Cauchemar éveillé // Prunille
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Jeu 5 Avr - 4:32


Cauchemar éveillé
Ma douce lumière, sans toi la nuit m'effraie

Enroulée dans la chaleur de ses couvertures, dans le calme du matin, la brunette dors paisiblement, et ce, depuis quelques heures déjà. Cette situation, aussi rare que les 29 février, est appréciée, autant que les sucreries de sa liée, Prunille elle-même étant bien plus importante que tout le sommeil du monde. Une des rares amitiés qu'Oly garde chaudement dans son cœur, irremplaçable, d'une importance aussi immense que l'air qu'elle respire. La demoiselle, à l'instant même, ne rêve plus, se contentant d'apprécier la douceur des bras de Morphée... avait-elle fermé son alarme, la veille? Qui sait... elle est encore trop endormie pour se soucier de quoique ce soit. Son alarme est en réalité simplement une radio, qui s'ouvre à une heure précise, réveillant Olyvia avec de la musique, ou la voix enjouée des animateurs de la radio. Que c'est pratique, la technologie, n'est-ce pas? Elle apprécie énormément la musique, le matin. Même si elle ne dort pas, c'est toujours agréable.

Le son de ce matin, malheureusement, ne fut pas de la musique, à son grand regret. Un son désagréable, une voix sérieuse, qui pourtant, comme la musique habituelle, ont l'effet d'un grand seau de glace sur la tête de la jeune femme, arrivant à ses oreilles un peu confuses. Un peu perplexe, elle ouvre les yeux, les frotte doucement, et se mets à écouter la voix, qui lui apporte l'angoisse qu'elle n'espérait pas trouver si tôt le matin, après une bonne nuit de sommeil, en plus. Ce n'est pas de la musique. Qu'est-ce que c'est, alors? État d'urgence? Rassemblement? Hôtel de ville? Toutes les informations de la radio sont trop lourdes pour celle qui vient de se réveiller. Tout ça semble irréel. Elle tente d'écouter, de comprendre, alors qu'au fil des longues minutes, tout commence à faire du sens.

« U-Un état d'urgence... ?! Les phrases... ?! ... Hein? »   dit-elle en se redressant, alors que la panique l'envahit. C'est pas possible. Ce doit être une plaisanterie. Une erreur. Ça ne peut pas être vrai, non? C'est impossible.

Elle observe alors son bras, caché sous son gros pyjama renard, d'une douceur semblable à ses douces crêpes, le matin. Sa phrase est encore en place, c'est certain. Le doute est présent en son esprit, encore plus fort que d'habitude, mais elle refuse de l'écouter. En tout cas, elle essaie. Après tout, c'est sûr que c'est une farce. Rien n'arrive aux phrases, dans les livres d'histoires, alors pourquoi aujourd'hui? Ça ne fait pas de sens, à ses yeux... ou du moins, elle espère. Tenter de se raisonner n'a jamais fonctionné. Il vaut mieux regarder, pour s'assurer que la phrase est encore là, ensuite, tout ira mieux. Elle ferme alors la radio, puis lève sa manche...

... Rien.

Il n'y a rien. Absolument rien.

Rien.

Elle écarquille les yeux, la vérité lui éclatant dans le visage. Elle tente de comprendre, de se ressaisir, mais plus rien ne fonctionne. C'est comme si son cerveau n'envoyait plus de signaux, pendant un vague moment. Comme si son cœur avait arrêté de battre, ne sachant plus comment faire tant le choc était grand. Elle ne pense pas, ne bouge pas, ne dit rien, et ce, pendant quelques secondes. Des secondes de trop. Une immense peur, accompagnée d'un stress comme elle n'avait jamais vécu avant, s'emparèrent de son cœur. À une vitesse fulgurante, elle tente alors de se lever de son lit, tombant presque, pour sortir de sa chambre.

« A-AAAAH! PRUNILLE! NON!»      

Ses mains moites l'empêchent d'ouvrir la porte correctement, son angoisse l'empêche de se ressaisir. Elle respire fort, bruyamment, comme si sa panique prenait le contrôle de son corps, une vulgaire marionnette de frayeur. Pas le temps de manger, pas le temps de s'habiller, elle doit s'assurer que Prunille est en vie. Que Prunille va bien. Bon sang. Son téléphone est resté sur la table de la cuisine, toute la nuit. Olyvia le prend, l'ouvre en vitesse, et, les mains tremblantes, elle se dirige vers ses textos. Elle n'a qu'à lui envoyer un message! Oui. Un message... c'est simple...

"PRUNILLE! REP MOI STP"

Mais le message ne s'envoie pas.

"NINILLE JE T'EN PRIE"

Encore rien. Elle lève les yeux vers le haut du téléphone. Il n'y a pas de réseau.

« TABARNAK D'OSTI D'TÉLÉPHONE DE MARDE !!!!»  

Elle le jette sur le canapé, sa première bonne idée tombant à l'eau. Ils parlaient de recensement, à la radio, non? Peu importe. L'important, c'est de s'assurer qu'elle va bien. Oui. À la pâtisserie? Elle est peut-être à la pâtisserie. Pitié qu'elle y soit! Olyvia se dirige vers la sortie, mets des souliers en vitesse, et sort à l'extérieur, en verrouillant la porte, ce qui lui prit assez de reprises pour qu'elle se frustre. Lorsqu'elle fut enfin verrouillée, elle recommence sa course vers les rues de Brooklyn, vers la pâtisserie de sa chère amie.

Évidemment, il n'y a personne. PERSONNE! Il est bien trop tôt pour que ce soit ouvert... ou alors, c'est à cause du message d'urgence. Peu importe, bon sang! Prunille, où es-tu? Oly panique, pleure, tousse, re-pleure, panique encore, sa seule envie étant de s'assurer que sa liée est en vie. Mais elle n'y arrive pas. Elle ne la trouve pas. Elle veut la retrouver, mais elle ne se rappelle même pas où est son appartement... comme une parfaite petite idiote. Elle respire fort, elle pleure à chaudes larmes, alors qu'elle marche comme une perdue dans les rues de Brooklyn... elle ne sait même pas où il est, l'hôtel de ville, non plus...

Par chance, une gentille dame, dans sa voiture, se rendait aussi là-bas et croisa son chemin. Elle l'invite à monter, voyant qu'elle est désespérée, et perdue. Dans des situations d'urgences, les humains semblent toujours plus... humains, d'après Oly. On s'entraide, alors que normalement, on ne ferait rien, ou alors pas grand chose. Sans doute parce que tout le monde est dans la même situation, dans le même bateau? ... À vrai dire, peu importe. Olyvia remercie la femme, s’assoit dans sa voiture, et ne prononce pas un mot de tout le trajet. La dame non plus, à vrai dire. Soit elle ne sait pas quoi dire, soit son état émotionnel ne permets pas de faire autre chose que conduire. C'est sans doute mieux comme ça... elle fit monter à bord de son véhicule une autre jeune femme et son fils quelques temps plus tard, puis, ensuite, le seul arrêt fut l'hôtel de ville.

Arrivés à leur destination, les gens descendirent de la voiture, remercièrent la femme et se mêlèrent à la foule. Il y a des gens partout, des gens qui pleurent, des gens paniqués, des gens plus calmes, et des gens qui se sont retrouvés. Malgré tout ces gens, Olyvia se sent seule. Très seule. Elle attend dans la file d'attente, pour qu'on prenne son nom et celui de sa liée. C'est long. Trop long.

Beaucoup trop long. Plus le temps avance, plus elle a peur, plus elle tremble. Elle n'est pas la seule comme ça... au moins, papa et maman, eux, ils vivent ensembles... ils se sont probablement déjà assurés qu'ils sont vivants... elle espère qu'ils vont bien, eux aussi... ils n'habitent pas à New York, alors elle ne peut pas les rejoindre, elle, à l'instant même. Quelle horrible journée. C'est tellement difficile à croire...

... Mais c'est bien réel.

Les gens qui travaillent ici sont débordés... Oly l'a remarqué. Il y a des gens partout, des tas de noms... ça doit être tellement difficile de retrouver qui que ce soit, de tout noter. Elle perd espoir, Olyvia, à s'imaginer des scénarios, tout ce qui aurait pu lui arriver, à sa pauvre Prune, alors que ses petits pieds fatigués, contrôlés par une énergie venue de nul part, marchent parmi la foule. La peur mangeait toute l'énergie qu'elle a gagné durant sa nuit de sommeil, depuis le moment où elle a vu que sa phrase manquait à l'appel. Comme si elle n'avait pas dormi. Elle n'a rien avalé, ce matin, en plus.

« N-Ninille... t'es où, Ninille... ? M'laisse pas toute seule... j'ai peur toute seule... »      

Elle marche comme un zombie, les yeux plein d'eau, tremblant comme une feuille, dans son gros pyjama tout doux. Un petit renard en grosse panique. Elle n'a même pas eu le temps de se maquiller, alors ses cernes lui donnent encore plus un air de mort-vivant. Elle regarde partout, mais ne voit Prune nul part. Elle ne voit que des inconnus, une foule de gens, maintenant sans phrases. Comme une partie grandeur nature de "Où est Charlie?", où tout le monde est Charlie, où tout le monde cherche Charlie, mais sans jamais le trouver, car personne n'est le bon Charlie.


©️ rolly


Olyvia discute avec son accent trop mignon en #CC3333
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Mar 1 Mai - 15:13





Event : Cauchemar éveillé
Une autre journée au paradis. Après avoir bataillé pendant de longues heures contre la vilenie des papiers, des factures, l'être humain connu sous le nom de Prunille Pomme s'est effondré sur sa table. Le réveil au son pourtant plutôt lointain, la fait sursauter. Et, en redressant la tête en vitesse, la française lève la main dans un "Présente!" désespéré. Mais ce n'est plus l'époque des siestes rapides en classe. A présent, elle travaille à la pâtisserie. La pensée fait son chemin, lentement mais sûrement. 1. 2. 3. 4- ZzzzZzz. C'est le trou noir. Lourdement, sa tête retombe contre la table dans un sourd bruit de heurt. Je peux bien fermer les yeux quelques secondes., se dit-elle, les paupières si pesantes que pourtant il lui semble moins éprouvant de les garder relevées.

Je vais être en retard !, et c'est la panique à bord. Habillée en quatrième vitesse, elle tente de ne pas se fouler une cheville en courant en talons sur le bitume. Les "quelques secondes" se sont révélées être de longues minutes. Approximativement 7h15 en fermant les yeux, 7h45 et des brouettes en les rouvrant. Sa respiration, rapide, roule lourdement dans sa gorge, se confrontant au vent encore frais de la saison. Et ses mains cherchent frénétiquement son téléphone dans son sac pour envoyer un sms d'excuse, en avance, à son patron, pour le chemin qu'elle doit encore faire. Elle étouffe un petit rire à l'expression qui naît dans son esprit : pas l'temps d'niaiser. Une petite pensée à Olyvia, son chou à la crème, et elle reprend la course au milieu des rues étrangement peu occupées. Peut-être est-ce la peur du retard, ou le bonheur de cette pensée pour la petite québécoise, mais Prunille ne fait dans tous les cas absolument pas attention à son entourage.

C'est en parvenant devant la pâtisserie que la gifle cingle son visage. Il n'y a personne. A nouveau, son épaisse écharpe-tube autour du cou, elle remonte un morceau pour y perdre un souffle chaud, espérant qu'il puisse correctement réchauffer son visage. Ses yeux cherchent à voir aux travers des vitres de la boutique, à la recherche d'une lumière pouvant indiquer que quelqu'un prépare l'ouverture, mais il n'y a effectivement pas le moindre signe de vie. Elle ressort alors son téléphone, bataillant au passage avec la charge de Goodies restant un temps coincé dans la doublure de la poche où l'objet était situé. Une fois rendue à l'application de messagerie, l'un de ses sourcils s'arque avec curiosité. Son message précédent ne s'est pas envoyé, et le bitouniou lui propose de retenter. Elle accepte, mais encore une fois le message ne semble pas passer. Une rapide œillade sur ses barres de réseaux, et leur inexistence arrondit ses deux grands yeux noisettes.

« Mais qu'est-ce que..? Ne meurs pas, Téléphone-kun, j'ai encore besoin de toi ! »

Alors qu'elle agite le téléphone dans tous les sens, s'étendant dans le vide pour tenter d'obtenir au moins un semblant de barre de réseau, un inconnu lui jette un regard de profonde incompréhension. Et, en le remarquant, la voilà qui sourit d'un air profondément embarrassé, dans un petit rire nerveux. Il y a quelque chose de bizarre là-dedans, mais bien sûr qui se douterait comme ça de ce qu'il se passe réellement ? L'homme se rapproche après un temps d'hésitation, comme s'il cherchait s'il devait vraiment le faire ou pas, si c'était sage ou non. Et elle le fixe, un peu surprise, sans trop comprendre.

« Hm ... Looking for the census direction? »
Fr : Hm ... Vous cherchez la direction du recensement ?

Un nouveau temps d'arrêt. Recensement ? Mais qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Prunille est déjà prête à répondre qu'elle ne voit pas de quoi parle l'étranger, quand celui-ci comprend visiblement pour sa part qu'elle n'est pas mise au courant. Ne questionnant pas le fait qu'elle n'écoute visiblement pas la radio, il lui explique alors la situation. Et, comme tous, voilà que le cœur de la française rate les battements à la pelle. Les yeux posés sur son avant-bras sur conseil de l'étranger, elle fixe l'absence de sa phrase. La petite phrase, la mignonne phrase. Son lien avec Olyvia. Cherchant à garder profil haut, elle rit nerveusement à nouveau, alors même que la douleur, perçante, se fraie un chemin sous son épiderme. Non, ok ? Juste non. Tu ne paniques pas, Olyvia va certainement très bien. Mais la peur plane. Même si effectivement il y a de fortes chances pour que la québécoise se porte physiquement comme un charme -un très joli charme, d'ailleurs-, psychologiquement elle doit être plongée dans une terreur totale. La direction demandée et mémorisé, la voilà qui s'enfuit encore à toute vitesse. Ses jambes, un peu faibles, manquent de la faire choir à plusieurs reprises et, furieuse, elle finit par retirer ses escarpins pour courir plus facilement. La partie basse de ses bas se ripe contre le sol, mais elle ne se soucie actuellement pas du tout du fait de massacrer des "collants". Il faut vite aller au recensement, trouver sa meringue adorée, et la serrer fort dans ses bras jusqu'à ce que ronrons s'en suivent.

Et dans sa tête, ce très mauvais rêve connaît une bonne fin, même si son esprit par réflexe s'invente une panoplie de scénarios catastrophes. Je vais aller la voir, la jouer cool pour qu'elle garde son calme, et tout ira bien.

Mais une fois sur place, bien sûr, ce n'est pas aussi simple que ça. Il y a une foule monstre, des gens qui pleurent, d'autres qui rient, certains s'embrassent et d'autres encore n'en ont visiblement pas grand-chose à faire. L'avantage d'habiter avec son ou sa lié(e), c'est qu'on se doute qu'il ne lui ait rien arrivé. Et Prunille secoue la tête, vigoureusement, en slalomant de son mieux entre les silhouettes. C'est ça, voilà, je la trouve et je la demande en mariage. On va adopter des chatons, et on sera heureuses comme ça. Un autre rire nerveux. Pour ne pas pleurer, ce qui pointe malgré tout à l'horizon, la pâtissière accumule les idées stupides, peuplant ses pensées de blagues ridicules alors que pourtant ses yeux cherchent avec ferveur son amie. Amie. Le mot n'est pas le plus approprié. Pourtant, à ce stade, c'est encore un secret. Et une autre idée fait son chemin, cette fois-ci comme une flèche. Si elle est en bonne santé, voilà, elle l'embrassera jusqu'à ce qu'elle suffoque. Au fur et à mesure que les minutes avancent, le désespoir commence à se profiler. Et si..? Les mains moites, elle préfère remettre ses chaussures que de risquer de les perdre accidentellement. Et enfin quelqu'un l'oriente. Un bureau, à la tête d'une infiniment longue file d'attente, pour faire recenser officiellement son nom et celui de sa liée, afin qu'elles sachent l'une l'autre que tout va bien. Mais... Vraiment ? Attendre tout ce temps ? Olyvia, si présente ici, est certainement déjà au bord de l'évanouissement.

« Ils n'auraient pas pu trouver un autre moyen de gérer tout ça ?! »

C'est inutile, et bête. Mais, par-dessus la peur, la colère prend place. Et pourquoi fallait-il que leurs phrases disparaissent, qu'il n'y ait plus de réseau et tout le bataclan avec ? Pendant un court instant, la jeune femme remet en question sa foi aveugle pour le Tout Puissant. Si ce même Seigneur met en panique sa fragile petite brune, alors c'est un être fichtrement cruel. Jusqu'à ce qu'après avoir fait retourné plusieurs personnes à la carrure lui rappelant la libraire, elle ne finisse bel et bien par tomber sur elle. Une main sur son épaule, pour l'inviter à se retourner et qu'elle puisse voir son visage, elle fixe longuement la personne qui lui fait face. C'est elle. Ses jambes reprennent de trembler, sa tête blanchit une poignée de secondes. C'elle elle, c'est Olyvia. Sa deuxième main vient empoigner l'épaule de la québécoise pour l'attirer à elle, ses bras venant bien vite l'entourer pour la presser contre elle. Et les larmes débordent, pourtant si courageusement retenues jusque là. Ok, c'est pas cool. Mais je m'en fous totalement. Après avoir prit le temps de rester contre elle, d'écouter jusqu'au battement de son cœur comme preuve, la française recule légèrement la tête, ses doigts tout boudinés et fébriles remettant en place quelques mèches des cheveux de sa comparse pour pouvoir voir son visage.

« Oh mon Dieu, Olyvia, j'ai eu tellement peur ! Tu ne me quittes plus jamais, jamais jamais jamais ! Je sais que tu te perds tout le temps, en plus, je devrais te coller cette montre GPS qu'on donne aux enfants ! »

Un flot de paroles inutiles. Un flot incessant de bêtises ayant pour seul intérêt de soulager son cœur ayant été soumit à une si dure épreuve. Et les larmes coulent, sans cesse, formant une marée de sillons salés sur ses joues rondouillettes. Prunille vient poser son front contre celui d'Olyvia, frottant distraitement le bout de son nez contre le sien, alors que ses mains se glissent dans son dos pour le lui caresser et la rassurer. C'est le moment. Il faut le dire, après tout ça. Pour que ça ne se reproduise plus jamais.


« Tu sais, Oly... Je... J'aime... »

Mais c'est peine perdue. Elle est là, c'est tout ce qui compte. Se déclarer, maintenant, et prendre le risque de la perdre vraiment ? C'est stupide. Un énième rire nerveux, alors que son âme même brûle face à ces mots impossible à prononcer.

« J'aime beaucoup ton pyjama. T'es la plus choute ici, dedans. »
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Ven 11 Mai - 1:17


Cauchemar éveillé
Ma douce lumière, sans toi la nuit m'effraie


Plus le temps passe, plus les scénarios d'Olyvia commencent à lui ronger l'esprit, à nourrir sa peur déjà bien trop grande, à consumer le peu d'énergie qu'elle possède, et même que peur est un bien faible mot. Panique, plutôt. Même terreur. Un peu comme dans un cauchemar, elle ne sait rien, ne comprend rien, ce qui est très frustrant. Pourquoi Dieu a-t-il fait une chose pareille? Pourquoi a-t-il laissé les phrases disparaître, comme ça, sans prévenir rien ni personne? C'est cruel... inhudieu. Pas inhumain, il est pas humain. L'humanité est centrée autour des liens, et pourtant, il a décidé que, du jour au lendemain, toutes ces phrases, tous ces liens, disparaîtraient, comme si ce n'était qu'un jeu, un divertissement de courte durée. Comme un enfant qui essaie un nouveau jouet, pour au final arrêter de l'utiliser cinq minutes plus tard.

De chaudes larmes coulent sur ses joues, sans aucun signe d'abandon, aucun signe d'arrêt, semblable à une sorte de chute d'eau salée et éternelle. Présentement, pour elle, tout est sombre, tout est froid, un peu comme lorsqu'on manque de l'électricité avant d'aller se coucher, ce qui lui est fréquemment arrivé quand elle était petite, au Québec, lors de grosses tempêtes de neige. Comme lors de ces tempêtes, elle tousse, elle tremble, mais pourtant, ce n'est pas à cause du -40°C.

... Ninille ! Elle a tant de choses à lui dire, à faire avec elle. "C'est lorsqu'on perd quelque chose qu'on réalise sa valeur", a-t-elle  souvent entendu, mais ce n'est pas nécessaire tabarnak, Prune a déjà beaucoup de valeur! Elle est belle, très belle même, elle est gentille, elle est charmante, elle est amusante, bref, elle a une grande place dans le cœur d'Oly, qui elle-même se dit toujours qu'elle ne la mérite pas, que la Française est trop bien pour la petite boule de stress qu'elle est. La petite brunette s'est même déjà un peu confié à elle, au niveau de son stress, ce qui démontre à quel point elle est importante, comme elle n'a jamais aimé raconter ses problèmes aux gens.

... Ou plutôt, était? Difficile à dire. Olyvia essaie à chaque jour de sa vie d'être la plus positive possible, Prune étant un très bon modèle, mais dans une situation de crise comme celle-là, c'est difficile de l'être. Il y a une chance que sa chère Ninille soit décédée. Partie, pour ne plus JAMAIS revenir. Partie vers le ciel, le repos éternel. Ce n'est pas quelque chose de léger, qu'elle va oublier. Ah ça non. Oly l'aime beaucoup trop pour ça. Peut-être même au point de laisser son esprit vagabond aller vers une zone où elle ne veut pas aller, des pensées qu'elle ne veut pas penser.

Si Prune est réellement morte, qu'est-ce qu'elle fera, ensuite? Continuer de vivre, sachant que sa gentille pomme n'est plus là, hantée par son souvenir, où va-t-elle tout arrêter, "kick the bucket", comme ils disent, les anglais? Olyvia n'aime pas penser à ce genre de choses, à ces scénarios extrêmement déplaisants, mais son cerveau est trop flou pour réfléchir à autre chose qu'à de mauvaises choses, ou des choses qui ne font aucun sens. Ce n'est pas son genre de penser comme ça... mourir n'est pas une option. Ninille ne veut pas ça, donc Oly non plus. Elle n'est pas suicidaire: simplement désespérée. Et dépendante. Aussi. Comme si une partie d'elle-même était en jeu.

Alors qu'elle marche, tel un zombie, quelque chose lui attrape l'épaule.

Une main.

Soudainement tendue, de retour à la réalité, elle se retourne, mollement comme toujours, vers cette fameuse main. Puis... ce fut un bug cérébral, alors qu'elle vit la femme qui avait posé sa main sur son épaule. Elle est figée, Olyvia. Complètement figée. Absente. Elle observe le visage devant elle, analysant chaque petit détail, comme si elle n'y croyait pas. Les yeux écarquillés, pleins de larmes, elle fixe l'ange devant elle. Elle ne sait pas comment réagir. Elle ne comprend pas. Le petit visage en face d'elle se mets à pleurer, le corps en dessous se mets à trembler, pour ensuite l'entourer de ses bras. Une douce chaleur envahit alors la Québécoise, qui reprend alors ses esprits, sanglotant de plus belle. Ses petits bras entourent sa chère, sa tendre, sa si attendue Prunille Pomme, pour ne pas qu'elle parte. Pour s'assurer que ce n'est pas qu'une vulgaire plaisanterie, un fragment de son imagination, une illusion, qu'elle ne partira pas. Plus jamais. Oh, Prunille... enfin !

Elle parle, Prune, mais Oly ne comprend pas trop ce qu'elle dit. Elle entend sa voix, sa voix douce et rassurante, qui empêche ses jambes de complètement la lâcher. Après un petit moment, elle commence à comprendre enfin les paroles de son ange.

« O-Oui, j-je... j'ai essayé... d'aller... chez toi, mais... j'me souvenais plus de l'adresse... et puis... et puis... y'avait personne à la... pâtisserie...  »    

Oly semble avoir du mal à parler, cherchant ses mots. Elle est complètement en état de choc.

« J-J'me suis réveillée ce matin... à cause... du... urgence... mmgh... message, d'urgence, à la radi-... r-radio. J-J'ai eu tellement peur... qu'tu sois plus là, Ninille... j'ai même pas pu... me changer... et me maquiller... et puis... le té... léphone, y marche plus... »

Un flot de paroles sans trop de continuité, comme pour évacuer le stress qui l'envahit. Le front contre le sien, elle se sent mieux, Olyvia. C'est rassurant. Normalement, elle serait complètement gênée, mais là, pour le coup, le sentiment de gêne ne la rejoint même pas, tant elle est choquée par tout ce qui s'est passé aujourd'hui. C'est trop pour elle, tout ça! Lui faire croire que Prune est morte... en plus, elle pleure! Il a fait pleurer Ninille, Dieu! Il a pas le droit. Personne n'a le droit. Prunille mérite de sourire, tout tout tout le temps. Même si parfois... pleurer ça fait du bien...

« Toi... tu m'quittes plus... jamais jamais... ! Je te quitterai plus... non plus... j'suis pas bien si t'es pas là, Ninille... »  

Oly la serre dans ses bras, fort fort fort, comme un petit koala en manque d'affection. (Bon, pas trop quand même, elle ne veut pas lui faire mal...) Elle passe ses doigts sur les joues de Prune, pour enlever les larmes qui y sont. Elle essaie de la rassurer, du mieux qu'elle peut, mais évidemment, elle bégaie et tremble tellement que la crédibilité est à -50%. C'est l'intention qui compte... !

« P-P-Pleure pas, Ni'... c'est correct... j'suis là... ! O-On va... s'asseoir... ? Y-Y'a mes jambes qui vont... finir par me lâcher... »  

Dit-elle, alors qu'elle pointe un banc, miraculeusement vide, juste à côté. Faire une pause lui fera un plus grand bien... ! Et puis, Ninille est là, c'est tout ce qui compte, pour le moment...


©️ rolly


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