Lève les yeux. [Libre]
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Ven 13 Avr - 0:34

Un avion, dans le ciel.

Le regard perdu dessus, je l'observe piquer du nez, dans un soupir las, fatigué. Journée sans grand intérêt, pas grand monde qui est passé aujourd'hui, les bureaux sont plutôt vides. Un regard sur mon bras, absent de toutes traces. On dit dans les rues que Dieu nous a abandonné. Peut-être est-ce vrai. Je ne sais pas ce que Magnus peut bien en dire, lui. Peut-être qu'il parle d'épreuve à surmonter ? Je me penche de nouveau sur mon bureau, griffonne encore des mots sans doute creux sur un papier, avant de le plier, pour prendre ses allures d'avion brisable de quelques gouttes de pluie. Fragile appareil qui se lance dans les airs, jusqu'à s’effondrer jusqu'aux pieds des gens. La plupart piétinent le papier sans se soucier de ce qu'il pourrait avoir dessus.

À croire que l'obsession pour les mots n'est là que lorsqu'il s'agit de ceux sur les chairs.

Je me redresse et me craque un peu le dos, avant de recommencer, pour l'énième fois de la journée, de faire pleuvoir sur les gens des mots, encore et encore, sans me lasser. Jusqu'à ce que quelqu'un en ramasse un, ou plusieurs, qu'il découvre des messages bêtes ou pleins d'espoirs, des interrogations, des demandes à Dieu, qu'importe, il y a de tout. Quelques caractères en russe aussi, de ce que j'ai su retenir. Des bribes de mots, des choses d'usage pour la plupart. Tout ce qui me passe par la tête, en somme. Et de nouveau, un navire à ailerons s'élève, avec vitesse au départ, avant de ralentir et chuter sans élégance. Et je le suis, dans cette ascension moribonde, celle qui inexorablement, termine à même le sol... Ah, non, pas cette fois. La petite missive a trouvé acquéreur, se posant sur l'épaule de quelqu'un. Et je l'observe qui regarde l'appareil factice et l'ouvre, après avoir remarqué tous les autres autour.

Je me sens sourire brièvement, perché contre le rebord de ma fenêtre, les bras ballants dans le vide. Et je me demande quelle sera la réaction de cette personne, de celle qui prend entre ses mains le bel oiseau, qui y découvrir en son sein une nouvelle phrase à laquelle réfléchir. Moi, je resterais là, tel un chat paresseux, à observer le monde courir à sa perte encore, sans chercher à m'en mêler plus encore qu'à cet instant. Je souffle légèrement encore, mes yeux encore rivés sur la forme plus bas qui prend un autre avion, à terre. Et ça me rend bizarrement heureux, de voir quelqu'un s'agitait ainsi, pour quelque chose de si bête et futile. Cela me réchauffe un peu le cœur. Et peut-être que si elle tombe sur le papier qui lui dit de lever la tête, j'agiterais une main pour signifier mon existence, pour une fois dans ma vie. Cela en vaudra peut-être la peine, cette fois.



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Ven 13 Avr - 18:32
La phrase de Rain avait disparu, juste disparu, depuis plusieurs jours à présent. Et encore à présent, elle sursautait lorsqu’elle voyait son bras gauche nu, comme s’il ne lui appartenait pas, ou plus. Car si la jeune femme n’aimait pas cette histoire d’âme liée et n’y avait d’ailleurs jamais réellement cru, ce vide la bouleversait, comme si c’était son identité entière qui était chamboulée. Pour elle qui l’avait toujours vue à cet emplacement, c’était comme se réveiller un matin sans pied droit, aussi elle se sentait depuis peu comme mal à l’aise dans son corps. Ce qu’elle trouvait complètement bête aussi d’ailleurs, elle-même disait qu’elle aurait préféré que ces phrases n’existent pas. Et voilà qu’à présent, elle ne pouvait pas se faire à l’idée. S’il fallait qu’elles disparaissent, pourquoi ne pas se contenter de faire naitre les enfants sans, plutôt que toutes les supprimer du jour au lendemain ? Et d’ailleurs, comment une chose pareille avait bien pu arriver ? Elle pouvait comprendre l’agitation des gens dehors, oui, surtout que les médias avaient bien l’air de prendre un malin plaisir à affoler toute cette foule de gens qui ne savaient vivre sans âme sœur. Rain, elle, était partagée, trop partagée. Elle n’était en rien affolée, elle n’aimait pas cette histoire. Mais elle était dérangée, pour une raison qu’elle ignorait. Elle ne croyait pas en Dieu, mais seule une entité supérieure aurait été capable d’une telle chose. Elle disait ne pas s’en soucier, et pourtant, la voilà aujourd’hui, assise sur son divan les bras ballants, incapable de dessiner quoi que ce fut tellement son esprit était plein. Elle se trouvait plus que pathétique. Alors, comme à chaque fois qu’elle ressentait ce genre de chose même pour une toute autre raison, il fallait qu’elle sorte. Où, elle ne savait pas, mais elle avait besoin de prendre l’air, de voir du monde, de s’aérer l’esprit pourrait-on dire. Cela marchait à tous les coups.

Peut-être pouvait-elle se contenter de marcher, aujourd’hui. Elle n’avait pas envie de se renfermer dans un autre endroit. Peut-être pouvait-elle se rendre dans un parc, aussi, cela faisait un bien long moment qu’elle n’avait pas mis les pieds dans un parc. Elle pourrait se contenter de s’assoir, et de regarder les enfants jouer. C’était triste à dire, c’est vrai, mais étant donné qu’elle était une femme il n’y avait pas beaucoup de risques pour qu’on la croie pédophile, ou ce genre de chose. De toute façon, elle l’avait déjà fait plusieurs fois, et personne ne lui avait encore fait la moindre remarque sur le sujet. Ainsi elle pouvait se détendre en paix. Car c’était là-bas qu’elle se détendait le plus, près des enfants. Parfois même elle s’endormait en les regardant jouer. Elle pourrait se rendre au parc, si encore aujourd’hui les gens daignaient sortir, et arrêtaient de se morfondre sur leur sort. Ce qui n’était encore rien dit. Mais qui sait, cela faisait plusieurs jour qu’elle n’était pas sortie, peut-être que les gens commençaient à s’habituer à leur sort ? Ou à continuer leurs activités quotidiennes sans se préoccuper tout le temps du sort de leur bras gauche tout simplement ? Rain pouvait s’y risquer, elle ne perdait pas plus qu’un peu de son temps, qu’elle aurait de toute façon utilisé à ne rien faire d’ailleurs.

Elle déposa son carnet de dessins ainsi que tout son attirail dans son sac. Après tout, si elle avait appris quelque chose durant toutes ces années, c’était que l’inspiration arrivait à n’importe quel moment, et ne prenait jamais la peine de frapper avant d’entrer. Exactement comme son beau-père lorsqu’il lui rendait une visite surprise, même si la comparaison était loin d’être la meilleure. Et l’inspiration, elle semblait l’avoir bien perde aujourd’hui ; elle s’en voudrait bien trop de ne pas avoir avancé d’un pouce durant toute une journée. Surtout que l’on comptait sur elle, même si elle avait le privilège de travailler à la maison. Elle sortit en laissant la porte claquer derrière elle et partit, la tête baissée à cause du vent qui lui faisait alors face.

Des avions de papier gisaient sur le sol, non loin de chez elle. Il y en avait beaucoup, tous réunis au même endroit, si l’on ne comptait pas ceux qui s’envolaient au fil du temps. Rain ne savait pas ce qui la choquait le plus : que les gens défilent tous les uns après les autres sans même s’en apercevoir, ou que quelqu’un puisse s’amuser à lancer une ribambelle d’avions de papier dans les airs. Sans doute la deuxième proposition, étant donné qu’elle ne les aurait peut-être pas vus, elle non plus, si l’un d’entre eux ne lui était pas tombé sur l’épaule. C’est alors qu’elle découvrit que l’on pouvait morceaux de papiers, qu’ils contenaient des messages. Et la curiosité se faisant soudain plus grande que son envie de parc, elle se mit à déplier le message, qui contenait quelques mots dans une langue étrangère. Rain ne pouvait pourtant dire laquelle, elle n’avait jamais été très douée dans les langues, et s’estimait déjà heureuse de s’en sortir dans sa langue maternelle, l’anglais.

Rain tourna un peu sur elle-même, de façon à découvrir l’origine de ces mots, sans réel succès. Ils ne pouvaient pourtant apparaitre de nulle part, eux non plus. La jaune femme ne comprenait pas, et en était plus intriguée encore. C’est uniquement en en choisissant un deuxième qu’elle comprit que la source se trouvait en hauteur, et s’aperçut de son propre manque d’esprit, qu’elle attribua une fois de plus à la fatigue. En levant les yeux, elle aperçut alors un homme, qui la scrutait, comme attendant sa réaction, et Rain lui offrit son habituel demi-sourire. Une idée lui est alors venue. Un jeu plutôt puéril, oui, elle en avait conscience, mais n’était-ce pas pour cela qu’elle était sortie un peu plus tôt, pour se rapprocher de l’enfance ? C’est sur cette jolie pensée que la jeune femme s’assit au sol et sortit les quelques feutres qu’elle avait amené avec elle. Elle dessina et coloria tout autour de l’étrange message de l’avion qu’elle tenait toujours en main, jusqu’à ce qu’il en soit parsemé de couleurs, puis l’attacha a une petite pierre qu’elle trouva à proximité, avant de le relancer à l’inconnu à la fenêtre. Et dessus, au milieu de ses dessins et du texte de l’homme, un nouveau message, en couleur lui aussi :

Avec un peu plus de vie, ce n’est pas mieux ?

Rain sourit.
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Ven 13 Avr - 22:30

Je t'observe, toi en bas. Et finalement, tu relèves la tête vers moi et je me dis que tu es tombé sur le bon papier. Alors, je laisse un petit rire s'échapper de moi, le genre discret et silencieux, plus pour moi-même que pour vous tous. Et je te salue d'une main, quand tu me remarques, l'air de me dénoncer par la même. Une manière de dire qu'il s'agit bien de moi, le fichu coupable de ce gâchis de papier sans doute. Ou peut-être que non, parce qu'il t'aura fait sourire ? C'était bien là le but de la manœuvre, après tout, arracher une émotion. Je te regarde t'asseoir, curieux de ce que tu pourrais bien faire à cet instant. Et j'observe sans pouvoir réellement le faire, me tournant à un moment vers l'intérieur du bâtiment, pour répondre à une question de mon collègue présent aussi. Les communications ne marchant toujours pas, les journées sont terriblement calmes pour nous.

J'en reviens à toi, la curiosité à fond les ballons, avant de te voir attraper une pierre et assembler le tout pour, semble-t-il, me le renvoyer. Alors je tends les mains, amusé sincèrement par la manière dont cela se passe. Et dans un bon réflexe en plus d'une bonne coordination de ta part, je peux récupérer le tout. Je le déplie à mon tour, en posant le caillou sur mon bureau. Mes yeux se posent sur toutes les couleurs, les dessins qui me laissent penser que tu es douée dans ce domaine, je me retrouve avec une nouvelle phrase, qui me fait te rendre un nouveau sourire, plus ancré sur mes lèvres. Je te fais signe d'attendre, avant de revenir au bureau, regardant ce que j'ai autour de moi. Pas grand-chose, malheureusement. J'attrape un stabilo jaune et un petit stylo rouge qui traîne par là et commence à écrire avec les deux, tentant quelque chose mais ça rend affreusement moche. Je regarde de loin la sorte de lettrine affreuse, pinçant les lèvres, avant d'y rajouter un mot derechef, dessous, de mon stylo noir :

Admirez et rendez-vous compte comme il serait cruel de ma part de fiche de la couleur partout, vu celles que j'ai avec moi ! Vous me prêtez un feutre ou votre talent ?

Je reforme un petit avion, te relance le petit caillou qui atterrit à tes côtés, petit soubresaut avant de s'immobiliser. Et je regarde de nouveau le papier voler, jusqu'à toi. La trajectoire est un peu vague, mais il est à portée de bras pour toi au moins. Et finalement, tandis que tu élabores ou non ta réponse, je reviens de nouveau au bureau, écrire finalement un nouveau petit mot, pour te le renvoyer aussi :

Autrement, je fais le parolier et vous illustrez, c'est aussi une solution comme une autre !

Et je n'ai plus qu'à revenir à ma position de pacha, terminant dans une demie-heure ma journée. Même si je sens que ça va passer bien plus rapidement que le reste de la journée, désormais.



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Sam 14 Avr - 19:38
Rain se sentait bien. Elle n’avait aucune raison de se sentir autrement. Plus le temps défilait, et plus elle trouvait bonne l’idée de l’inconnu à la fenêtre. Et plus encore par les temps qui couraient. Des mots, de la vie, cela pouvait sans doute aider plus d’un passant, la jeune femme en était convaincue. Ou au moins leur arracher un sourire. Mais non, ces derniers défilaient eux aussi, devant elle, sans, pour beaucoup accorder un seul regard à ces avions. Les gens étaient fermés, bien trop fermés, elle s’en rendait compte à présent, et elle savait l’être tout autant qu’eux, en bon mouton. Mais Rain s’en moquait, sur le moment. Parce qu’elle était égoïste, aussi, et si les gens autour de ne pouvaient pas le remarquer, elle, elle se sentait bien. Elle avait ses dessins, son inspiration étrangement revenue avec l’étrange idée de l’inconnu, et en plus de tout, elle avait l’impression de pouvoir s’exprimer normalement. Elle ne connaissait pas l’homme qui se trouvait là-haut, mais à travers les avions qu’ils s’envoyaient, elle avait l’impression de pouvoir exprimer le fond de sa pensée, et sans même qu’il ne puisse ressentir toutes ces choses étranges que l’on ressentait habituellement en l’entendant parler : de l’incompréhension, de la gêne, de la pitié, de l’étonnement, parfois même de l’horreur même si ce cas restait des plus rares. Aujourd’hui on l’écoutait –ou plutôt la lisait- pour ce qu’elle avait à dire, et rien d’autre que cela. Alors oui, elle se sentait bien.

A la fenêtre un peu plus haut, Rain avait vu l’inconnu disparaitre, une fois de plus. Allait-il se prendre au jeu ? Elle ne savait pas. Il pouvait tout aussi bien s’être vexé que la jeune femme se mette à redécorer tous ses petits mots, sans même le lui demander, même si cette dernière avait un peu de mal à en imaginer la raison. On n’était pas toujours comme elle, après tout. Mais il se pouvait aussi qu’il s’y mette à son tour, et qu’ils se mettent à travailler ensemble. Travailler pour quoi, au juste ? Rain n’avait pas de réponse, mais pour une raison qui lui était elle aussi inconnue, elle savait que cette cause lui tenait maintenant à cœur. C’était comme… Redonner vie à cette ville bien grise qu’était New-York, pour elle. Elle doutait que l’homme voit réellement les choses de la même façon, mais s’il acceptait, cela n’aurait pas d’importance. Il devait avoir ses raisons, lui aussi. Ou alors il s’ennuyait, simplement, ce qui lui semblait plus probable encore. Quelle que pouvait en être la raison, ça allait à la jeune femme, de toute façon.

Elle s’assit à nouveau au sol, en tailleur, en essayant de ne pas gêner les passants, puis pris un nouvel avion, posé à quelques centimètres à sa gauche. Elle avait beaucoup à faire, si elle voulait faire vivre New York, et il n’était pas question qu’elle s’arrête. Elle se rendrait au parc plus tard, rien ne pressait plus. Ses feutres l’attendaient. Alors elle se saisit d’autres couleurs encore, qu’elle n’avait pas utilisées, et repris son travail où elle l’avait arrêté, prenant parfois quelques minutes à réfléchir aux motifs ou à l’accord des couleurs qu’elle utilisait, oubliant l’existence du monde extérieur qui devait la dévisager sans gêne.

C’est uniquement lorsque la forme d’un nouvel avion se fit voir dans les airs que Rain releva la tête, abandonnant un nouveau dessin dans sa création. Et un peu plus haut, l’inconnu à la fenêtre qui était de nouveau là, pas pour bien longtemps pourtant. Ce fut la pierre qu’elle avait envoyée un peu plus tôt qui lui revint en premier, la faisant sursauter en s’écrasant à côté d’elle, comme pour lui rappeler que sa vie se trouvait à terre, et non parmi les oiseaux. Elle donna alors un léger coup de pied dedans, pour la repousser un peu et ainsi avoir la place d’attraper au vol l’avion décoré dont la trajectoire déviait. Légèrement poussé par le vent, elle dut d’ailleurs sauter un peu pour le récupérer, du bout des doigts. Puis elle la lut enfin, cette lettre volante qui commençait à manquer d’espace, et ne put retenir un léger rire face à son contenu : Une étrange forme dessinée avec des stylos colorés de bureau, et un autre message, en noir, en dessous, que Rain s’empressa de colorer un peu à sa sauce. Ce n’était pas pour vexer l’homme, non, loin de là cette idée. Juste pour embellir l’avion ; le noir lui donnait un air bien trop sérieux.

Elle reçut le second avion un peu après, et ne put réprimer un autre sursaut, qui la fit déraper. Elle avait reçu le projectile dans le front, cette fois. Un autre projectile blanc, d’ailleurs, dont elle ferait sans soute son nouveau cobaye. Posant alors les deux premiers ainsi que les nombreux feutres qu’elle tenait en main, et qui commençaient à l’encombrer d’ailleurs, elle déplia le morceau de papier. Son habituel demi-sourire se dessina alors à nouveau, et elle s’empressa d’écrire à son tour, en dessous :

Je vous confie une mission, alors. Bientôt, New-York sera plus colorée que vous et moi.

Lui aussi parsemé d’une multitude de couleurs, le message était suivi d’un autre petit dessin, une petite fille qui faisait un clin d’œil. Elle avait laissé en blanc tout le reste de la lettre, afin que l’inconnu à la fenêtre ait tout de même de quoi décorer, et entreprit d’attacher à l’avion quelques feutres en le repliant, ce qui lui prit plusieurs minutes. Si attacher le caillou ne lui avait pas posé trop de problème, cette fois, ils semblaient tous prendre un certain plaisir à s’échapper de son emprise et à s’étaler au sol, tantôt un, tantôt l’autre. Qui plus est qu’elles roulaient, ces cruelles choses, et Rain n’avait parfois pas assez de ses deux bras pour à la fois tout maintenir en place et récupérer à bout de bras tous les feutres. Elle était bien consciente du spectacle qu’elle devait offrir sur le moment, oui… Cela pouvait au moins avoir le mérite d’amuser la galerie, même si elle n’aimait pas spécialement se donner en spectacle. Et il était désormais bien trop tard pour ne pas se donner en spectacle, justement. Elle était tout de même en train de colorier, étalée sur le sol, au beau milieu de la ville.

Lorsqu’enfin Rain parvint à stabiliser le tout, elle laissa échapper un petit soupir. Elle n’avait pas le courage de chercher à nouveau la petite pierre que l’homme lui avait rendu un peu avant, mais à la réflexion, les feutres suffiraient bien à orienter l’avion jusqu’à la fenêtre, si encore elle visait assez bien. Puis, sans réfléchir davantage, elle envoya le morceau de papier.
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