duquel elle était quasiment sûre qu'il ne pourrait pas la voir. Ceci étant, elle était habile dans l'art de se dissimuler. De dos, elle conserva son peignoir jusqu'à l'enfilage de son short - ses collants étaient définitivement trop filés pour être remis, aujourd'hui, aussi serait-elle jambes nues - puis elle passa son t-shirt en un éclair. La jeune femme attrapa son sac, au pied du lit, puis fila de nouveau vers la salle de bain. Elle peigna les ondulations de ses cheveux, maquilla légèrement ses yeux, puis revint dans la pièce principale et se dirigea directement vers le bar.

- Je me fiche de l'heure qu'il est... Vu les circonstances de merde, je crois qu'on put s'octroyer une bouteille de champagne. Quand on a rien à fêter, autant boire quand même, pourquoi se priver après tout ? Elle en attrapa une, la fourra dans son sac. Prends de la bouffe, boire ça donne faim.

Un petit sourire pour lui. Se saouler la gueule à dix heures du mat sur le toit d'un hôtel cinq étoile à coup de champagne hors de prix ? ... Ça, ça lui ressemblait un peu plus.




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Lun 18 Juin - 4:30

ft. Adamo Di Costanzo.

Rp évent.

Gold in my veins.

Les paroles tournent encore dans sa tête. Il la trouve belle ? ... Cela lui semble incongru, en réalité. Elle n'est pas de ces femmes qu'elle considérerait comme belle, ne se regarde jamais dans le miroir en se disant Je suis jolie, aujourd'hui. Mais lui la décrit comme... La plus belle femme qu'il ait jamais vue ? Ses paroles lui semblent absurdes et elle ne veut pas leur donner de crédit. Peut-être est-il encore sous le choc de son traumatisme, ceci étant elle se décide à ne pas le croire. Adamo est peut-être fantasque, amoureux de la gente féminine, et tout cela n'est peut-être que l'expression des paroles provenues d'un délire soudain.

Mais elle, belle ? Non... Elle n'y croyait pas et, en tous les cas, n'était pas d'accord. Aussi s'était-elle efforcée de n'y rien répondre. Il avait passé beaucoup de temps seul, était veuf, probablement déprimé et triste comme les pierres, et elle incarnait la seule présence en proie à lui donner un peu de compagnie. Ce devait être ça, car elle ne comprenait pas son point de vue sur les choses. Son point de vue sur elle...

Voilà ce à quoi elle songeait, dans l'ascenseur qui les menaient au dernier étage. Silencieuse, bras croisé, regard fixé sur les portes de métal fermé, elle avait instauré une distance de sécurité entre eux et restait vigilante. Les ascenseur, ça donnait toujours des ailes... La proximité, le fantasme d'être surprit, elle savait que le genre humain était prompt à être naturellement excité par ces ridicules boites de métal. Probablement l'était-elle aussi, lorsque l'occasion s'y prêtait, mais en cet instant... Elle était davantage en train de surveiller que de se laisser aller à des pensées pour le moins sulfureuses. Coucher avec son âme liée lui apparaissait comme... absolument impossible. Inenvisageable. Cela n'avait aucun rapport quelconque avec son physique à lui - sans les coupures, elle se souvenait bien qu'il était loin, très loin d'être déplaisant - mais davantage avec le concept. Être l'âme liée de quelqu'un, c'était déjà beaucoup. Mais alors être l'amante de son âme liée, ça commençait à signifier pas mal de choses.

Le pas léger, la jeune femme se glissa dans le sillage de son âme liée jusqu'à l'employée qui les redirigea - après qu'Adamo lui eut adressé quelques mots en français - vers la porte qui menait au toit. Puis elle continua seule dans le couloir, lançant un regard sceptique à l'Italien. Il était en train de faire du gringue à cette jeune femme, non ? ... Dans la mimique, dans la posture, le langage corporel était plutôt clair. Il avait dit être charmeur, il venait de le prouver. Et il avait également prouvé un autre point : Il était comme cela avait tout le monde. Cela n'avait rien à voir avec elle, en effet, absolument rien. Si la réceptionniste lui plaisait, alors ses paroles n'avaient aucune valeur, comme elle se l'était imaginé.

La brune secoua la tête, puis se sortit une cigarette dans l'escalier qui menait au toit. A l'aide de son épaule, elle poussa la porte qui la séparait de l'extérieur puis fit quelques pas, la tête dans les nuages. Une, deux, puis dix enjambées et la voilà près du vide, face à la ville. Haut, très haut, plus qu'elle ne l'a jamais été.

Elle laisse son sac tomber à ses pieds, ouvre les bras, ferme les yeux. Le nez levé vers le ciel, elle peut presque oublier que le sol se tient sous ses pieds. Oublier qu'elle touche la terre, ne penser qu'au ciel, et imaginer voler. C'est un peu comme la mer... Cette sensation de liberté prenante et irréfutable. Ses yeux se ferment, elle profite du vent, sent l'attraction du vide sans pourtant vouloir y céder. Monter ici a été une bonne idée, il lui semble instantanément que tout est plus simple. Il n'y a personne pour la déranger, personne pour juger, parler trop fort. Juste le silence intense et, en contrebas, le murmure de la ville. Le vent siffle à ses oreilles par intermittences, assez intense pour la faire chanceler. Mais le parapet est grand, face à elle, elle ne risquerait pas de tomber pour s'écraser des centaines de mètres plus loin.

La porte derrière elle la ramène à la réalité, elle claque, signifiant l'arrivée de son âme liée.
Les bras de Hope se baissent, le long de son corps, puis elle se retourne pour le regarder.

- J'adore, ici. Elle lève le nez vers le ciel, ferme les yeux. L'expression sur son visage, très douce, ne ressemble alors à rien à ce qu'il a pu voir sur ses traits auparavant. C'était une bonne idée.

Elle récupéra son sac, à ses pieds, puis le rejoignit lentement. La jeune femme se laissa tomber, assise à même le sol, puis entreprit d'ouvrir son butin ; la fameuse bouteille de champagne.

- C'est quoi le délire avec ton hôtel ? Personne ne te connaît ? Le pop significatif du bouchon résonna dans l'air, elle pressa le goulot à ses lèvres pour siffler les premières gorgées du liquide doré qui sortait à gros bouillon de la bouteille. Tu travailles pas ici, normalement ? Les gens auraient du s'inquiéter de ton absence.



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Lun 25 Juin - 17:43

ft. Adamo Di Costanzo.

Rp évent.

Not sorry.

Hope lança son briquet entre les mains d'Adamo puis se laissa tomber en arrière, allongée sur le sol du toit. Le tapotement de ses ongles, légers, contre la bouteille de champagne, produit un léger bruit absorbé par le vent qui souffle ici haut. La jeune femme l'écoute, le regard fixé sur le ciel, tandis qu'il lui parle de sa vie, de sa femme. Veuf depuis plusieurs années, alors ? Elle n'avait pas imaginé qu'il ait pu être veuf depuis si longtemps, il planait dans le regard de cet homme une certaine blessure qui ne semblait pas avoir guérit. Elle n'était pas devin, et ne le connaissait pas, mais elle avait cependant visé juste quant à ses difficultés à passer à autre chose. Il ne venait plus travailler à l'hôtel... C'était donc pour cela que personne n'avait pu la renseigner, à son arrivée. Personne mis à part Heyton.

Les faits lui semblèrent particulièrement tristes tout à coup, et il s'illustra comme un homme très seul, isolé volontairement de tout ce qui avait été sa vie. Elle avait plus ou moins fait la même chose, de son côté, lorsqu'elle avait fui la Californie et ses rêves de vie pour s'enfoncer dans la fange New Yorkaise. Alors elle comprenait ce désir d'oubli, à sa mesure. Le regard bleu de la jeune femme se perdit dans celui de son âme liée, durant un instant, puis il subtilisa la bouteille qui avait reposé entre ses doigts quelques secondes plus tôt.

- Bah. Je leur ai montré la carte que tu m'as donnée mais ils avaient l'air de me prendre pour une folle, disons que je ne pense pas qu'ils ont prit au sérieux la moindre chose que je leur ai dite... Elle tira une bouffée de sa cigarette. Ca a été super dur de te retrouver.

La brune se redressa, assise, puis récupéra la bouteille que l'homme lui tendait et en but de longues gorgées. Le nez froncé, elle posa doucement sa main sur la naissance de sa poitrine, accusant le picotement des fines bulles dorées. Pourquoi boire à une telle heure ? ... Le vague à l'âme n'a pas d'heures, et son remède se prend lorsqu'il se présente. A dix heures comme à seize ou à vingt deux, elle n'en avait cure en réalité. Elle se retenait, depuis son réveil, de sniffer un rail de poudre pour se galvaniser. Mais Adamo avait toujours un regard pour elle, et... Aussi étrange que cela pouvait paraître de son point de vue, elle ne voulait pas en prendre devant lui, pas tout de suite. Les gens jugeaient vite ce genre d'addictions, n'essayaient pas de les comprendre. La cocaïne ne lui faisait aucun mal, elle apaisait les hurlements, faisait naître ses sourires.

- Tu dragues bien qui tu veux où tu veux, je suis personne pour te juger. Marmonna-t-elle, les lèvres au dessus du goulot. Et puis oublie pas que les temps sont perturbés, tes employés aussi doivent être atteints par la disparition de leur phrase et par l'absence totale de communications. J'dis pas que ça leur fournit des excuses, la blondasse à qui tu parlais avait pas l'air très fine de toute façon, mais ça te fait un autre point de vue sur les choses. On est tous perturbés par la même galère, mais on le vit pas tous pareil. Elle haussa les épaules. Ceci dit t'as sûrement raison, parce que vu que c'est la merde partout les gens en profitent. Faudrait pas que tu te fasses vandaliser l'hôtel.

Elle se laissa tomber en arrière une seconde fois lorsqu'Adamo se leva pour aller se poster près du rebord. Son regard se perdit pour de bon dans le ciel, éblouit par la clarté du soleil. Ainsi allongée, elle ne sentait plus le vent frais, juste les rayons de ce soleil d'avril, pâles mais réconfortants, chauds. Comme elle aurait voulu plonger ses orteils dans le sable des plages californiennes... Ses yeux se fermèrent lentement, elle poussa un profond soupir avant d'avaler une goulée de fumée de tabac.

- L'Italie te manque ? Murmura-t-elle doucement. Vu ton accent, je me dis que tu as dû grandir là bas. Elle avait elle même perdu la pointe d'accent texan qu'elle avait absorbée à Houston lorsqu'elle était arrivée en Californie. Lorsqu'elle repensait au Texas, elle même ressentait une certaine nostalgie... Elle avait toujours aimé la nature plutôt que la ville, et elle regrettait parfois les étendues changeantes de sa terre natale. S'être enfermée dans l'une des plus grandes cages de métal au monde n'avait pas eu que des avantages... Elle n'était pas sortie de New York depuis tellement longtemps. On peut manger Italien, si tu veux, même si j'ai absolument aucune idée d'où où peut aller... Enfin je suppose qu'en tant que Rital, tu dois bien servir de la bouffe de chez toi dans ton hôtel. Elle se redressa avec un soupir, puis se leva lentement et vint le rejoindre, accoudé au rebord. Elle lui glissa la bouteille entre les mains, écarta ses cheveux cinglés par le vent. Dis...

Elle jeta sa cigarette dans le vide, laissa un silence flotter dans l'air. Ses deux mains vinrent glisser sur son visage, puis sur son crâne, elle soupira lentement. Un putain de poids pesait sur sa poitrine lorsqu'elle le regardait...

- J'voulais te dire que j'ai pas été cool la première fois qu'on s'est vus. La phrase était sortie abruptement, comme si la dire avait demandé un effort surhumain. T'es clairement pas le connard que j'imaginais, je t'ai jugé sans te connaître et c'était pas cool. Avoua-t-elle en croisant les bras sur sa poitrine. Lui dire ces quelques mots paraissait extrêmement difficile. Je m'excuserai pas, hein, et tu sais pourquoi. Mais j'ai un peu pété un plomb alors voilà. Je voulais juste que tu saches que j'ai conscience d'avoir été conne. Elle inspira doucement, lui vola la bouteille dans un mouvement sec. Ca m'a quand même fait bizarre quand ma phrase a disparu.



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Am I brave enough ? | Adamo
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